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environnement

Un projet pour voir renaîtrele camp Arataï

Vendredi 26 avril 2019
Un projet pour voir renaîtrele camp Arataï
Depuis 2006, le carbet couchage est à l'abandon. - Gabrielle Trottmann

Fermé depuis l’assassinat de deux agents de la réserve des Nouragues par des orpailleurs clandestins en 2006, le camp Arataï tombe en ruine. Aujourd’hui la sécurité est revenue, et ses gestionnaires portent un projet afin de restaurer ce lieu unique du patrimoine guyanais.

Sera-t-il bientôt à nouveau possible de visiter le camp Arataï ? Depuis plus de dix ans, ce trésor perdu au cœur de la réserve des Nouragues ne se dévoile presque plus qu’aux yeux des scientifiques, des militaires de la mission Harpie et des ministres, qui, de gouvernement en gouvernement, se passent le mot. Car derrière ces trois grands carbets au large de l’Approuague, c’est tout un pan d’histoire qui apparaît : une forêt dont les mystères n’en finissent pas d’intriguer les chercheurs, des polissoirs amérindiens de l’époque précolombienne, des vestiges de l’exploitation du bois de rose par les colons... Les eaux de la rivière Arataye elles-même regorgent de secrets : c’est là qu’a été découverte la toute première pépite d’or de Guyane en 1856.

Classes vertes et éco-tourisme

Un patrimoine précieux, au point que l’ouverture du site au public faisait partie des conditions sine qua non fixées par l’État lors de la création de la réserve naturelle, en 1995. Mais qui s’en souviendra encore, dans quelques années ? Depuis l’assassinat de Capi et Domingo, les deux piroguiers-charpentiers animateurs du site tués par des orpailleurs clandestins en 2006, le camp est fermé et le pôle d’accueil des visiteurs tombe en ruine.

L’Office national des forêts et le Gepog (Groupe d'étude et de protection des oiseaux de Guyane), désormais gestionnaires du site, tentent peu à peu de lui redonner vie : ils ont développé un partenariat avec la maison rurale de Régina afin d’entretenir le site à coup de grands mayouris, tous les six mois. Et surtout, ils ont imaginé un projet sur fond de classes vertes et d’éco-tourisme pour lui donner un second souffle : Coracines, d’après le nom de ces drôles d’oiseaux qui survolent la réserve, mais surtout pour les racines communes qui forgent l’identité du territoire.

Au programme : des parcours pédagogiques mêlant histoire, biologie et astronomie, entre deux nuits à la belle étoile, des visites de la station du Centre national de la Recherche scientifique (CNRS, lire encadré), située à moins d’une heure de pirogue et des séjours en carbet en petit groupe dans le respect de la nature. La demande, elle, est déjà là : un guide touristique a déjà organisé avec succès un premier séjour expérimental à la fin de l’année dernière.

La sécurité revenue

La découverte du camp Arataï se mérite : il faut faire quatre heures de pirogue à partir du débarcadère de Regina et franchir pas moins de sept sauts pour y parvenir. Mais, aujourd’hui, la sécurité est revenue : « Il y a toujours de l’orpaillage illégal, sur le haut Approuague, mais pas dans le secteur du camp, explique la conservatrice de la réserve au sein de l’ONF à l’origine du projet, Jennifer Devillechabrolle. Le projet est soutenu depuis longtemps par le rectorat.

Un projet à 1,2 millions d’euros

Reste désormais à réunir le budget afin de réhabiliter le camp : 1,2 millions d’euros pour restaurer les carbets et surtout mettre en place les nouvelles normes de sécurité en cas d’incendie et d’accessibilité aux personnes à mobilité réduite. L’ONF et le Gepog viennent de déposer une demande de subvention couvrant plus de la moitié de ces frais auprès du pôle européen de la Collectivité territoriale. Le lancement d’une plateforme de crowdfunding est également prévu.

Ce sera sans doute la dernière chance de voir renaître l’Arataï : « Nous avons déjà investi beaucoup de temps et d’argent dans ce projet. Si ça ne marche pas cette fois-ci, nous serons obligés de détruire les carbets pour des raisons de sécurité », explique Jennifer Devillechabrolle. La dernière tentative de confier la gestion du camp à un opérateur privé ne s’est pas révélée fructueuse. La conservatrice espère, elle, organiser les premières classes vertes dès l’année prochaine avant de rouvrir officiellement le site en 2021. Et écrire une nouvelle page de son histoire.

Contacter Mathias Fernandez au 0694 26 52 10 pour la prochaine visite expérimentale du camp.

Les gestionnaires du site souhaitent restaurer le camp afin d'organiser des classes vertes en forêt. - Gabrielle Trottmann
Les gestionnaires du site souhaitent restaurer le camp afin d'organiser des classes vertes en forêt. - Gabrielle Trottmann
Depuis 2006, le carbet couchage est à l'abandon. - Gabrielle Trottmann
Un haut lieu de la recherche scientifique

A moins d’une heure de pirogue du camp Arataï, le camp saut Pararé et le camp Inselberg abritent une station de recherche en écologie du Centre national de la Recherche scientifique (CNRS), créée en 1986. Plus de 200 chercheurs du monde entier viennent étudier chaque année la faune et la flore dans cet environnement unique. Parmi les programmes phares réalisés actuellement, le projet long-time, qui vise à mesurer l’impact des population amérindiennes sur la structuration de la forêt, et qui devrait s’achever cette année. Si le camp Arataï rouvre, les visiteurs découvriront en exclusivité quelques nouvelles des travaux des chercheurs lors de leur séjour.

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