Saint-Laurent du Maroni / Patrimoine

Saint-Laurent du Maroni restaure des canaux historiques

Samuel Zralos 09.09.2020
Pascal Estrela (droite) et l'un de ses hommes en plein travail, à Saint-Laurent du Maroni, le 9 septembre 2020. - Samuel Zralos

L'équipe des chantiers du patrimoine de la ville rénove, dans le respect des structures d'origine, une centaine de mètres de canaux qui menaçaient de s'effondrer, face à la mairie. A terme, la commune prévoit de restaurer l'ensemble des canaux de l'ancien quartier officiel.

A l'ombre toute relative d'un barnum, une petite dizaine d'ouvriers spécialisés s'active face à la mairie de Saint-Laurent du Maroni, ce mercredi matin. Pas de temps à perdre, « ils ont 15 jours » seulement pour réparer cent mètres de canaux, explique Barbara Bartebin, élue en charge du patrimoine. Un travail « en urgence parce qu'il y a eu un affaissement », explique-t-elle - les murs de l'ouvrage étaient en train de tomber -, mais qui s'inscrit dans un « projet de restauration et rénovation du patrimoine » présent dans le programme électoral de la majorité municipale.
« Restaurer avec les techniques anciennes »

Construits sur un fond en brique, fabriquées par les bagnards et employées partout en ville, ces canaux sont rehaussés de murets en granite. S'ils sont aussi précieux, c'est qu'ils datent pour la plupart de l'époque pénitentiaire et constituent en tant que tels un témoignage historique important du passé de la ville. D'où « une volonté de les restaurer avec les techniques anciennes », affirme Pascal Estrela, responsable des travaux et chantiers du patrimoine de la mairie, là où « les années précédentes », les réparations s'étaient faites en béton. « Nous avons épaissi la largeur des murs pour plus de stabilité », détaille-t-il, parce que les voitures d'aujourd'hui soumettent le sol à des pressions plus importantes que les véhicules d'autrefois. En dehors de cette contrainte, les maçons tentent de respecter au maximum les structures, notamment en réutilisant des matériaux d'époque, récupérés et rassemblés par la ville.
« Beaucoup de parties lacunaires »

Malgré ce réemploi, technique classique et efficace dans ce genre de chantiers, il reste « beaucoup de parties lacunaires », regrette le responsable des travaux. Des manques qui devront être comblés par des briques modernes, importées de briqueteries de métropole. Pour mener à bien toute l'opération, Pascal Estrela est fier d'avoir rassemblé « d'anciens collègues rompus aux techniques traditionnelles, qui ont tous au minimum cinq ans d'expérience » et avec qui il a « travaillé depuis les années 1990 au sein de différentes entreprises en Guyane ». La garantie pour lui d'un travail de qualité, à la hauteur des enjeux.
Une restauration qui en appelle d'autres

L'équipe a été constituée il y a un peu plus d'un mois à peine et doit « faire ses preuves sur ce chantier », son deuxième, assume l'homme dans un sourire. Et le résultat sera, il l'assure, « un des plus beaux faits d'armes du mois». La mairie « a prévu » de restaurer ensuite le reste des canaux du centre ville, en « environ un an, peut-être un peu plus », rappelle Barbara Bartebin. L'occasion, veut croire Pascal Estrala, de « faire briller encore cette pierre précieuse qu'est le centre ville historique de Saint-Laurent, la plus belle ville de Guyane».