Santé

Pendant la grossesse, «l'alcool a des conséquences sur le bébé»

Samuel Zralos 10.09.2020
Pendant la grossesse, l'alcool est interdit (photo d'illustration). - DR

Ce 9 septembre, c'était la journée internationale de lutte contre les troubles causés par l’alcoolisation fœtale, c'est à dire une journée de prévention sur les dangers de l'alcool pendant la grossesse.

Covid-19 oblige, il n'y a « pas eu d'action grand public » pour le Safthon (pour syndrome d'alcoolisation fœtale) cette année, regrette Soline Petit, coordinatrice du Réseau perinat pour l'Ouest. Pour cette quatrième édition, les professionnels de santé mobilisés tiennent tout de même à rappeler les dangers de l'alcool pendant la grossesse. Il « se propage dans le placenta, le fœtus ne peut le digérer, ça pourrit dans le placenta. Tous les organes peuvent être atteints, surtout si de l'alcool est bu pendant le premier trimestre », explique docteur Solange Buende, pédiatre au Chog. « Beaucoup de fausses couches sont dues à l'alcool », ajoute le docteur Nathalie Dudoret, de l'Akatig. Boire peut aussi avoir d'importantes conséquences psychologiques pour l'enfant à naître, continue Solange Buende. Il peut y avoir « des problèmes scolaires, ou de développement intellectuel, ce sont des enfants la plupart du temps très agités ».
« Une certaine méconnaissance » en Guyane

Des rappels d'autant plus nécessaire qu'en Guyane « il persiste une certaine méconnaissance sur quelles boissons sont de l'alcool ou non », comme la bière ou le panaché, affirme Soline Petit. D'après une étude menée en Guyane en 2017/2018, 19% des mères interrogées ont bu enceintes, dont 4% plusieurs fois par semaine, précise-t-elle.
Une consommation cachée aux soignants

Le problème est d'autant plus complexe que la consommation n'est souvent pas dite aux soignants. Et que, du moins au Chog, « la plupart du temps, ce sont des mamans peu suivies » qui sont concernées, complète Dr Solange Buende. « Le repérage est vraiment important » insiste la coordinatrice du Réseau perinat pour l'Ouest. Pour combattre plus efficacement le problème, elle espère maintenant « créer un maillage territorial [de partenaires] assez fort, s'appuyer sur un réseau d'acteurs et créer des passerelles entre différentes structures ».