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Clara de Bort, directrice de l’Agence régionale de santé

« Mutualiser pour renforcer les hôpitaux »

25.06.2019
Clara de Bort veut rendre plus forts les hôpitaux de Guyane - Samir MATHIEU

La directrice de l’ARS Clara de Bort explique concrètement quelles seront les bénéfices de la mutualisation des trois hôpitaux de Guyane au sein du Groupement hospitalier de territoire (GHT).

Qu’est-ce que que la mutualisation

des hôpitaux de Guyane ?

C’est un groupement hospitalier de territoire (GHT). C’est un cadre de discussion qui existe maintenant en Guyane, comme partout dans l’Hexagone, et qui permet aux équipes de se retrouver pour évoquer par exemple la façon dont ils vont se répartir les activités ou se transférer les patients, par exemple. On en est à la phase où les équipes travaillent ensemble. Il y a deux séminaires de travail entre les équipes médicales à Sinnamary, où est étudié, filière par filière, ce qu’on pourrait mettre en commun, pour mieux travailler ensemble. Il n’y a pas encore de réalisation concrète pour chaque patient puisqu’on en est à la phase où les équipes travaillent et discutent ensemble. Nous aurons ce qu’on appelle un projet médical de groupement dans quelques semaines, qui nous permettra d’y voir plus clair sur la cartographie des coopérations entre les trois hôpitaux de Cayenne, Saint-Laurent et Kourou.

Est-ce que ça veut dire par exemple qu’il n’y aura plus qu’un seul service de radiologie pour les trois hôpitaux ?

C’est un bon exemple. En ce moment, on a finalement des radiologues au Chog et on en a très peu au Char. Comment est-ce qu’on peut faire pour que, sur une période temporaire, le centre hospitalier de l’Ouest guyanais aide celui de Cayenne au niveau de sa radiologie. Soit au travers de l’interprétation d’images par l’Ouest pour l’Est. On a des problèmes techniques, mais on est en train d’y travailler. Parce que pour le moment, c’est étrange, les images peuvent être transférées dans l’Hexagone, mais pour l’Ouest ça ne marche pas encore… Soit faire que certains radiologues volontaires de l’Ouest, puissent allez passer une semaine dans l’Est. Et réciproquement, ce qui a été fait sur la néphrologie, c’était l’inverse. Ce sont ce type de coopérations intelligentes qui permettent d’amorcer des filières de prises en charge et parfois de traverser une époque plus délicate en se soutenant mutuellement pour mieux faire venir d’autres professionnels. On sait que parfois on a des jeunes professionnels qui aimeraient bien venir travailler en Guyane, mais il n’y a pas assez de seniors pour les encadrer. Regrouper dans un même groupement les seniors peut permettre d’attirer davantage de jeunes professionnels et leur assurer un encadrement de qualité.

Cela n’aura pas pour conséquence de supprimer un service au détriment d’un autre ?

Non, le but est vraiment de renforcer tout le monde et que les hôpitaux de Guyane jouent dans la cour des grands, avec une masse de professionnels, de patients, de données, de biologie… suffisamment importants pour qu’ils soient plus forts notamment au niveau des fournisseurs. L’idée du GHT, c’est aussi de mutualiser les achats pour peser plus lourd et pour tirer les prix, si nécessaire, et en tout cas pour améliorer la qualité au niveau des achats. Il s’agit par exemple que les hôpitaux se mettent d’accord sur le fait d’acheter les mêmes types de médicaments, pour que, quand il y en a un qui est en rupture de stock dans sa pharmacie, l’autre puisse l’aider. Le but n’est pas de supprimer des services, mais de faire que chacun des services de l’hôpital soit plus fort parce que soutenu par les deux autres.

Propos recueillis par Samir MATHIEU