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Covid-19 / Grand Ouest

Les restaurateurs de l’Ouest guyanais dénoncent une « triple peine » et réclament la réouverture

Samuel Zralos Lundi 3 Août 2020 - 16h14
Les restaurateurs de l’Ouest guyanais dénoncent une « triple peine » et réclament la réouverture
Adam Coulibaly et Jessica Charlery gèrent deux restaurants, qui ne fonctionnent qu'en livraison en ce moment, en raison des mesures de crise. - Samuel Zralos

Adam Coulibaly et Jessica Charlery s’occupent de deux restaurants, sont associés et respectivement représentant et porte-parole du collectif des restaurateurs de l’Ouest guyanais, né pendant le confinement. Comme leurs confrères de Saint-Laurent-du-Maroni, mais aussi d’Awala ou de Mana, ils sonnent l’alerte sur leur situation économique et réclament la réouverture de leurs terrasses.

Adam Coulibaly : Notre collectif est récent, il date du confinement. D'abord, ça a été un groupe WhatsApp, créé le 3 avril, pour se retrouver et communiquer avec nos collègues – et pas concurrents – restaurateurs. Beaucoup pensaient qu'on allait rouvrir début juillet, mais on est début août et la situation est toujours la même. Nous avons eu beaucoup de faux espoirs depuis 11 juin et le premier déconfinement. Avec l’absence d’ouverture, beaucoup ne peuvent plus suivre en terme de trésorerie.

Jessica Charlery : Concrètement, on demande à rouvrir, dans le respect des conditions sanitaires bien sûr, ainsi que le maintien voire le renouvellement des aides de l’Etat. Par exemple, on attend toujours la libération de 3000 euros pour juillet, dans le cadre du volet 1 des aides. Cette aide est actée, elle nous a été promis, nous l’attendons. Et pour le volet 2 de 10000 euros, qui était exceptionnel, nous demandons qu’il soit renouvelé et mensualisé au moins jusqu’à fin octobre, voire fin décembre.
Quelles sont les aides, quelle importance ont-elles ?

Jessica Charlery : Initialement ce volet 2 était réservé aux entreprises n’ayant pas accès à un prêt d'honneur de leur banque. Mais beaucoup d’entreprises n'y avaient pas accès. On a réussi en juin à faire élargir les conditions. Ensuite, on a demandé lors de la visite des ministres la mensualisation. Cela devait être acté dans le nouveau décret d'application des mesures de crise, mais il n’est toujours pas paru. Jusqu’à présent, tout ce qu'on a demandé, on l'a obtenu, mais avec plus ou moins de temps d’attente.

Adam Coulibaly : Vendredi 31 juillet, on nous a annoncé que le volet 1 passe de 1500 à 3000 euros. On nous a annoncé qu’il arrivait, qu’il était acté. Attention, on est un jeune collectif et on ne veut pas que nos propos puissent être mal interprétés : on ne met pas en cause la préfecture, mais on attend que ce qui nous a été dit soit mis en place, cette semaine.
Les raisons de la colère ?

Adam Coulibaly : la colère, là où elle est importante, c’est que quand il y a eu déconfinement en métropole, ça s’est fait tout d'un coup. Il n’y a pas eu de déconfinement décalé pour la Corse ou la Bretagne, par exemple, en fonction du nombre de cas. Ici, on s'étonne des différences entre Ouest et Est du territoire. Même si y a une seule Guyane, c’est vrai qu’il n’y a pas la même politique à avoir, mais si on déconfine, pourquoi ne pas déconfiner partout ?

Jessica Charlery : à Saint-Laurent, nous avons eu une triple peine au cours de cette crise. D’abord, il y a eu le confinement en même temps que la France métropolitaine, alors que le virus n’était quasi pas en circulation sur le territoire. Puis, lors du déconfinement, à l’Ouest nous n’avons eu qu’une autorisation en terrasses, alors que on avait pas autant de cas de Covid-19 qu’à l'Est. Et, enfin, la décision préfectorale - sans informer personne - de réouverture différée entre l’Est et l’Ouest est une troisième. On comprend cette idée de groupe 1 et 2, mais elle aurait pu être prise en amont, on aurait pu être ouverts à l’Ouest quand il n’y avait de cas qu’à l’Est.

Adam Coulibaly : On demande avant tout le retour de notre fonctionnement normal, avec une ouverture sans conditions. Les subventions nous aident, mais sont juste là pour compenser les pertes que l'Etat nous a imposé. Et ces aides ne correspondent pas à la perte de notre chiffre d'affaires. C'est pour ça qu'on attend depuis le 16 juillet le décret qui n'arrive pas. Nous ne quémandons pas, nous voulons juste le retour de notre cœur de métier.

Nous ne sommes pas à Cayenne. Ici, une douzaine de restaurants sont répartis sur la ville et la plupart des clients sortent le soir. Ce qui n'est pas possible avec un couvre feu. Les restaurants, nous avons des problèmes spécifiques, qui ne sont pas ceux des camions [de restauration rapide].
Une fois la crise passée, quel avenir pour le collectif ?

Adam Coulibaly :  Le collectif est voué à perdurer. Par exemple, beaucoup de nos confrères ne maîtrisent pas bien la comptabilité ou l’informatique, donc nous pouvons les aider. Dans une telle pandémie, y a quand même quelque chose de bien, ça nous a permis de nous retrouver, d'avoir un dialogue commun, de ne pas rester chacun dans son coin. La communication interne nous permet de grandir et de nous tirer tous vers le haut. [D’autant que] la restauration ne sera plus la même qu’avant le Covid-19. Tout restaurateur va devoir se réinventer, beaucoup de clients ont pris l'habitude de la vente à emporter et de la livraison. Il faut vraiment se réinventer, dans une autre vision de service à la clientèle, pour faire revenir le public.

Jessica Charlery : Nous sommes aussi dans la préparation de l'après Covid-19, pour prévoir des formations (se réinventer, découvrir l'informatique) et pour communiquer envers nos publics. Notamment sur support numérique.

Adam Coulibaly :  en France hexagonale, la restauration secteur assez fort, écouté par le gouvernement. Il faut qu'on arrive à ça en Guyane. C’est un métier magnifique, mais le secteur touristique n'a pas suivi. Il faut en Guyane un secteur touristique fort, comme en Martinique.
C’est pourquoi nous travaillons avec Alex Madeleine, président du comité du tourisme de Guyane. Alex Madeleine.

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