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Lisa Simone, en concert samedi au Zéphyr pour les 20 ans du Mo’Jazz Festival

« Je suis plus libre que je ne l’ai jamais été »

Vendredi 8 Novembre 2019 - 03h05
 « Je suis plus libre que je ne l’ai jamais été »
Nina Simone - roseelieh

Pour fêter ses vingt ans, le Mo’Jazz Festival propose du « haut niveau » avec la chanteuse Lisa Simone qui n’est autre que la fille de Nina Simone, pianiste, chanteuse, compositrice et arrangeuse musicale américaine. Entretien avec une star internationale qui revient sur le devant de la scène avec un troisième album In need of love.

Quelle est l’essence de ce nouvel album ?

L’essence de l’album, c’est la guérison. On a tous besoin de guérison, la souffrance est partout, certaines personnes sont prêtes à guérir tandis que d’autres n’ont pas conscience de leurs douleurs. Cet album va être partagé avec le monde et j’espère que ça va aider chacun à guérir, consciemment ou non. Afin qu’on puisse grandir et se libérer de nos souffrances passées, il doit y avoir une guérison. C’est pour ça que le mot de l’album qui revient constamment, comme un mantra, c’est « guérison.

Vous permettez-vous aujourd’hui d’être la personne

que vous avez toujours eu envie d’être ou l’êtes-vous

devenue ?

Oui, je dirais plutôt que j’ai grandi dans ma relation avec moi-même. Je suis consciente du besoin de guérison, c’est une notion que j’emmène souvent avec moi dans mes méditations pour me soigner. Plus je deviens moi-même, plus j’ai confiance en moi, plus je peux me connecter à ma joie, plus je peux faire ma vie avec ce sentiment de liberté, que je n’avais jamais ressenti de cette manière. Je suis plus moi maintenant et plus libre également que je ne l’ai jamais été. Et je travaille à ce que ça continue dans ce sens.

Vous dites que l’humanité est en mal d’amour, quelles sont les réponses que vous apportez face à cette situation avec cet album ?

Je ne sais pas ! La seule chose que je peux faire c’est partager ma musique de la façon qui me semble la plus authentique. En tant qu’être humain, nous partageons tous les mêmes challenges, rêves et désillusions. Ce que j’ai voulu faire, c’est partager ce que j’ai appris à travers ma musique. Je suis convaincue qu’en tant qu’humain nous devons nous parler, nous faire confiance à propos de nos expériences respectives.

En avez-vous vous même manqué ?

Je pense que oui, j’en ai manqué. Mon enfance n’a pas été simple. Quand on est enfant, on ne s’en rend pas compte : on fait seulement de son mieux avec ce qu’on nous donne. On n’a pas les repères pour penser autrement : on pense juste à comment survivre et grandir.

Ce nouvel album parle de cicatrices,

sont-elles aujourd’hui refermées ?

Souvent, quand on a des cicatrices, ça sous-entend qu’on est guéri mais la cicatrice reste ! La question c’est donc plutôt : est-ce qu’on peut embrasser ses propres cicatrices ? Est-ce qu’on peut leur être reconnaissantes ? Est-ce qu’on peut regarder en face les souvenirs qu’elles représentent sans ressentir de souffrance et de peine, en changeant simplement sa relation à ces souvenirs ? Donc oui, cet album parle de cicatrices mais je n’en parle pas d’une manière négative ; en tout cas, ce n’est pas le but. J’essaye de retranscrire ces moments à travers une vision lumineuse et drôle. On n’a pas besoin d’être rempli de peur, de larmes et de tristesse quand on parle de choses sérieuses. Je suis heureuse de pouvoir sourire quand je pense à ma vie, à mes cicatrices et à mes peines.

Quels sont les combats que vous avez livrés

contre vous-même ?

Il y a l’amour et il y a la peur. Les grandes émotions se rangent dans ces deux familles. Il m’a fallu beaucoup de temps et d’énergie pour accepter que mon combat intérieur était de vaincre ma rage. Je ne suis plus emplie de rage comme j’ai pu l’être, même si j’en ai encore beaucoup, le volume est bien plus bas. Plus je médite et moins la rage m’habite. Elle disparaît, petit à petit. Je sais qu’un jour, elle m’aura complètement quitté, j’ai hâte d’y être.

All is well, votre premier album est sorti en 2014, suivi de My World deux ans plus tard. Il était urgent de rattraper le temps perdu vous qui avez d’abord commencé en tant que choriste ?

Je n’ai pas seulement un passé de choriste : j’ai été une star dans Aïda, dans Rent à Brodway donc non, chaque chose en son temps. Les choses n’arrivent pas forcément comme et quand on les attend ! Maintenant que je suis arrivée au moment de faire ma propre musique, je savoure vraiment ce moment de ma vie.

Quel bilan faites-vous des années passées ?

J’ai parcouru un très long chemin. Je peux me taper dans le dos et me dire « Tu as fait un bon boulot ! »

Dans Legacy vous dites « Je n’ai pas hérité des mains

de ma mère, ni de sa voix/je ne joue pas du piano… » que vous a-t-elle appris humainement et artistiquement ?

Ma mère m’a appris principalement ce que je ne souhaite pas avoir dans ma vie, ce que je ne veux pas vivre et la façon dont je ne veux pas quitter cette terre. Concernant la musique, ma mère m’a toujours dit que je travaillais trop dur. Et elle avait raison ! Donc j’apprends à m’installer dans ma musique, à la croire et à accepter que ça puisse être silence et respiration. Tout ne doit pas toujours être rempli, plein. Ça, c’est une merveilleuse leçon que je continue à apprendre.

À votre tour, quel héritage souhaitez-vous léguer

à vos enfants ?

Je voudrais laisser au monde, pas seulement à mes enfants mais aux générations à venir, le message suivant : « Si je peux atteindre par moi-même ce niveau de sérénité et une énergie positive authentique après tout ce que j’ai enduré, alors tout le monde peut le faire. On peut vraiment être heureux au milieu du chaos. »

Vous allez entamer une tournée dans les îles,

quel est votre rapport avec la Caraïbe ?

Ma mère adorait la Caraïbe. J’ai été à l’école à la Barbade pendant un temps, fait le carnaval de Trinidad, passé pas mal de temps à Saint-Thomas. Les gens, la nourriture, le climat et évidemment la plage, tout ça me rapporte à de merveilleux sentiments et souvenirs. J’ai donc hâte de construire ma propre relation avec la Caraïbe.

Il y aura également une croisière musicale, qu’est-ce

qui vous a séduit dans ce concept et à quoi doit s’attendre le public ?

Premièrement : j’adore les croisières, être sur un bateau. J’ai fait une croisière jazz de deux semaines et c’était une expérience incroyable. Aujourd’hui, pouvoir faire cette croisière avec ma musique, mes musiciens, et naviguer dans ces îles… c’est génial ! Je suis vraiment impatiente d’y être, de m’amuser, d’apporter ma musique dans cette région et je l’espère, d’y retourner souvent !

Une vie sans la musique pour vous serait… ?

Je ne peux pas l’imaginer. Je ne veux pas l’imaginer !

Votre plus beau moment de carrière ?

Quand j’ai rejoins ma mère sur scène le 24 juillet 1999 pour chanter Music for Lovers et ma fille, qui était née seulement 6 semaines plus tôt, était dans les coulisses. Trois générations au même endroit, au même moment, c’est toujours un souvenir qui m’apporte beaucoup d’émotion et de joie.

Propos recueillis par Célia LABRY

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