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Guyane / Santé

Avec Palustop, les chercheurs guyanais visent à «contrôler et éliminer» le paludisme

Samuel Zralos Mercredi 16 Septembre 2020 - 20h03
Avec Palustop, les chercheurs guyanais visent à «contrôler et éliminer» le paludisme
L'équipe de chercheurs et de médiatrices de Palustop sur le terrain, à Saint-Georges de l'Oyapock. - Palustop

Trois ans après ses débuts et alors qu'elle touche à sa fin, l'étude Palustop a permis d'observer le paludisme sur un panel de pas moins de 1271 personnes à Saint-Georges de l'Oyapock - 1501 ont été prélevées lors d'une première campagne, mais une partie n'ont pu être jointes un an plus tard.

 Les chercheurs du Centre Hospitalier de Cayenne et de l'Institut Pasteur ont mené une « étude opérationnelle », explique le docteur Emilie Mosnier, infectiologiste au Centre Hospitalier Andrée-Rosemon. C'est à dire qu'ils sont intervenus proactivement, allant à la rencontre des populations potentiellement touchées par le parasite - à l'aide de médiateurs communautaires - pour mieux « comprendre la dynamique du pathogène » sur le territoire.

L'objectif, assumé, est ambitieux : parvenir à terme à « contrôler et éliminer le paludisme » en Guyane.
Traiter «l'ensemble du réservoir

Dans ce but, les chercheurs guyanais sont partis d'une hypothèse simple : vu que l'être humain est le principal réservoir du paludisme - le moustique n'en est que le vecteur - si on traite l'ensemble du réservoir, on peut parvenir à la disparition de la maladie.

Les volontaires, dans des zones repérées pour être des poches de paludisme, ont donc été prélevés, testés et ont aussi bénéficié d'explications sur le parasite et de soins si nécessaire.

Les prélèvements ont été travaillés avec la PCR, rendue célèbre par la Covid-19 , qui consiste à cibler des séquences spécifiques au pathogène et les dupliquer pour avoir un signal plus visible. Ce qui permet d'identifier avec plus de précision les porteurs asymptomatiques et donc non seulement de les soigner, mais aussi d'observer plus efficacement la dissémination du parasite lors du retour sur le terrain.
Une stratégie efficace

Et les conclusions actuelles de leurs recherches - présentées mi septembre à Poitiers lors des Journées nationales de l'infectiologie - sont encourageantes, confie Lise Musset, de l'Institut Pasteur à Cayenne

Dans les quartiers étudiés par Palustop, le nombre de personnes infectées - avec ou sans symptômes - par le paludisme est ainsi passé de 6,1% à 2,7% en un an. Un chiffre qui n'est pas forcément dû entièrement à l'intervention des chercheurs, tempère Lise Musset, qui rappelle que « la maladie est soumise à fluctuations ». Mais « ces résultats sont statistiquement signifiants », se réjouit-elle.

« On a montré que notre stratégie » de santé globale et de soins, « est efficace, ce qui n'avait jamais été fait avant, », s'enthousiasme en écho Emilie Mosnier. « Il y a un effet de notre étude à l'échelle des quartiers : comme c'est une maladie transmissible, traiter un cas limite les cas secondaires ».
« On est capable en Guyane de porter des projets d'envergure »

A présent, reste aux chercheurs à finaliser leurs analyses et surtout à «continuer la discussion avec les institutions pour mettre en place des recommandations à l'échelle régionale » pour lutter contre le paludisme, avance Emilie Mosnier. Il y a «déjà des choses en cours » et prévues, souligne-t-elle, que ce soit en éducation à la santé ou en recherche clinique. Par ailleurs, «au niveau de la recherche scientifique, toute une partie sur le plan fondamental reste à faire », dans le cas d'une étude plus large ou s'intègre Palustop.

La chercheuse retient de son travail «» qu'on est capable en Guyane de porter des projets d'envergure, multi-disciplinaires, pour et avec les populations ».

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