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Commémoration

23-Mai de fête et de recueillement

31.05.2019
Eric de Lucy René Silo - FXG

Limyè ba yo, la traditionnelle journée d’hommage aux victimes de l’esclavage colonial s’est déroulée jeudi 23 mai, sur le parvis de la basilique de Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis.

Vingt-et-un ans après la marche du 23 mai 1998, Emmanuel Gordien, président de l’association CM98, a organisé avec le Comité national pour la mémoire et l’histoire de l’esclavage (CNMHE) cet événement populaire enfin reconnu par la République, ainsi qu’Emmanuel Macron l’a rappelé, le 10 mai, au jardin du Luxembourg. La cérémonie a commencé autour d’un village d’exposition des associations et des acteurs de mémoire, devant la mairie qui accueillait la table ronde des membres du CNMHE, présidée par Raoul Lucas (Université de La Réunion) avec Frédéric Régent (Université Paris 1 Panthéon Sorbonne), Emmanuel Gordien (CM98), Bruno Maillard (Université de Créteil et de La Réunion), Bernard Batou (Association communication Réunion Océan Indien), Éric Saunier (Université du Havre), Patricia Beauchamp Afadé (Anneaux de la mémoire), Bernard Gainot (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) et Philippe Pichot (Route des abolitions). Ils ont évoqué le rôle et la place des opérateurs de mémoire dans les territoires.

Dans deux ans aux Tuileries

Après un office religieux célébré dans la basilique des rois de France, les officiels ont procédé à un dépôt de gerbe devant le premier monument dédiés aux esclaves, une sculpture d’Olivier Cesbron, inaugurée en 2013, qui affiche les premiers noms d’esclaves affranchis par la IIe République, que le CM98 est allé retrouver dans les archives des communes des Antilles.

L’événement a été marqué par la venue d’Annick Girardin, la ministre des Outre-mer, absente le 10 mai, au grand dam de l’Élysée. Le président de la Fondation de la mémoire de l’esclavage, Jean-Marc Ayrault, le maire de Saint-Denis, Laurent Russier, et des parlementaires dont deux Ultramarins, Max Mathiasin et Koty Jasmin, et encore le délégué Jean-Marc Mormeck entouraient la ministre. Le chanteur Philippe Lavil, l’acteur Greg Germain ou encore le patron des bananiers, Éric de Lucy, étaient là aussi.

Après une série de discours devant la basilique, les politiques ont laissé place aux artistes pour le concert Limyè ba yo autour du groupe Les Déchenné dirigé par Tony Chasseur avec Angelio, Marie-Josée Alie et ses filles (Elles et elles), Gérald Toto, Misié Sadik, Céline Languedoc et Dédé Saint-Prix. La prochaine commémoration du 23-Mai devrait se dérouler à Saint-Denis mais, en 2020, la journée d’hommage aux aïeux esclaves devrait logiquement avoir lieu au jardin des Tuileries, devant le futur monument qui y sera alors installé.

FXG, à Saint-Denis

Annick Girardin, la ministre des Outre-mer, devant le Monument des noms - FXG
Monument des noms - FXG
Frédéric Régent, Emmanuel Gordien, Annick Girardin, la ministre des Outre-mer, maire de Saint-Denis - FXG
« C’est important pour l’estime de soi »

Quand vous avez repéré le nom d’Angel Maragnès, votre aïeul, sur le Mur des noms, qu’avez-vous ressenti ?

On ressent une grande émotion, un peu compliquée à expliquer... On se rend compte que s’il n’y avait pas eu cette personne, on ne serait pas là. Et dans le cadre de cette commémoration qui nous parle de quelque chose encore abstrait, on se retrouve complètement dans le concret parce que j’honore la mémoire de quelqu’un dont je porte le nom et dont je découvre le prénom.

Avez-vous prévu de lui dédier un titre lors de votre prestation sur scène ?

C’est toute ma prestation et ma présence entière que je lui ai dédiées ! Au-delà de la musique même, je crois qu’on est là pour être ensemble, pour accomplir ce devoir, ce travail de mémoire. Il faut surtout mettre en lumière le travail extraordinaire du CM98 qui ne peut que déboucher sur d’autres choses !

Cela va déboucher notamment en 2020 sur un monument dédié aux esclaves au jardin des Tuileries, à Paris...

C’est encore mieux de savoir que nos noms de famille seront gravés, que nous pourrons les consulter, les voir à tout jamais ! Il y a une communauté qui est forte en région parisienne et ca lui permettra de se retrouver. C’est important pour la mémoire et pour l’estime de soi.

Propos recueillis par FXG

Misié Sadik, chanteur - FXG