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Sophie Charles : "Nous traversons une crise sanitaire sans précédent"

HRE Lundi 30 Mars 2020 - 08h31
Sophie Charles : "Nous traversons une crise sanitaire sans précédent"
Sophie Charles, maire de Saint-Laurent du Maroni

Sophie Charles, maire de Saint-Laurent du Maroni analyse la situation sur son territoire et annonce les mesures qu'elle entend mettre en oeuvre avec les autorités du département.

Comment la municipalité gère-t-elle la situation sanitaire du moment ?
La gestion de la crise sanitaire est pilotée par l’Agence Régionale de Santé Guyane sur le territoire. En coordination avec le Préfet de Guyane, elle est la seule légitime à le faire. Ce pilotage unique n’exclut pas un partenariat opérationnel fort.

Au quotidien, la commune intervient dans ses domaines de compétence pour assurer la continuité des services publics essentiels. A cette fin, une organisation a été mise en place dès le 17 mars qui s’appuiesur le télétravail et les astreintes notamment.

Par ailleurs, nous sommes en lien régulier avec les services de l’Etat et les autres institutions. Nous apportons notre concours à chaque fois qu’il est utile.

Ainsi, dans le cadre du dispositif de continuité pédagogique déployé par le Rectorat de Guyane, la commune imprime les supports distribués aux élèves des écoles du premier degré de Saint-Laurent et les écoles Solange Hulic et Nicole Othily sont mises à disposition afin que les enfants du personnel soignant soient accueillis.

Je tiens d’ailleurs à saluer l’ensemble des personnels engagés dans la lutte contre la propagation du coronavirus. Je pense aux personnels de santé, aux forces de l’ordre et aux pompiers bien sûr, mais aussi aux agents communaux et intercommunaux, aux enseignants, aux agents des services de l’Etat ainsi qu’à tous ceux qui par leur dévouement et leur engagement participent à ce combat.
Avec votre réalité démographique, craignez-vous une recrudescence plus rapide des cas ?
Il m’est difficile de répondre à cette question. Je suis évidemment attentive à la question et je laisse le soin aux experts de nous éclairer sur l’évolution actuelle et à venir de l’épidémie. Mais j’insiste une nouvelle fois sur un point essentiel. Il est indispensable que chacun applique les recommandations de l’ARS et de la Préfecture, concernant les gestes barrières et le confinement notamment. Il en va de
notre sécurité à tous.
Les premiers cas positifs de Guyane avaient été recensés à SLM, comment vont ces personnes depuis ?

L’évaluation de l’état de santé des patients relève du corps médical en lien avec l’ARS. Par ailleurs, à titre individuel, ce type d’informations est protégé par le secret médical. Mais dans l’ensemble, les informations que j’ai reçues à ce jour sont rassurantes.

Les Saint-Laurentais respectent-ils les mesures de confinement dans l'ensemble ?
Dans l’ensemble les Saint-Laurentais respectent les mesures de confinement, y compris les habitants dont les conditions de confinement sont difficiles. Je les en remercie et les engage à continuer à le faire. Pour ce qui est des contrevenants, ils s’exposent aux sanctions prévues par la loi.
Avez-vous pris des mesures concernant les publics sensibles et les plus démunis ?
Le Centre Communal d’Action Sociale (CCAS) de Saint-Laurent mène plusieurs actions. Le Centre d’Hébergement et de Réinsertion Sociale (CHRS) qui accueille les femmes sinistrées ou victimes de violences et leurs enfants reste ouvert.

Par ailleurs, une organisation a été mise en place afin que les personnes âgées bénéficiant de l’aide alimentaire puissent continuer à le faire. Et ces mêmes personnes âgées sont contactées deux fois par semaine par téléphone afin de s’enquérir de leur situation.

Enfin, les services du CCAS restent en lien avec les acteurs associatifs tels que l’association AKATIJ qui continue à intervenir dans le cadre du dispositif CAARUD (Centres d’Accueil et d’Accompagnement à la Réduction des risques pour Usagers de Drogues), ou encore les services de l’Etat notamment.
L'organisation des secours et des soins est-elle prête à contenir l'éventuelle multiplication des cas sur votre territoire ?
Je suis évidemment attentive sur le sujet tout en faisant confiance à l’Agence Régionale de Santé qui pilote la gestion de la crise sanitaire et donc le déploiement des moyens nécessaires pour y faire face.

Durant la tempête il faut serrer les rangs derrière le capitaine. Une fois le calme revenu il faudra collectivement tirer tous les enseignements de la gestion de cet épisode au regard des moyens disponibles dans la capitale de l’Ouest.

Comment s'organise le service général à la population en cette période, il y a t-il un service minimum ?
Dès le début de la crise sanitaire nous avons adapté le fonctionnement des services municipaux afin d’éviter la propagation du virus tout en assurant la continuité des services publics essentiels.

Comme je le disais précédemment, le télétravail a été privilégié et des astreintes mises en place. Les services communaux restent joignables de façon dématérialisée par mail (mairie@saintlaurentdumaroni.fr) et par téléphone (0594 340300).

Par ailleurs, pour les urgences, les administrés peuvent contacter la police municipale au 0694 264300, les services techniques au 0694 040540 et l’état-civil au 0694 235993.

Enfin, le service état civil assure des permanences au Centre Hospitalier de l’Ouest Guyanais (CHOG) du lundi au vendredi de 8h à 11h pour les déclarations de naissance uniquement ; des permanences sont également assurées en mairie le lundi, mercredi et vendredi de 8h à 10h pour les déclarations de naissance, de paternité et de décès uniquement.
On vous voit également mobilisée sur la situation du Haut-Maroni, tous les moyens sont-ils réellement mis en œuvre pur pallier à la pénurie de cette zone ?

La situation des Communes isolées et de leurs écarts du territoire de la CCOG mérite une attention particulière, car l’isolement rend toujours les choses plus difficiles.

La position que je défends s’articule en 2 temps. Une première réponse pour garantir la disponibilité immédiate des produits et marchandises de 1ère nécessité, complétée par une action coordonnée, durant toute la durée de la
crise, destinée à faciliter le rétablissement d’un approvisionnement régulier.

Concrètement, je consulte actuellement les conseillers communautaires pour permettre à la CCOG de prendre en charge
une rotation de fret aérien ou lorsque cela s’avère plus pertinent, un transport par pirogue pour des
produits sensibles comme les surgelés mais aussi le gaz.

Par ailleurs, je souhaite mettre en place avec la Collectivité Territoriale de Guyane (CTG), les communes concernées et l’Etat, un fonds exceptionnel de compensation des surcoûts transport liés à la nécessité d’augmenter l’approvisionnement par avion ainsi que le coût du carburant utilisé par les opérateurs de transport fluvial.

Ces mesures peuvent se déployer dès cette semaine prochaine si un consensus se fait autour de ces propositions.
A titre personnel, dans quel état d'esprit être-vous face à l'évolution de cette pandémie ?

Je reste confiante dans notre capacité, tant à l’échelle individuelle que collective, à faire preuve de solidarité, d’unité et de créativité pour faire face et surmonter cette crise.

Parmi les valeurs que porte la société guyanaise, la solidarité est la plus partagée. C’est la clé de notre résilience et le fondement de ma confiance en l’avenir.
Quel est votre message pour les Saint-Laurentais et la population de Guyane ?
Nous traversons une crise sanitaire sans précédent. Nous ne devons pas en minorer la gravité, sans pour autant céder à la panique et tomber dans le fatalisme. Ensemble, nous pouvons surmonter cette épreuve.

Cela commence par l’application stricte des mesures de confinement et des gestes barrière.

Cela passe aussi par la mise en avant des valeurs de respect et de solidarité auxquelles nous tenons tant. Enfin, cette période doit être l’opportunité de nous interroger sur nos pratiques et d’expérimenter de nouvelles façons de faire pour aujourd’hui et pour demain.

Propos receuillis par Hermann ROSE-ELIE
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