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assises

Malick Alexander évoque un geste « non intentionnel »

Samir MATHIEU Mercredi 16 octobre 2019
Malick Alexander évoque un geste « non intentionnel »

Hier, Malick Alexander, rejugé aux assises pour le double meurtre de la cité Césaire, en décembre 2010, a eu à s’expliquer sur son geste. Il a parlé librement avant d’être interrogé par le président, les avocats des parties civiles, l’avocat général et les avocats de la défense. En pleurs, il a dit avoir conscience d’avoir « brisé plusieurs familles ».

L’accusé plaide un geste non intentionnel. Hier, Malick Alexander s’est longuement exprimé sur le drame qui a coûté la vie à deux hommes le 3 décembre 2010 cité Césaire à Cayenne. Lors de ce deuxième jour du procès en appel, celui qui avait 25 ans au moment des faits, a été entendu et interrogé tout au long de l’après-midi sur ce qui est qualifié de double-homicide et qui peut lui valoir la réclusion criminelle à perpétuité.

L’accusé a tout d’abord été invité à s’exprimer librement sur les faits. Malick Alexander a expliqué qu’il jouait aux dominos avec des amis le soir du drame. Il a alors été « chercher à boire et à manger pour son groupe d’amis ». C’est là qu’on lui aurait dit que son frère Maxime « s’était fait frapper ». L’accusé s’est alors rendu sur place, a récupéré son frère et l’a ramené chez son père. Puis, il est allé récupérer sa voiture. C’est à bord de son 4X4 qu’il a dit s’être fait « braquer ». Il retourne ensuite chez son père, mais ne le voyant pas ainsi que son frère, il a affirmé avoir « ressenti un danger », et c’est, selon lui, ce qui l’a « poussé à s’emparer » de l’arme de son père. « Je croyais que l’arme n’était pas chargée », a-t-il immédiatement précisé. C’est en pleurs qu’il raconte la suite : « J’ai eu un geste malheureux. J’ai eu une mauvaise analyse. J’ai eu une réaction complètement irresponsable de prendre une arme que je ne croyais pas chargée. Je voulais aussi les impressionner. J’ai sorti l’arme de son étui. Je n’ai pas réfléchi. Je suis parti sans vérifier l’arme ». Malick Alexander a ensuite répondu aux questions des différents interlocuteurs : président de la cour d’assises, avocats des parties civiles, avocat général et des avocats de la défense.

« Une histoire de jeunes dans laquelle les adultes n’auraient jamais dû se mêler »

Interrogé par le président sur l’arme, l’accusé a rejeté une partie de la responsabilité sur son défunt père : « Mon père a peut-être été un peu négligeant sur le fait qu’il y avait des armes chargées à son domicile. » D’autant plus qu’il a expliqué que « tout le monde savait où il rangeait son arme ». Ensuite, Malick Alexander a précisé son propos sur le moment du drame : « Je n’ai pas volontairement appuyé sur la gâchette », a-t-il déclaré. Une affirmation qui n’a pas manqué de faire réagir Me Lama, l’un des avocats de la défense. Son confrère Me Leblanc est également monté au créneau. Il a estimé que l’accusé mentait et qu’il aimerait connaître la vérité. Selon Me Alex Leblanc, l’accusé a menti devant la cour lorsqu’il a dit qu’il n’a pas frappé Éric Clifford (neveu des frères Achille et Elivic). S’en est suivi une longue série d’échanges entre les deux hommes. Une nouvelle fois, l’accusé à craqué, en pleurs : « Je n’ai pas tiré sur les gens. Je n’ai identifié personne. Le coup est parti tout seul car j’avais le doigt sur la gâchette. J’ai pleinement conscience que j’ai brisé plusieurs familles dont la mienne. » Ne pouvant s’arrêter de pleurer, le trentenaire a poursuivi : « Je suis l’auteur d’un geste malheureux mais involontaire. Je n’ai pas tiré sur un groupe où il y avait mon père, mon frère et le père de mon meilleur ami. » Accusé par Me Leblanc de lâcheté dans ses explications, Malick Alexander a parlé de la mort : « Je ne suis pas un lâche. C’est pour ça qu’en prison je n’ai pas mis la corde autour de mon cou. » L’accusé a ensuite résumé en une phrase sa vision de cette affaire : « Cette histoire, c’est une affaire de jeunes dans laquelle les adultes n’auraient jamais dû se mêler. » Me Alex Leblanc a repris la parole expliquant comprendre les remords de l’accusé mais ne comprenant pas pourquoi il continuait à maintenir, alors que tout le monde, y compris les frères de Malick Alexander, dit le contraire, sur le fait qu’il a frappé Eric Clifford. Cette seconde journée de procès a permis de dresser une esquisse de la stratégie de défense de l’accusé, et promet encore des débats passionnés jusqu’à la fin de ce procès, dont le verdict est attendu vendredi.

Samir MATHIEU

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