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Il y a aussi de l’amiante au tribunal d’instance !

Samir MATHIEU Samedi 8 Juin 2019 - 03h40
Il y a aussi de l’amiante au tribunal d’instance !
amiante au tribunal d'instance, à Cayenne - Samir Mathieu

Deux nouveaux rapports indiquent la présence d’amiante dans le bâtiment de la rue Lallouettequi abrite aussi les prud’hommes, à Cayenne. Un droit d’alerte vient d’être émis.

La justice s’apprête à vivre un nouveau chaos en Guyane. Après le tribunal de grande instance (TGI), c’est au tour du tribunal d’instance (TI) et du conseil des prud’hommes d’être touchés par une contamination à l’amiante. Dans la continuité de la crise majeure que vit le TGI depuis le mois d’avril et la découverte d’amiante dans plusieurs endroits du palais de justice, deux nouveaux rapports viennent de mettre en lumière la présence d’amiante sur trois sites au sein du tribunal d’instance, au 14, rue Lallouette, à Cayenne. Les deux rapports ont été établis le 21 mai.

Le rapport repérage d’amiante avant travaux a été envoyé samedi dernier à la juridiction. Le second, le diagnostic technique amiante, a été envoyé lundi. Il précise les endroits où l’amiante a été repérée. C’est le cas dans les murs de la cour intérieure donnant accès à la salle d’audience. Des murs qui sont dégradés à plusieurs endroits, comme nous l’a montré le président du TI, Benoît Rousseau, membre du syndicat de la magistrature.

« Une catastrophe »

Malgré les travaux, aucun prélèvement n’a été réalisé dans la salle d’audience. « Seulement huit prélèvements ont été effectués sur l’ensemble du site », regrette le président du TI. Autre exemple : aucun prélèvement n’a été réalisé dans les toilettes alors que le plafond s’est effondré et laissait apparaître du béton armé. Les deux autres sites concernés par la présence d’amiante, non dégradée, sont les salles de reprographie et d’archives de la cour prud’homale.

« C’est une catastrophe ! s’indigne le président qui résume la matinée de vendredi, après l’annonce du rapport. Sur 42 dossiers, 28 ont été renvoyés, dont la moitié suite à la demande d’application du principe de précaution des avocats. » Le bâtonnier, Georges Bouchet, s’est rendu sur place et a relayé les demandes des avocats. Les greffiers se sont réunis et ont décidé individuellement d’appliquer des droits de retrait. « Nous sommes donc dans l’attente », conclut Benoît Rousseau.

Samir MATHIEU

amiante au tribunal d'instance, à Cayenne - Samir Mathieu
amiante au tribunal d'instance, à Cayenne - Samir Mathieu
amiante au tribunal d'instance, à Cayenne - Samir Mathieu
La crise s’aggrave au TGI

En parallèle, la crise s’aggrave au tribunal de grande instance (TGI). Le tribunal ne rouvrira pas en septembre. Les dernières estimations en ce qui concerne le désamiantage repoussent cette échéance, au mieux, à septembre 2020. D’autres parlent plus raisonnablement d’une réouverture en 2021. Les mesures d’urgence adoptées au mois d’avril ne sont plus tenables selon un magistrat : « Ce n’est plus possible de durer dans ces conditions. » Certains magistrats appellent à tirer les conséquences de cette situation. Une commission plénière a été convoquée pour mardi matin. Elle fera suite à une première réunion qui aura lieu lundi et qui devrait permettre de proposer une solution alternative.

Les chefs de juridiction cherchent des locaux pouvant accueillir le personnel du TGI dans des conditions dignes et qui permettent de travailler et d’assurer sereinement la continuité du service de la justice. Selon une source syndicale, un projet nommé Djumbo serait dans les cartons. Il s’agirait d’un local situé zone Collery, en face d’Hyper U, à côté de la concession automobile Mercedes. Or l’intersyndicale s’y oppose pour des raisons pratiques. « Trop éloigné du centre-ville », il serait inaccessible pour les usagers et plus difficile d’accès pour les magistrats et fonctionnaires.

Cette solution viendrait en complément du local en cours de rénovation dans l’immeuble Majestic (qui accueille FA Guyane), à l’angle des rues Lallouette et Arago. L’intersyndicale a déposé jeudi matin un droit d’alerte sur les conditions de travail et les risques psycho-sociaux. Selon un syndicaliste particulièrement inquiet, plusieurs fonctionnaires sont en détresse absolue et auraient même parlé de suicide. Le Dr Corinne Sifflet, du centre interprofessionnel de la santé au travail, a adressé hier soir un courrier d’alerte au procureur général et à tous les chefs de juridiction, dans lequel elle évoque la mise « en péril de la santé des travailleurs ». Elle préconise le « rétablissement du dialogue social » et la mise en place d’une « feuille de route organisationnelle ».

S. M.

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