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AMÉNAGEMENT

Route Maripasoula-Papaichton : 1 million d'euros par kilomètre

Pierre ROSSOVICH Dimanche 9 Août 2020 - 10h41
Route Maripasoula-Papaichton : 1 million d'euros par kilomètre

Les 30 kilomètres de piste qui relient Maripasoula et Papaïchton seront bientôt bitumés. Un début de désenclavement attendu depuis longtemps par les habitants du Haut-Maroni.

 Cela fait près d’une décennie que les habitants de Papaïchton et Maripasoula l’attendent : la piste en latérite de 32,5 km reliant les deux communes sera bientôt remplacée par une route en asphalte. Après des années de promesses, le projet devient enfin une réalité. Les entreprises qui vont construire la 1ere tranche de cette route ont été désignés par l’État, maître d’ouvrage, et sont déjà au travail. Les premiers terrassements ont ainsi débuté le 20 juillet. Les travaux de la 2e tranche devraient ensuite débuter dans un an (saison sèche 2021). Ce samedi, le préfet Marc del Grande et Rodolphe Alexandre, président de la CTG, se sont rendus sur place pour officialiser le lancement des travaux, accueillis par Serge Anelli, maire de Maripasoula et Jules Deie, maire de Papaïchton.
 
"Je ne suis pas le père Noël" disait Macron
Une route que les habitants n'espéraient peut-être plus. En octobre 2017, Emmanuel Macron est en visite en Guyane. Dans un contexte de sortie de crise sociale, le président multiplie les petites phrases. L'une d'elles fera beaucoup réagir. Alors qu'il est à Maripasoula et que les habitants l'alertent sur l'urgence de désenclaver leur commune et notamment de construire cette route, Emmanuel Macron répond : « je ne suis pas venu en Guyane pour faire des grandes promesses en l'air. Ma philosophie n'est pas d'arriver avec des milliards. Je ne suis pas le père Noël, parce que les Guyanais ne sont pas des enfants » (lire notre archive ici). Pour les habitants du Haut-Maroni c'est la douche froide. Pourtant, deux ans plus tard, en décembre 2019, Annick Girardin, ancienne ministre des Outre-mer annonce le lancement du chantier. 

Qu'est ce qui a fait le vent tourner ? "Depuis 2017, les dossiers ont avancé et c’était simplement le bon moment, nous répond le préfet Marc del Grande. Il était nécéssaire de transformer cette piste en route. C’est un bassin de vie de 35 000 habitants. Les travaux du lycée vont débuter. Dans la lettre de mission sur la consolidation et la structuration de l’offre de soins, qui vient d’être signée par les ministres, Maripasoula se situe en bonne place. Il faudra que nous soyons au niveau. Également dans le domaine des infrastructures du traitement des ordures ménagères, avec le centre de traitement du pk6… Cette route est indispensable. Elle permet de désenclaver ce bassin de vie. C’est sans doute l’élément déclencheur. Annick Girardin l’a annoncé en décembre 2019, les travaux débutent six mois plus tard, malgré le Covid."

Rodolphe Alexandre se souvient de cette sortie médiatique du président Macron : "Après cette phrase, j’ai eu une longue discussion avec Emmanuel Macron, explique le président de la CTG. Je lui ai dit, avec tout le respect que je lui dois, qu’il avait eu tord de dire cela. Que peu importe le gouvernement, cette route verra le jour. Le temps a permis la réflexion. Les crédits sont là. Je travaille maintenant avec Sebastien Lecornu sur l'étude de faisabilité de la route Papaïchton/Apatou. C’est une victoire pour les Guyanais."

Un projet colossal : 1 million d'euros par kilomètre
 La route Maripasoula-Papaïchton est un chantier de plus de 32 millions d’euros pour 32,5 km de route à bitumer. Soit un million du kilomètre. L’Etat apporte 21 millions d'euros, via les Ministères des outre-mer et de la transition écologique et solidaire. L’Europe investit 11,4 millions, via la CTG, autorité de gestion des fonds européens. Le projet est prévu en deux phases. Un premier tronçon, qui va de Maripasoula au pont de Wallimapan, soit 12,9 km, le reste l’année prochaine. La circulation sera maintenue pendant les travaux, avec un suivi de l'entretien lors de la prochaine saison des pluies. La deuxième phase d'aménagement, pour les 19 derniers kilomètres, aura lieu lors de la saison sèche 2021. Une route qui intégrera, une fois aménagée, le réseau routier départemental, géré par la Collectivité Territoriale de Guyane.

(CTG)
Trois ponts à construire
Le délai de deux ans sera t'il tenu ? Cela semble court puisqu’il faudra également construire trois ponts. Les trois ponts forestiers de Walimapan (PK13), Gabali (PK21) et Bamba (PK25) seront en effet remplacés par des ouvrages neufs qui devront permettre le passage des poids lourds jusqu’à 48 tonnes. La construction de 32 passages busés pour l’écoulement des eaux sous l’ouvrage est également inscrite au cahier des charges. 
 
(CTG)
La route jusqu'à Apatou
Restera ensuite à construire la fameuse route du fleuve, d’Apatou à Papaichton, pour désenclaver définitivement la vallée du Maroni. Inscrit dans le Schéma d’Aménagement Régional (SAR), le projet a été validé par le conseil d’Etat en 2016 : "Lorsque nous nous sommes rendus au Conseil d’État pour valider le schéma d’aménagement territorial, la route du fleuve avait fait débat, commente Rodolphe Alexandre. On a pas lâché. En face, côté Suriname, cette route du fleuve existe déjà. Je vois mal l’avenir de ce bassin de vie sans route de notre côté. Le gouvernement a donné le feu vert pour la route. Maintenant on va mettre en place les crédits pour 2021 pour rejoindre Apatou."

(CTG)
Historique
 
• Cette liaison routière, à l’état de piste forestière actuellement, était à l’origine une trace ouverte en forêt. Dans les années 1998-99, cette trace a été aménagée en lieu et place par le RSMA pour lui donner un caractère plus routier.

• Depuis, cette piste a été entretenue par les services de l’Etat ou elle a reçu de nombreux aménagements hydrauliques. Les derniers gros travaux de renforcement ont été réalisés en 2012. Depuis 2017, aucun entretien n’a été effectué sur cette piste.

Etat de la route
• Aujourd’hui, la voirie présente de nombreux désordres, d’entretien et d’assainissement.

• La piste actuelle est constituée d’une couche de roulement en latérite. Sa largeur varie selon les tronçons entre 3.20m et 5.50m,

• Les fossés latéraux ne sont plus entretenus, et sont globalement obstrués.

• La piste traverse une zone de reliefs constituée de plusieurs collines présentant par endroit des fortes pentes pouvant aller jusqu’à 17%. Ces pentes entrainent par endroit un ravinement longitudinal important.
 
  
Futur lycée de Maripasoula : fin des travaux de terrassement

Le terrassement du futur lycée de Maripasoula est terminé, et bientôt est attendue la réception des plateformes. Les travaux des fondations pourront démarrer en octobre prochain.

Cet établissement, qui pourra accueillir 820 élèves, dispensera des formations générales et d’autres spécifiques, correspondant au développement des filières économiques du territoire telles que le BTP/mines, l’énergie, l’environnement, le social, le bois. Il emploiera environ 200 personnes. 
 
 


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4 commentaires

Vos commentaires

fakarangi 10.08.2020

la démographie délirante 5 enfants par femme fera bien plus de dégâts à la biodiversité en Guyane que la déforestation menée par le Brésil...

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tronokar 10.08.2020

Mais non voyons, le grand remplacement est un mythe politiquement incorrect...

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bozo 09.08.2020
a l'envers

n'aurait il pas été moins coûteux sur le long terme de commencer les travaux à partir d'APATOU, moins onéreux que de commencer par la fin Maripasoula (difficile d'accès) ?

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Laurent du maroni 11.08.2020
Fleuve de vie

L'économie locale sur le Maroni fonctionne grâce aux échanges et autres transports. Je crois que si vous faites directement un axe fortement concurrentiel (route depuis Apatou)vous mettez en péril des équilibres précaires qui stabilisent toute la zone

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