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La morgue arrive enfin à Maripasoula

Angélique GROS Mercredi 27 février 2019
La morgue arrive enfin à Maripasoula
La morgue mobile a du braver les eaux du Maroni pour arriver à Maripasoula vendredi - @maripasoulaphotography

Les Maripasouliens devront au moins attendre la prochaine mandature municipale pour disposer d’une maison funéraire mais ils auront bientôt une morgue mobile fonctionnelle. Elle a été livrée la semaine dernière.

Un étrange conteneur frigorifique a fait son apparition la semaine dernière sur les berges du Maroni, au dégrad de Maripasoula : une morgue mobile. Alors que la commune n’a jamais disposé de moyen de conservation des corps, l’arrivée de cet équipement est plus que bienvenue. Six dépouilles pourront désormais être conservées dans la chambre froide afin de permettre à leur famille de mieux s’organiser pour les funérailles et aux proches qui habitent loin d’organiser leur retour au péyi avant les obsèques.

Aucune chambre froide funéraire jusqu’alors

« Jusqu’à présent les corps étaient soit stockés dans une des chambres climatisées du centre de santé ou directement chez les proches », explique Lama Topo, premier adjoint au maire de Maripasoula. Dans le cas où une autopsie est nécessaire, le corps est rapatrié à Cayenne, au centre hospitalier Andrée-Rosemon (Char) par hélicoptère ou par avion. Pour Lydina Dada, membre du collectif Lawa dont une des revendications durant le mouvement social portait notamment sur la création d’une morgue à Maripasoula, c’est une bonne nouvelle : « Nous on demandait au moins un endroit pour entreposer les corps car, quand il n’y avait pas de place au Centre de santé, on demandait aux familles de venir chercher les corps au plus vite. »

Pas d’entreprise funéraire

« Quand il y a un décès, la famille doit acheter le cercueil à Cayenne ou sur le littoral », explique Lama Topo. La commune, qui compte plus de 10 000 habitants, ne dispose d’aucune entreprise funéraire non plus. Son seul cimetière communal, situé dans le bourg, est bientôt saturé mais n’accueille qu’une partie des communautés représentées à Maripasoula. Aucun membre de la communauté bushinengué n’y est en principe enterré (lire ci-dessous). Le choix de l’emplacement du nouveau cimetière est intégré à la réflexion autour du plan local d’urbanisme mais n’a pas encore été tranché.

Un projet de maison funéraire

La commune a dû investir environ 100 000 euros pour se doter de cette morgue mobile et quelque 7 000 euros pour l’acheminer et l’installer sur le terrain du Centre de santé. Les Maripasouliens vont cependant devoir attendre encore un peu avant qu’elle ne fonctionne. « On aura la date dès qu’on aura levé les obstacles auprès de la législation et auprès du Char », indique Lama Topo. Bien que nécessaire, cet équipement n’est qu’une solution d’urgence au regard du retard pris dans la construction de la maison funéraire. « C’était un projet dans notre programme aux municipales de 2014. Nous sommes en négociation avec la CTG pour l’acquisition d’une parcelle en face du Centre de santé pour construire cette maison funéraire ».

4 200 euros pour rapatrier un corps

L’une des autres revendications du collectif Lawa reste en suspens : celui du rapatriement gratuit des corps des personnes décédées sur le littoral. « Pour rapatrier un corps dans la commune, la famille doit par exemple payer un hélicoptère privé ou faire affréter un avion entier d’Air Guyane », explique Lydina Dada. Rien que pour affréter un avion d’Air Guyane, il faut compter 4 200 euros, ce qui n’est pas à la portée de tout un chacun. « On a eu deux ou trois vols de ce type l’année dernière et au maximum quatre par an. Ça coûte cher car l’avion doit venir ou repartir à vide et il y a des normes : il faut installer des épurateurs, par exemple, et on ne peut pas transporter de passagers en même temps. Pour l’hélicoptère, c’est en moyenne deux à trois fois plus cher », indique Christophe Marchand, le directeur d’Air Guyane.

Le retour des morts

La croyance au Nenseki implique des rites funéraires particuliers dans les communautés bushinengué. « Un Aluku, par exemple, ne peut pas revenir s’il n’a pas été interrogé : est-ce qu’il a pratiqué la sorcellerie, etc. Cela peut parfois durer plusieurs jours. S’il est déclaré sorcier, ça arrive deux à trois fois par an, on ne l’enterre pas au cimetière, on le met dans la forêt et il ne reviendra plus. Sinon, il est enterré dans un cercueil et peut revenir, même quinze jours après », explique Papa Gé du collectif Mama Bobi.

La morgue va permettre de raccourcir un peu le délai entre le décès et les funérailles officielles mais, généralement, quand une personne de la communauté est déclarée morte, on rapatrie son corps au village dans la journée.

Traditionnellement, les Aluku sont enterrés au cimetière du village Boniville, à Papaïchton mais, selon Papa Gé, les Djukas , eux, n’ont pas le droit d’enterrer leurs morts sur le territoire aluku. « Le rapatriement des corps est très coûteux donc ce n’est pas rare d’inhumer un bushinengué à Cayenne et de prendre un peu de ses ongles et de ses cheveux avant de fermer le cercueil pour qu'il soit interrogé », explique-t-il.

Édouard Dingiou

« Quel que soit le maire qui est en place cette morgue est d'une nécessité primordiale compte tenu de la situation actuelle. Ce n'était pas nécessaire de faire un grand marketing pour autant »

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2 commentaires

Vos commentaires

Keskimariv 28.02.2019
Ah bon !!

1-« Un Aluku, par exemple, ne peut pas revenir s’il n’a pas été interrogé : est-ce qu’il a pratiqué la sorcellerie, etc. Cela peut parfois durer plusieurs jours. S’il est déclaré sorcier, ça arrive deux à trois fois par an, on ne l’enterre pas au cimetière, on le met dans la forêt et il ne reviendra plus. Sinon, il est enterré dans un cercueil et peut revenir, même quinze jours après », explique Papa Gé du collectif Mama Bobi.

2-« Le rapatriement des corps est très coûteux donc ce n’est pas rare d’inhumer un bushinengué à Cayenne et de prendre un peu de ses ongles et de ses cheveux avant de fermer le cercueil pour qu'il soit interrogé »,
JE SUIS MORTE DE RIRE......
SANS COMMENTAIRE MAIS COMMENT TAIRE ??

Répondre Signaler au modérateur
dtc97300 01.03.2019

Tous les dimanches des gens picolent et se déguisent en gorilles et autres joyeusetés, se peignent de toutes les couleurs, se griment avec plus ou moins bon goût en ville et ce, pendant des semaines. A la fin de cette période, ils brûlent une icône immonde style papier mâché qu’ils ont adoré pendant toutes ces semaines. Des le mercredi, ils font des soirées ou ça boit et dansent juste pour piquer. On se demande comment ça travaille mais c’est culturel disent ces adeptes inconditionnels.
Vous aimez rire ? Voilà de quoi tenir.

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