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Sécurité d'Ariane : le matériel vieillissant de l'armée

Sébastien ROSELÉ Samedi 27 juillet 2013
Sécurité d'Ariane : le matériel vieillissant de l'armée
La base militaire implantée sur le site du centre spatial. La grosse boule sur la gauche est un radar qui date des années soixante (SR)

Les véhicules militaires qui assurent la sécurité des tirs d'Ariane sont en fin de course. Un sacré contraste avec la haute technologie de la fusée et des satellites qu'elle embarque.

Un superbe Falcon 50 a décollé de l'aéroport Félix-Éboué, jeudi, vers 13 heures. Cet aéronef de la Marine nationale avait à son bord un radar et devait surveiller la zone maritime survolée par Ariane. Les volets hypersustentateurs (sortis uniquement au décollage et à l'atterrissage) n'ont pu être rétractés. À aucun moment la vie de l'équipage n'a été menacée. En revanche, le Falcon n'a pu mener sa mission. Cela n'a eu aucune incidence sur la sécurité du tir d'Ariane de jeudi. « Il était en doublette avec un autre moyen aérien » , rassure le général Bernard Metz, patron des militaires en Guyane.
Ce qui est arrivé à ce Falcon, 37 ans au compteur, est le symbole des moyens militaires vieillissants affectés à la Guyane, que ce soit provisoirement (comme ce Falcon qui venait de Bretagne) ou de manière plus durable. D'autres exemples ? Les hélicoptères Puma et Fennec, eux aussi utilisés (entre autres missions) pour interdire l'espace aérien et marin à toute présence durant le lancement d'Ariane. Ils affichent respectivement 45 et 23 ans de bons et loyaux service. Vraiment pas le matériel dernier cri. Ce ne sont pas ces hélicos qui ont été envoyés au Mali. Et les soldats devront faire avec ces aéronefs encore un bon moment. Il n'est pas prévu qu'ils soient changés prochainement. Déjà que l'Etat n'a pas de sous pour équiper les pompiers d'un seul hélico, alors changer le parc des militaires...
D'autres exemples encore ? Les missiles Mistral datent de 1988 et les deux patrouilleurs de la Marine nationale ont été armés en 1984 et 1985. Quant au radar Centaure, qui couvre l'ensemble de la zone aérienne guyanaise (et même au-delà) et donne d'ailleurs des informations à l'aviation civile, il date lui des années 60. Mais, là, coup de chance, il est en train d'être remplacé par un radar GM 406 installé sur le mont Vénus à Kourou. L'appareil est actuellement en phase de test. « Il est à la fois plus précis et voit plus loin » , explique le général Metz.
« BERLINE FAMILIALE »
Bref. L'armée française assure la protection d'une fusée Ariane au top niveau de la technologie mondiale avec des moyens presque obsolètes. Le général Metz le reconnaît à demi-mot : « C'est vrai que ce n'est pas le matériel dernier cri. Mais il est adapté à nos missions. On ne fait pas moins bien avec ce matériel vieillissant. »
Un matériel en fin de vie, c'est aussi plus de travail et aussi plus d'argent pour l'entretenir. « On fournit de gros efforts pour le maintenir en état » , confirme Bernard Metz. « Ce n'est pas la Rolls-Royce, mais la bonne berline familiale bien entretenue, si je peux dire. » Et pour l'ensemble de ces missions de surveillance du centre spatial guyanais, les autres pays membres de l'Agence spatiale européenne ne versent pas un kopek. Mais bon, l'armée française fait contre mauvaise fortune bon coeur. Et les 270 soldats français qui veillent sur Ariane de compenser leur vieux matériel par « une méthodologie qui est la plus avancée au monde, enviée par les étrangers, y compris par les États-Unis. »

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