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Rexma de nouveau dans le viseur de la justice

Sébastien ROSELÉ Samedi 03 août 2013
Rexma de nouveau dans le viseur de la justice
Jean-Pierre Casas (à droite) et son avocat Boris Chong-Sit, hier, dans le cabinet de ce dernier (SR)

Rexma et son patron Jean-Pierre Casas sont de nouveau dans la tourmente judiciaire. Cette fois, le parquet soupçonne l'entreprise d'avoir fait un faux pour obtenir la permission d'ouvrir une mine d'or à Saül.

L'info est tombée cette semaine sur le site d'informations Médiapart. Le parquet de Cayenne a ouvert une enquête préliminaire pour faux et usage de faux. Dans son viseur, Rexma et son patron Jean-Pierre Casas. La société, ou quelqu'un qui reste à identifier, aurait produit un faux document pour obtenir l'autorisation d'exploiter une mine d'or à Saül. Autorisation qui lui a, du reste, était accordée et qui, depuis, provoque la colère des Saüliens.
« Dans le document initial, explique le procureur Ivan Auriel, le site périclitait sous l'effet de l'exploitation de la mine. Dans le document final (celui que le ministère a eu sous les yeux pour donner son autorisation), le site prospérait grâce à l'exploitation aurifère. » Le magistrat a saisi les gendarmes de la section de recherches, basés à Cayenne. Les militaires ont pu comparer le document de l'étude environnementale et celui « transmis à la préfecture » . Comme ils divergeaient, « on avait de quoi commencer l'enquête » .
Il s'agit pour le moment d'une enquête préliminaire qui est, comme son nom l'indique, le tout début d'une procédure judiciaire. Mais il n'y a pas officiellement de suspect, ni de mis en examen ni même d'information judiciaire ouverte. Mais si l'enquête confirme les soupçons initiaux, le parquet pourra saisir un juge d'instruction. Ou pas. Car lors de la précédente affaire judiciaire qui a valu à Jean-Pierre Casas de passer devant le tribunal, le parquet avait choisi de diriger l'enquête d'un bout à l'autre sans ouvrir d'information judiciaire. Jugé le 26 février 2013 pour un dossier de défiscalisation, le patron de Rexma avait été condamné à dix-mois de prison avec sursis (1) et à 10 000 euros d'amende. Il devait en plus verser 900 000 euros aux plaignants. Jean-Pierre Casas a fait appel.
(1) Nos éditions des 6 et 27 février et du 12 mars 2013.
- « Je n'ai jamais changé une virgule du document »
Le patron de Rexma, Jean-Pierre Casas, avec son avocat Boris Chong-Sit, nous ont reçus hier. La parole est à la défense.
Vous avez été condamné à dix-huit mois avec sursis. Là vous êtes soupçonné de faux. Ça commence à faire beaucoup...
Jean-Pierre Casas : Pour l'instant je ne suis pas condamné définitivement puisque j'ai fait appel.
Boris Chong-Sit : La cour d'appel aura à juger l'affaire courant novembre. La présomption d'innocence joue donc à plein.
Qui a fait ce faux dont parle le procureur ?
BCS : On n'a aucune information. On n'a aucun élément. On ne sait même pas de quoi il s'agit. Monsieur Casas n'a même pas été interrogé une seule fois. Ce n'est que du flou, c'est du vide. À ce titre, on peut parler de la présomption d'innocence qui est foulée au pied.
Tout ce qui se dit dans la presse affecte l'honneur de M. Casas et de sa famille.
Vous n'avez donc pas été entendu par les enquêteurs ?
JPC : Absolument pas!
BCS : Pas une seule fois...
Cette histoire de faux part d'une dénonciation anonyme. Quelqu'un vous en veut ?
JPC : On ne veut pas entrer dans la polémique...
BCS :... ni dans la paranoïa! On parle de dénonciation anonyme. Peut-être que quelqu'un veut que M. Casas ait des ennuis ?[...]. Mais M. Casas ignore les mobiles de ceux qui pourraient lui en vouloir.
Le procureur a affirmé qu'il y avait un faux. Il a expliqué que le document remis à la préfecture était différent de celui rédigé par les experts.
BCS : C'est compliqué d'extrapoler à l'aveugle. On n'a pas accès au dossier d'enquête, je vous le rappelle.
JPC : Il ne faut pas oublier que ce sont les scientifiques qui ont fait l'étude. C'est allé du cabinet d'étude à la préfecture par notre intermédiaire, bien évidemment. Mais je n'ai jamais changé une virgule du document qui m'a été remis.
BCS : En fait, la société Ecobios a remis un document dont s'est inspiré Burgeap pour écrire son étude. Elle a été remise à Rexma qui l'a livrée à la préfecture.
JPC et BCS : On ne sait pas ce qu'on nous reproche!
Vous parlez de présomption d'innocence « foulée au pied » . Vous allez engager des poursuites ?
BCS : Mon client se réserve le droit de déposer une plainte pour violation du secret de l'enquête.
Le fait que cette affaire sorte dans la presse nationale d'abord, elle qui s'intéresse d'habitude assez peu à la Guyane, ça vous inspire quoi ?
BCS : Le projet de mine à Saül est un dossier défendu par M. Montebourg (ministre du Redressement productif NDLR). C'est un dossier certes inscrit en Guyane mais qui a une résonance nationale.
Vous comprenez quand même que les habitants de Saül n'aient pas envie d'avoir une mine d'or à côté de chez eux ?
JPC : Je ne partage pas votre point de vue. Nous avons fait une pétition. Plus de 50% des Saüliens sont en faveur du projet.
Propos recueillis par S. R.
- Loutre ou pas loutre ?
Selon un expert, il y aurait des loutres dans le secteur où Rexma a reçu la permission d'ouvrir une mine. Mais selon un autre expert, la probabilité de rencontrer ce mammifère à cet endroit-là est quasi inexistante. C'est cette divergence qui serait à l'origine de toute l'affaire.

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1 commentaire

Vos commentaires

HAHA 07.08.2013
COURAGE MONSIEUR CASAS

LA JALOUSIE EST UN VILAIN DEFAUT. NOUS VIVONS DANS UN PAYS REMPLI DE JALOUSIE - C'EST DOMMAGE - LAISSEZ CET HOMME MENER A BIEN SON PROJET. METTEZ VOTRE JALOUSIE DE COTE - FAITES COMME LUI ET IL Y AURA MOINS DE "CHOMEURS" EN GUYANE

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