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« On ne quitte pas la Guyane sans une certaine tristesse »

Propos recueillis par Sébastien ROSELÉ Jeudi 20 juin 2013
« On ne quitte pas la Guyane sans une certaine tristesse »
(Henri Griffit)

Le préfet Denis Labbé s'envole cet après-midi pour la Haute-Loire où il va prendre son nouveau poste lundi. Hier soir il nous accordait un dernier entretien en forme de bilan.

La Guyane ?
On ne peut pas la quitter sans une certaine tristesse. J'ai eu le coup de foudre en 1979. À l'époque j'étais militaire. J'y suis revenu régulièrement. J'ai été très heureux quand j'ai été nommé préfet. C'est un poste très intense et assez exigeant. Mais la Guyane le vaut bien.
Ses satisfactions ?
On est là en tant que fonctionnaire pour servir une fraction du territoire national. On n'est pas là pour la gloriole personnelle et dire : « J'ai fait ça. » Mais je suis heureux d'avoir pu faire évoluer la zone d'accès réglementé (lire page 6) pour Camopi. Je suis aussi heureux d'avoir pu seconder un chantier important : l'échangeur de Balata qui est financé aux deux tiers par la Région. J'aurai été heureux de voir bien enclenché le musée dans l'ancien hôpital Jean-Martial (sur la place des Palmistes à Cayenne). C'est important : pas seulement pour le tourisme mais aussi pour les Guyanais qui retrouveront l'histoire de ceux qui ont fait la Guyane. Je ne suis pas mécontent de quitter la Guyane avec un conflit avec les gérants de stations-service réglé.
Ses regrets ?
Je regrette de ne pas avoir eu le temps de voir se concrétiser l'idée que nous avons eue avec la Fédération des opérateurs miniers de réinstaller les mineurs légaux. On ne pourra pas le faire partout. Mais c'est un signal de renouveau et de construction. J'ai aussi le regret de ne pas voir aboutir le bouclage du plan d'accompagnement du Parc amazonien. J'ai aussi le regret de ne pas voir commencer les travaux de réhabilitation de la route de Petit-Saut. C'est un chantier de plusieurs millions d'euros.
Les difficultés relationnelles entre police et gendarmerie ou entre gendarmerie et soldats ?
Je ne m'exprimerai pas sur les éventuelles mésententes entre les services de l'État, s'il y en a...
Harpie ?
Je ne pourrai pas dire que l'orpaillage clandestin a été éradiqué. Il faudrait se demander ce que serait la Guyane sans Harpie... L'orpaillage clandestin serait le double ou le triple. Je ne suis pas mécontent de la réorganisation. Le préfet dispose de peu de temps pour s'approprier le dossier, le comprendre. On a été obligé de réfléchir à la stratégie après le meurtre des deux soldats à Dorlin (le 27 juin 2012). On a réorienté la stratégie. S'installer sur les sites majeurs et rayonner à partir de là plutôt que de venir, casser et repartir. Même si, ça aussi, il faut le faire. En tout cas, notre action gêne beaucoup. J'aurais aimé observer les effets de cette nouvelle stratégie.
Le nombre de garimpeiros ? La quantité d'or extrait illégalement ?
Le Suriname a produit 30 tonnes l'an dernier. Il espère 40 tonnes cette année. La Guyane présente des caractéristiques géologiques similaires. On peut imaginer qu'il sort pas mal d'or ici. Il est évident que c'est plusieurs tonnes. Pour les garimpeiros, 6 000 personnes comme disent certains, cela me semble une estimation très basse et 30 000 personnes, cela me semble beaucoup.
(Henri Griffit)
L'hélicoptère des pompiers ?
Je pense qu'un jour, très certainement, il y en aura un...
Pourquoi être muté maintenant ?
Ça fait 25 mois que je suis là. J'ai connu des préfets qui faisaient des séjours courts. D'autres qui restaient trois ans. Je suis dans la moyenne. Mon prédécesseur était lui aussi resté 25 mois. C'est la loi du genre. Dans ce métier, on est à la disposition du gouvernement...
Nommé en Haute-Loire : une sanction ?
Je vous laisse libre de l'appréciation de la situation. Mais ne faites pas de peine aux habitants de la Haute-Loire.
(Henri Griffit)
Le pont sur l'Oyapok ?
Côté français, on est prêts. Les Brésiliens nous diront quand ils le sont. C'est vrai qu'il y a un beau pont et qu'on aimerait y voir des voitures circuler dessus. Je reviendrai en touriste pour le voir.
En tout cas à l'ouverture du pont et peut-être même avant, la carte magnétique (de libre circulation) pour les frontaliers sera prête. Ce sera valable pour trente-six heures pour les habitants de Saint-Georges et d'Oyapoque. Le pont sera davantage pour du transit. Les gens d'Oïapoque et de Saint-Georges continueront à faire leurs courses en pirogue. Le débarcadère sera le second point d'entrée. J'en ai été un fervent défenseur. Ça correspondait à une demande de la population. Ça ne fera pas trop baisser l'activité des piroguiers.
Que lui souhaiter pour la Haute-Loire ?
Ne pas avoir trop froid!

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