France-Antilles et ses partenaires utilisent des cookies pour le fonctionnement de leurs services, réaliser des statistiques d’audience, proposer des contenus et publicités personnalisés. En utilisant ce site, vous consentez à cette utilisation. En savoir + et gérer ces paramètres. OK
  • Partager cet article sur Facebook
  • Partager cet article sur Twitter
  • Partager cet article sur LinkedIn
  • S'abonner aux flux RSS de France-Antilles.fr
Assises

Nadia retourne en prison

Samedi 8 Juin 2019 - 03h35

Les jurés et les trois magistrats professionnels ont condamné Nadia Vilhena de Aguiar, 36 ans, à sept ans de prison, hier. Elle a été incarcérée après avoir déjà purgé quatre ans. Elle est condamnée pour avoir fourni des informations au principal accusé du meurtre de Maurice Méthon, en septembre 2011. Pour ce dernier jour de procès, consacré essentiellement aux réquisitions de l’avocat général et aux plaidoiries de l’avocat de la partie civile et de ceux de la défense, la salle d’audience était beaucoup plus remplie qu’au premier jour.

Le premier à s’xprimer a été Me José Lama, l’avocat de la famille Méthon.

L’avocat de la partie civile, qui a dit ressentir beaucoup d’agacement face aux mensonges de l’accusée, a cherché tout au long de sa plaidoirie à démontrer de l’accusée avait bien participé au crime. « Elle a fait des aveux, ses complices l’ont mise en cause et elle a expliqué son rôle devant les gendarmes et devant le psychiatre avec précision. Elle ne peut dire : « J’ai agi par amour » et dire dans le même temps : « Je n’ai rien fait ». Sans l’implication de l’accusée, il n’y a pas d’affaire Méthon. En plus, après le crime, ils sont allés danser en boîte de nuit sur le cadavre de M. Méthon. »

Hommage

L’avocat général Yoland Labonne a tout d’abord rendu hommage aux victimes, notamment à Christiane, la veuve, et sa fille Carole, qui ont assisté au trois jours de procès à côté de leur avocat. « Cette famille a été secouée. C’est le troisième passage de Nadia devant les assises. Elle vit en concubinage avec Nao, le principal auteur du meurtre de Maurice Méthon. Elle travaille au Cric-Crac. Elle a eu plusieurs mises à pied dont le dernier quinze jours avant les faits. Elle a indiqué son implication trente minutes après son arrestation. Il y a des indices concordants car seule Nadia était capable de fournir des éléments au principal auteur, son compagnon. En plus, à cette époque, elle avait des difficultés financières et son portable a été localisé sur la route près de la maison de la victime. Lors de ce procès, on a assisté à un jeu de poker-menteur entre les coaccusés », a souligné l’avocat général en réclamant quinze ans de réclusion criminelle à l’encontre l’accusée.

Mensonges

Sur les trois avocats de la défense, Me Rudy Constant a été le premier à plaider. « Dans ce dossier, il faut s’arrêter sur les détails car c’est dans les détails que se cache de loup. On peut lui reprocher plusieurs choses mais il ne faut pas l’incriminer parce qu’elle appelé son compagnon sur son portable. Nous avons cette conscience aiguë qu’elle vit une injustice. S’il y a quelque chose qu’il faut lui reprocher, ce sont les mensonges qu’elle a fait au début. C’est un poids qu’elle va porter toute sa vie. Mais Nadia n’est pas poursuivie pour dénonciation calomnieuse », indique l’avocat.

Pour Me Virginie Fettler, l’autre avocat de la défense, Nadia est innocente. Dans sa plaidoirie elle a indiqué que Nadia est poursuivie pour complicité. Après avoir donné la définition de la complicité aux jurés, elle a insisté sur le fait que Nadia était tombé éperdument amoureuse : « Quand on aime, on essaie toujours de changer l’être aimé. Elle est fascinée par une personnalité sombre et elle est influençable. En plus, la durée des deux appels ne correspondent pas au top départ décrit par les enquêteurs », atteste l’avocate.

Me Emile Tséfu, le troisième avocat de la défense, a conclu la séquence des plaidoiries. Il s’en est pris aux réquisitoires de l’avocat général : « En garde à vue, les enquêteurs l’ont interrogé sans avocat et c’est cette erreur procédurale qui a créé les mensonges. Cette affaire a été instrumentalisée. On cherche une consolation au lieu de la vérité. Les registres de l’émotion et de la raison ne sont pas du même côté. On a mis en cause quelqu’un qui n’était pas concerné, on ne lâchera pas », a prévenu Me Tséfu.

Les derniers mots de Nadia ont été pour dire qu’elle ne cessera pas de se battre pour son innocence.

Bernard DORDONNE

Pour transmettre un commentaire, merci de vous identifier (ou de vous inscrire en 2min)

Mot de passe oublié?
Inscription express
Aucun commentaire
Sur le même thème
Une

Un homme de 48 ans tué à la cité Jasmin

P.R. - Lundi 10 Juin 2019

1 commentaire
A la une
Une

"Un Guyanais n’a pas de couleur"

Propos recueillis par Pierre Rossovich/Photos : Gildas RAFFENEL - Lundi 24 Juin 2019

Vous venez de sortir votre deuxième album « Bushinengue » après « Soholang...

3 commentaires