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MANA - Accident mortel : une information judiciaire ouverte hier

Sébastien ROSELÉ Vendredi 19 juillet 2013
MANA - Accident mortel : une information judiciaire ouverte hier
Sur les lieux du drame qui a coûté la vie à Sophie Morinière, mercredi matin (EL)

Le procureur a décidé d'ouvrir une information judiciaire pour, notamment, homicide involontaire dans l'affaire de l'accident qui a coûté la vie à une Parisienne de 21 ans.

L'enquête promet d'être très technique. Il va falloir vérifier les vitesses, les trajectoires, l'état des véhicules, si les révisions avaient été faites en temps et en heure, etc. Dans l'affaire de l'accident mortel de mercredi matin sur la RN1 à Mana (notre édition d'hier), le procureur Ivan Auriel a préféré ouvrir une information judiciaire pour homicide involontaire, blessures involontaires et mise en danger de la vie d'autrui. Pour le moment, personne n'est officiellement poursuivi.
Il était 7 h 58, ce mercredi, quand un camion transportant une pelleteuse a percuté un bus conduisant vingt-cinq personnes au centre spatial guyanais (notre édition d'hier). Le procureur ignorait toujours hier pourquoi le poids lourd avait dévié de sa trajectoire, était sorti de sa file pour finalement percuter et même éventrer le car. Une jeune femme, Sophie Morinière, 21 ans, étudiante dans une école d'ingénieur et originaire de Paris (lire ci-dessous), a été tuée sur le coup.
Trois personnes ont été blessées grièvement : les deux conducteurs et un passager du bus. Selon le procureur, « le pronostic vital n'est plus engagé » . Le procureur a également ordonné une autopsie de la défunte. Hier soir, elle n'était pas terminée. On en ignore donc les conclusions.
Selon une source, le corps de la jeune victime devrait être rapatrié en France dès demain. Les responsables de la société de bus (Palmier) tout comme celle du poids lourd (à l'origine de la collision mortelle (Bati-Vert) n'ont pas donné suite à nos sollicitations d'interview.
Reste cette information judiciaire qui devrait, mais après ô combien de temps, dire pourquoi un poids lourd a heurté un autocar. « Cette instruction sera très technique » , prévenait le procureur.
Les vingt-cinq personnes qui étaient dans le bus accidenté étaient arrivées de France, vendredi. Catholiques, elles devaient rejoindre des croyants guyanais, visiter le département, avant de s'élancer, par avion, vers Rio dès ce week-end. Là, elles devaient participer aux Journées mondiales de la jeunesse, l'événement catholique de l'année organisée au Brésil.
- « Les JMJ vont continuer, avec plus de rage »
Mercredi soir, Mgr Lafont a célébré une messe à la cathédrale devant 700 à 800 fidèles.
Entre 700 et 800 fidèles ont assisté à la messe d'hommage à Sophie Morinière, mercredi soir, à la cathédrale (Henri Griffit) -
L'évêque de Guyane, Emmanuel Lafont, a l'habitude de dire qu'il vit avec la Bible dans une main et le journal dans l'autre. Mercredi, en ce jour où la vie des catholiques est dramatiquement montée en une de l'actualité, c'est une discussion avec un journaliste qui lui revient. Devant les 700 à 800 fidèles massés à la cathédrale, pour rendre hommage à Sophie Morinière décédée douze heures plus tôt, il raconte l'échange qu'il a eu sur les lieux du drame.
« Un journaliste m'a dit : « C'est fou, vous les catholiques, on dirait que votre foi dépasse votre deuil. » Ce n'est pas tout à fait ça. Notre deuil est là. Nos larmes sont là. Notre incompréhension aussi. Tout ça, notre foi le transfigure, mais ne le dépasse pas. Je pense au Christ qui pleurait devant le tombeau de son ami Lazare. C'est beau. C'est nécessaire. Mais nous ne pleurons pas comme ceux qui n'ont pas d'espérance. »
En rangs serrés sur les bancs et debout dans les nefs latérales de la cathédrale, les fidèles - jmjistes de l'Hexagone ou paroissiens guyanais - l'écoutent. « Nous sommes là pour prier avec vous, pour que vous ne vous sentiez pas trop seuls [...] Les JMJ vont continuer. Je dirais presque avec plus de rage. » Il les a aussi encouragés à poursuivre ce que la jeune fille avait commencé : « J'ai entendu ce matin ses interventions à Radio Notre-Dame. Il faudra reprendre le flambeau. Il ne faudra pas arrêter ça. »
MESSE CE SOIR AUX PALMISTES
Ce devait être le point d'orgue du séjour des participants aux JMJ en Guyane, sur la route qui les mène à Rio. L'atmosphère sera forcément changée. L'archevêque de Lyon, Philippe Barbarin, concélébrera une messe, ce soir, sur la place des Palmistes. Elle commencera à 20 heures.
Pierre-Yves CARLIER
- Elle devait tenir une rubrique à la radio
Sophie Morinière faisait partie de la paroisse Saint-Léon de Paris (XVe arrondissement). Agée de 21 ans, elle était l'aînée de quatre enfants : une soeur de 19 ans et deux frères, de 17 et 14 ans. Elle était étudiante en 4e année à l'École polytechnique féminine de Sceaux.
Sophie Morinière avait accepté de tenir une chronique des JMJ pour Radio-Notre-Dame, par qui elle avait été interviewée, vendredi dernier, avant de s'envoler pour la Guyane, rapporte le journal La Croix. « La Guyane, ça va être une période de préparation, racontait-elle. Nous allons être en contact avec la population locale qui est ravie de nous rencontrer et nous accueille les bras ouverts. Nous aurons des temps de partage spirituel et serons accueillis par des familles, répartis par binômes chez les gens. » Elle devait intervenir sur RND tous les matins pour raconter le déroulement des JMJ. « Je vais partager avec vous ce qu'on va vivre au Brésil, je raconterai les rencontres que nous avons faites, nos expériences, pour que, de Paris, vous puissiez suivre tout ce qui se passe à l'autre bout du monde » , disait-elle. Inscrite sur Twitter, elle suivait les comptes du pape François, des Veilleurs pour la famille, de L'Équipe magazine ou encore du comique Gad Elmaleh.
Hier soir, une veillée de prière a eu lieu à l'église Saint-Léon, présidée par le cardinal André Vingt-Trois.

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