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Sinnamary

Les guetteurs sont les payeurs

Vendredi 26 avril 2019
Les guetteurs sont les payeurs
Sinnamary vue du ciel, où se sont déroulés les faits - archives

Dans la série de cambriolages qui a touché la commune de Sinnamary entre décembre et mars, ils n’auraient fait, selon eux, que guetter et surveiller. Le tribunal ne les a pas crus : ils iront en prison.

Selon sur leurs déclarations maintes fois réitérées au président Laurent Sochas, leur rôle se serait strictement limité à celui de guetteur, chargé de surveiller les alentours des maisons et entrepôts que leurs collègues dévalisaient à loisir. Pour un butin, soi-dit en passant, relativement important : plus de 3 000 euros en numéraire, une tronçonneuse, des débroussailleuses, deux téléviseurs, des bijoux, un ventilateur, et même un fusil de chasse !

Une « moisson » faite à Sinnamary, entre la fin décembre 2018 et la fin mars, et à plusieurs, « entre quatre et cinq » selon leurs dires, et sous « la direction d’un certain Desnos », qui n’a, pour l’heure, pas encore appréhendé. Eux, en revanche, sont bien là, face au tribunal des comparutions immédiates. Ils sont deux, à peine âgé de 20 ans et, en dépit des « perches » maintes fois tendues par le président, n’ont pas trop l’air de mesurer l’impact de leurs actes sur les victimes.

Des victimes présentes dans la salle d’audience, qui ont eu l’occasion de s’exprimer, rappelant que, depuis ces cambriolages, « elles vivent mal, dorment encore plus mal, et ont chaque jour la crainte de rentrer chez elles ».

Quand le président demande aux deux jeunes gens les raisons qui les ont poussé à prendre part à ces cambriolages, l’un répond « qu’il a besoin d’argent pour faire régulariser ses papiers (il est Haïtien d’origine, ndlr) mais qu’il ne trouve pas de travail. » Pourtant, il déclare être titulaire d’un CAP d’assistant familial. Le second, plus jeune, reste plus évasif dans ses réponses, soulignant « qu’il n’y a rien à faire à Sinnamary mais qu’il y reste parce qu’il y a sa mère ».

Ni regrets ni excuses

Dans ses réquisitions, la représentante du ministère public, Ève Tassin, pointe « le manque de courage » des jeunes prévenus, « qui n’expriment ni regrets ni excuses et passent leur temps à minimiser leur rôle » dans cette série de cambriolages. Elle demande des peines de quatre ans, dont deux avec sursis, pour le plus âgé, de quatre ans, dont dix-huit mois avec sursis, pour le plus jeune.

Chargée de défendre ce dernier, Me Christine Charlot rappelle effectivement « son jeune âge, à peine 18 ans, un âge où il est facile de se laisser entraîner » et précise que son client « a un casier judiciaire vierge. »

Même absence de condamnations pour le plus âgé, défendu par Me Valérie Palcy, qui plaide pour un sursis avec mise à l’épreuve. « Ne l’enfermons pas dans une carrière de voleur, il n’a pas fait ça pour l’argent, mais plutôt par désœuvrement, par suivisme. »

Verdict du tribunal : 42 mois de prison, dont 18 avec sursis simple pour le plus âgé, 36 dont 12 avec sursis simple pour le plus jeune.

Michel LE TALLEC

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