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justice

Les avocats disent non au projet de retraite devant la cour

Jeudi 23 Janvier 2020 - 03h20
Les avocats disent non au projet de retraite devant la cour
Le bâtonnier Patrick Lingibé est intervenu lors de la rentrée solennelle de la cour d'appel - BERNARD DORDONNE

Les avocats du barreau de la Guyane sont toujours en grève contre le projet de retraite. Une grève totale de toutes les audiences pénales, civiles, commerciales et administratives avec demande de renvoi des affaires. Le bâtonnier s’est expliqué lors de l’audience de rentrée de la cour d’appel.

Les avocats ont décidé, en assemblée générale, lundi matin, de continuer le mouvement de grève nationale décidée par les Institutions de la profession jusqu’à vendredi, date de présentation du projet de loi sur les retraites en Conseil des ministres.

Le mouvement de grève des avocats a des conséquences importantes sur le déroulement des audiences. En effet, la 2e session de la cour d’assises qui devrait se tenir du 20 au 31 janvier a été annulée. Il faut rappeler que la première session de la cour d’assises avait déjà été annulée suite à la grève des avocats.

Lundi, les avocats se sont rendus à l’audience de rentrée solennel de la cour d’appel où ils ont manifesté à l’entrée de la salle d’audience avec une pancarte « en grève ».

Une manière pour eux d’annoncer la poursuite de leur mouvement de grève et de dénoncer le mépris avec lequel le gouvernement traite les Institutions de la profession d’avocats.

Un accord sectoriel

Le bâtonnier a justifié en ses termes la suite du mouvement : « Je serais avec mon barreau aux avants postes pour la défense des intérêts des justiciables et des Libertés sur l’ensemble du territoire de la Guyane. C’est pour cela que le barreau de la Guyane a rejoint le mouvement de grève nationale lancée par le CNB et la Conférence des bâtonniers et est en grève depuis le 6 janvier 2020. »

Lors de l’audience, Patrick Lingibé, nouveau bâtonnier du barreau de la Guyane, entouré de tous les avocats présents, a déclaré devant la Cour et les personnalités civiles et militaires : « Cette intervention marque la place importante et capitale qu’occupe le barreau dans le monde judiciaire car le code de l’organisation judiciaire ne prévoit pas l’intervention du bâtonnier lors des audiences solennelles et cela résulte d’usages locaux », a rappelé le bâtonnier.

Il a encore rappelé que c’est une grève des avocats de la Guyane pendant plus d’un mois en 2009 qui a permis la création de la cour d’appel à Cayenne la plus haute juridiction judiciaire guyanaise. « Il convient de préciser que si notre cour d’appel guyanaise créée le 1er janvier 2012 est bien une cour d’appel de plein exercice, il lui manque encore une évolution en matière budgétaire et financière  » a ajouté le patron des avocats.

Poursuivant sa plaidoirie, il a indiqué que sans les avocats, on ne parlerait pas de cité judiciaire. «  Il y a un document peu connu et qui a toute son importance sur le plan juridique c’est l’accord sectoriel signé entre la ministre des Outre-mer, mandataire du gouvernement Cazeneuve et le bâtonnier qui a formalisé l’engagement de la création de la cité judiciaire, du tribunal de grande instance de Saint-Laurent et d’un établissement pénitentiaire. J’entends que le barreau soit très étroitement associé aux projets de cité judiciaire et autres constructions judiciaires, étant à la base de la concrétisation de ces projets.

Manquer de respect à l’avocat c’est manquer de respect à l’institution judiciaire.

Un procès sans avocat est un procès vidé de sens. Tout comme le juge, l’avocat doit être protégé dans sa liberté de parole et d’action ».

Des défis immensesà relever

Le bâtonnier a rappelé qu’il entendait que l’avocat soit respecté en sa qualité de défenseur farouche et acharné des libertés et qu’il entendait mettre en exergue à l’occasion de son bâtonnat le problème des violences faites aux femmes et la situation des mineurs.

Concernant les violences faites aux femmes, Patrick Lingibé a indiqué qu’il comptait impulser avec ses confrères une politique de soutien et d’assistance pour lutter contre ces violences inadmissibles et intolérables. « Dans la lutte contre ce fléau sociétal inquiétant en Guyane je fais une implication personnelle. Alors que le taux d’enregistrement des violences sexuelles (viols, tentatives de viols, agressions et harcèlements sexuels) pour 1 000 habitants est de 0, 7 dans l’Hexagone, il est 1,3 en Guyane. Concernant la situation des mineurs, il est temps de se dire les choses sans se dérober et de mettre en place des process dans un partenariat de synergies tant les défis à relever sont immenses. Je serais avec mon barreau ambitieux car la jeunesse de ce territoire mérite que l’on se batte pour elle ».

Bernard DORDONNE

Les avocats ont manifesté lors de l'audience de rentrée de la cour d'appel pour montrer leur désaccord avec la réforme de retraite. - BERNARD DORDONNE
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