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PERSONNAGES DE MYTHES ET LÉGENDES (6/6)

Ladiablès aux sabots, l'irrésistible séductrice

Thomas FETROT Samedi 24 août 2013
Ladiablès aux sabots, l'irrésistible séductrice

Ils sont fascinants, surnaturels, parfois terrifiants ou, pire, diaboliques. Mais tous sont des personnages légendaires qui peuplent les contes ou les croyances populaires. Aujourd'hui, la diablesse, le démon aux sabots, qui enlève les jeunes hommes pour les emmener en forêt.

« Qu'elle est belle » , murmure avec exaltation Ti Polo. Le jeune homme est sorti de la salle dans laquelle se déroule le bal. Pour respirer un peu, s'extirper momentanément du vacarme festif, et puis surtout pour boire un verre d'alcool qu'il conserve au frais dans la glacière rangée dans le coffre de sa voiture. Seul, son verre à la main, il voit soudain apparaître une jeune femme d'une grande beauté. Avec ses belles nattes et sa longue robe, elle paraît surgir d'un rêve. Elle lui sourit, prononce quelques mots. Comme une hallucination. À tel point que, dans les oreilles de Ti Polo, ce ne sont plus les notes cadencées des instruments de l'orchestre qui résonnent, mais celles d'un tambour. Des rythmes étouffés, qui paraissent venir de très loin, mais qui ont sur le garçon un effet envoûtant.
Comme hypnotisé par la jeune femme, il se laisse entraîner à son bras. Elle l'attire dans la nuit, à l'écart de la salle de bal, en lisière de la forêt. Ti Polo s'aperçoit qu'elle éprouve des difficultés à marcher. « Sans doute à cause de sa longue robe et des talons qu'elle porte en dessous » , pense-t-il. Il empoigne délicatement la toilette et la soulève légèrement, de manière à faciliter la marche de sa divine séductrice. Là, il découvre avec stupeur que la jeune femme n'a pas de pieds, mais des sabots de cheval. « Ladiablès » , s'exclame-t-il avec effroi. Bien que sous son emprise, il tente alors de s'échapper. Mais il est trop tard. La diablesse l'agrippe et l'enlève dans la forêt...
ENLEVER ET TUER LES HOMMES
La diablesse est un des personnages centraux des contes et légendes de Guyane et des Antilles. Décrite comme étant d'une grande beauté, elle se caractérise par les pattes et les sabots de cheval qui font office de jambes. « Avant, au temps des grands-parents, ils la présentaient toujours en robe madras et, dans les bois, elle attirait les jeunes hommes aux rythmes du gwo-ka, un tambour qui les hypnotisait. Ils dansaient jusqu'à ce que leurs pas les mènent jusqu'à elle, et elle les emportait » , explique la conteuse Claudia Emboulé, dans son récit intitulé « Jo-Marion délivre la diablesse » .
Pour se libérer de son emprise, il est dans certains cas indiqué qu'il faut la faire rire. Pas simple. Surtout quand il est précisé que ladiablès n'a pas forcément pour unique but d'enlever les jeunes hommes, mais parfois aussi de les tuer.
En Guyane, on peut la rencontrer au bord d'une rivière ou d'une forêt. Mais aussi et surtout pendant le carnaval. La diablesse en est une figure historique, incontournable. Le mardi gras, bien sûr : le jour des diablès. Le mercredi des cendres, également, où « jouer » la diablesse signifie incarner la maîtresse en pleurs de Vaval, le roi du carnaval.

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