• S'abonner aux flux RSS de France-Antilles.fr
  • Partager cet article sur Facebook
  • Partager cet article sur Twitter
  • Partager cet article sur LinkedIn
  • Partager cet article sur Google +

La place des langues des Outre-mer

FXG Mercredi 24 juillet 2013
La place des langues des Outre-mer
Le créole s'affirme désormais comme une langue à part entière (photo d'archives)

Le Comité consultatif pour la promotion des langues régionales et de la pluralité linguistique interne, installé par Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la Communication, le 6 mars, a rendu, le 15 juillet, les conclusions de ses travaux sur les langues régionales.

Le comité, présidé par le conseiller d'État, Rémi Caron, a étudié la situation de toutes les langues régionales et non territoriales de France, celles parlées dans l'Hexagone et dans les Outremer, celles transfrontalières, celles solidement implantées et celles en situation de précarité. Premier constat d'importance, dans les régions créolophones, on enseigne encore le créole comme une langue étrangère.
La France a un problème avec ses langues régionales, et si la Constitution en admet le principe depuis la réforme de 2008, « le président de la République et le Premier ministre ont estimé qu'il n'était pas possible d'introduire dans notre Constitution une disposition permettant de ratifier la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires, sans introduire de contradiction majeure avec la Constitution » , rappelait la ministre de la Culture, à l'Assemblée nationale, le 23 avril dernier. Elle a cependant « réaffirmé la volonté du Gouvernement de mettre en oeuvre les dispositions de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires, jugées constitutionnelles, en 1999 » .
POUR UN BILINGUISME ÉQUILIBRÉ
Outre-mer, le français est la seconde langue maternelle, soit une langue seconde partiellement pratiquée en complément de la langue maternelle. Dans les DOM, le créole, longtemps auto dévalorisé, s'affirme désormais comme une langue à part entière, dans les médias, dans la littérature, et également dans les chansons et les spectacles. Dans les médias, un effort particulier a été fait : les chaînes en langue créole sont des chaînes de plein exercice et non des décrochages. Elles diffusent en créole des journaux d'information, des émissions et des débats, de manière plus marquée dans les Antilles ou à La Réunion. L'attention du Comité a toutefois été appelée sur la pérennité de ce type d'émissions en Guyane. Le créole est aussi présent sur la Toile, notamment à travers l'encyclopédie en ligne Wikipédia, qui atteste le dynamisme de communautés de contributeurs. « Toutefois, si le créole demeure très vivant, des signes de régression sont observés tant en Guadeloupe qu'en Martinique » , avertit le rapport.
« Chaque enfant doit pouvoir apprendre à lire et à écrire dans sa langue maternelle » , déclarait le professeur Bentolila, lors du colloque « Enseigner l'Outre-mer, enseigner en Outre-mer » , organisé à l'Université de Paris V, le 17 mai 2011. Il ajoutait : « Vous n'apprendrez pas à lire à un enfant dans une langue qu'il ne parle pas » . Plutôt qu'un strict bilinguisme paritaire, il conviendrait d'assurer un accueil dans la langue d'origine lors de l'entrée dans la scolarité, et de pratiquer un bilinguisme évolutif où le français serait progressivement intégré au cours des premières années de la scolarité. L'objectif est de parvenir à un bilinguisme équilibré à la fin de l'enseignement primaire.
FXG, à Paris
- Le créole à l'école
L'enseignement des langues régionales a concerné sur l'année scolaire 2011- 2012, 272 000 élèves. Il se concentre sur certaines langues : l'alsacien pour 73 000 élèves, puis l'occitan (62 000), le breton (35 000), le corse (34 000), le créole (17 000), le basque (14 000), le catalan (13 000), et le tahitien (13 000). La hausse globale, tous cycles confondus, s'établit à + 24% par rapport à l'année scolaire 2009-2010, dont une forte progression des enseignements dans les langues régionales ultramarines, qui représentent près des deux tiers de cette croissance. Le français est encore souvent enseigné aux jeunes ultramarins, comme s'il était leur seule langue, en ne tenant pas suffisamment compte de leur situation linguistique. Si le créole a bien été introduit à la maternelle et dans le primaire, il le reste dans des conditions très limitées et plutôt sous la forme d'une langue étrangère. De surcroît, il n'y a que peu d'enseignements de l'histoire ou de la culture locales. Certains observateurs relient à cette insuffisante prise en compte du créole à l'école, le taux d'illettrisme, deux ou trois fois supérieur à celui constaté dans l'Hexagone.
Dans le secondaire, le créole, loin d'être considéré comme la langue maternelle de la quasi-totalité de la population, est placé sur le même niveau et en compétition avec des langues étrangères. Dans l'enseignement supérieur et dans la recherche, la continuité des dispositifs de formation des professeurs et de préparation au Capes apparaît également fragile.
Dans les régions non créolophones, notamment dans les régions habitées par des groupes de locuteurs de langues plus rares, en Guyane, ou en Nouvelle-Calédonie, la situation apparaît encore plus préoccupante, faute d'enseignants formés pour l'accueil des enfants dans leur langue.
FXG, à Paris
Si le créole a bien été introduit à la maternelle et dans le primaire, il le reste dans des conditions très limitées et plutôt sous la forme d'une langue étrangère (photo d'archives)

Pour transmettre un commentaire, merci de vous identifier (ou de vous inscrire en 2min)

Mot de passe oublié?
Inscription express
7 commentaires

Vos commentaires

Tika973 25.07.2013
Logique

De toutes façons , y'a pas de débat à avoir sur quelles langues il faut apprendre à priorité ! Le Français c'est la langue du territoire , de l'administration , de l'éducation nationale ! C'est la langue du Pays , après les autres langues régionales ( créoles , catalans , bretons) ou que sais-je ... ça vient en second voir même après l'Anglais ! Ceux qui veulent pas apprendre le Français , sont pas obligés de vivre en Guyane !!! Ils ont qu'a restez chez eux... Mais bon j'oublie "Les Prestations sociales sont trop généreuses...." Les étrangers crachent souvent sur la France , mais dès qu'il s'agit d'aides sociales , subitement ils deviennent tous "Droits de L'hommistes" et "Français" !

Répondre Signaler au modérateur
radical 25.07.2013

de toute façon pour toucher la CAF, permis de conduire et autres il faut faire l'effort de remplir les documents en français et parler en français ( logiquement pour s'en sortir dans un département français il faut comprendre la langue un petit peu)

Répondre Signaler au modérateur
cricri973 25.07.2013
ès RFO ké vini Guyane Première ?

Nous avions en Guyane, il y a quelques années sur RFO un journal de la mi journée en créole. Je me souviens d'une excellente journaliste, Clothilde Séraphin qui animait avec qualité, ce journal. Il a disparu ! Mais les émissions "patate" sont toujours là... Nous avons à Cayenne, l'auteur de la traduction du Petit Prince en créole guyanais, Madame Aude Désiré... RFO, pourrait devenir Guyane Première avec des émissions en créole guyanais.TiPrins-a, Aprann palé kréyòl...avec des intervenants de qualité.

Répondre Signaler au modérateur
Ubu 25.07.2013

Plutôt que d'apprendre aux enfants à devenir des chômeurs parlant parfaitement le catalan ou le créole, on ferait mieux de leur apprendre à parler et à écrire parfaitement en Français, ce qui les aiderait surement plus à poursuivre des études supérieures, n'en déplaisent aux professeurs de ses patois qui défendent leur chapelle.
Et si certains DOM trouvent inacceptables que la langue de la France soit le français, alors la porte de l'indépendance leur est grande ouverte (merci de bien vouloir laisser les clés de la CAF en partant).

Répondre Signaler au modérateur
laurent 25.07.2013
pas que le créole

La langue maternelle à l'école, en réalité en Guyane, finalement, cela concerne peut le créole... Les enfants parlant créole sont déjà bilingues! En revanche, rien dans votre article concernant les autres langues de Guyane: les langues marronnes et amérindiennes. Pourtant, là les besoins sont grands d'un enseignement en langue maternelle!

Répondre Signaler au modérateur
Tika973 25.07.2013
Il n'y a pas pire...

Il n'y as pas mieux pour diviser un peuple , que de lui faire parler 10.000 Langues ! Dans ce contexte de mondialisation , le Français et l'Anglais sont pour moi les deux langues prioritaires à savoir parler pour les jeunes Guyanais... Déjà que beaucoup ne parlent même pas un mot de Français , alors si il faut ajouter le créole. On ne va pas s'en sortir. Attention , je ne suis pas anti-créole , bien au contraire. Mais ce devrait être une langue que l'on apprends "en option"... On parle le créole ou ?! En Famille , entre Amis , pour s'exprimer artistiquement... Mais aprés , c'est pas le créole qui va me faire m'insérez dans cette société mondialisé , mais l'Anglais et Le Français..

Répondre Signaler au modérateur
aucun 24.07.2013
l'unité Nationale est morte

c'est vraiment gentil, mais totalement irréaliste ! il n'y a même pas assez d'enseignants ni de classes "de bases", alors si il faut commencer à faire du cas par cas, mais c'est n'importe quoi. effectivement en Guyane les enfants sont souvent non francophones, et dans certains quartier c'est carrément la norme (avec 4 francophones sur une classe de 30 élève), mais la faute à qui ? c'est pas en essayant d'officialiser les cas particuliers qu'on va arriver à une unité départementale ou nationale, au contraire, chaque jour on détruit une occasion de fédérer le peuple. autrefois il y avait le Service National, qui faisait "au moins ça" en commun à tous les hommes, mais c'est fini. aujourd'hui il pourrait y avoir la langue, mais non, même plus, chacun va parler sa langue dans son coin. ça voudra dire quoi être Français ? toucher la CAF ? super, vive la France !

Répondre Signaler au modérateur