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« La base avancée ne doit pas être un outil de propagande »

Propos recueillis par A. S.-M. Mardi 17 septembre 2013
« La base avancée ne doit pas être un outil de propagande »
Bernard Lama entouré de représentants de plusieurs délégations lors des Jeux de la Francophonie (DR)

Quelques jours avant le prochain conseil d'administration de la base avancée, qui se tiendra vendredi à Matoury, Bernard Lama sort de sa réserve. Il déplore un manque d'investissement autour du projet et réclame une prise de conscience de l'ensemble de la Guyane.

À moins d'un an de la Coupe du monde, que pensez-vous de l'avancement du projet de base avancée ?
Je pense que c'est le moment de mettre un peu de pression. La Coupe du monde, c'est demain, il faut qu'on se bouge un peu, on a des choses à préparer.
Vous voulez dire que le GIP n'est pas assez actif ?
Non, c'est plus compliqué que cela. Le GIP a des objectifs et il faut les remplir. Il faut qu'on se mette en mode Coupe du monde, qu'il y ait une ligne directrice. La Coupe du monde est dans huit mois et, à part les équipements, il n'y a pas de dynamique populaire. La population est exclue, ce n'est pas normal. Par exemple, il nous faut des bénévoles, c'est maintenant qu'il faut s'occuper de cela. Réveillons-nous!
Vous dîtes : « Réveillons-nous » . Qui est ce « nous » ?
C'est la Guyane de manière générale. Le GIP donne une dynamique, mais c'est la Guyane qui va recevoir. Il faut communiquer plus pour mobiliser la population et surtout communiquer efficacement. Il faut investir tout le monde pour que le pays soit propre et accueillant. Et puis je pense qu'il faut expliquer mieux le concept de base avancée.
Justement, la population a du mal à comprendre ce concept...
C'est normal car on ne leur explique pas, on fait uniquement de la communication institutionnelle. Les gens ne voient pas les réalisations alors qu'il y a de nombreux équipements déjà réalisés.
Concrètement, qu'est-ce qui ne fonctionne pas ?
Je pense qu'il y a un volet que nous avons négligé. En Guyane, on sait organiser et accueillir du monde, mais c'est de mettre en place une dynamique collective qui pose problème. Chez nous, on ne sait pas ce que c'est que l'économie du sport, c'est quelque chose à développer. Arrêtons aussi d'envoyer nos jeunes sportifs se former en France ou ailleurs. On a le talent, de bons éducateurs, des athlètes retraités comme Lucie Decosse. Il faut la faire revenir en la valorisant, en lui donnant des moyens. La base avancée doit faire prendre conscience de tout cela.
Vous semblez attendre une réaction rapide, mais qui doit surtout réagir ?
Tout le monde! Des investissements ont été faits dans certaines communes qui ne font aucun effort pour l'entretien. Par exemple, on a une piste d'athlétisme toute neuve, unique au monde (au stade Edmard-Lama de Rémire-Montjoly, ndlr), mais on n'a même pas acheté la machine pour nettoyer cette piste, c'est hallucinant. Donc on a un stade qui doit être agrandi, mais avec une piste pas entretenue et un terrain de foot en mauvais état, alors que c'est la première chose que regardent les entraîneurs.
Pour attirer les sélections, ne manque-t-il pas de grande compétition en Guyane ?
Si, il serait temps de mettre en place un meeting international. Il y a trente ans, on avait les Jeux de Guyane avec des champions olympiques qui venaient s'entraîner. Il faut des équipements, on les aura. Mais il faudra travailler pour avoir des grandes compétitions internationales après le Mondial et les JO. Il faut aussi se demander, par exemple, ce qu'il en est du programme de l'Ifas (l'Institut régional de formation et d'accès au sport de haut niveau, dont la première pierre a été posée en février 2012, ndlr).
Vous êtes à Nice où vous avez fait du lobbying pour la base avancée lors des Jeux de la Francophonie. Dimanche, la Région y a réalisé sa propre présentation du projet quelques jours à peine après celle du GIP. Y a-t-il un manque de concertation ?
Non, je ne suis pas sûr qu'il y ait un manque de concertation, il faut juste savoir ce que l'on veut. Certains communiquent surtout sur les infrastructures réalisées pour en tirer bénéfice. Je me pose des questions quant aux intérêts des uns et des autres et je me demande si on joue tous dans le même camp. La base avancée ne doit pas être un outil de propagande. On a l'impression que tout ce qui intéresse certains, c'est de faire des équipements et d'en tirer leur propagande.
Ne craignez-vous pas que le GIP, pour des questions de timing, mise finalement plus sur les JO au détriment du Mondial ?
Non, j'ai surtout la crainte qu'on passe au travers. La fin des qualifications, c'est le mois prochain. C'est maintenant que les fédérations repèrent les lieux de stage donc c'est maintenant qu'il nous faut des moyens pour aller chercher les décideurs.
Vous gardez bon espoir tout de même ?
Oui, parce que je connais du monde et que je vais activer mes réseaux. Mon problème, c'est que je ne peux pas toujours répondre aux questions comme celle de la prise en charge des sportifs. Je suis embêté aussi quand on me pose des questions sur la qualité du terrain. J'ai rencontré Alain Giresse (sélectionneur du Sénégal, ndlr). Je dois me rendre au Sénégal en novembre pour faire le point, mais ça va être chaud pour eux car ils jouent la Côte d'Ivoire en barrage. Mais l'entraîneur de Côte d'Ivoire est un pote... Ce qui est sûr, c'est qu'il faut qu'une équipe vienne chez nous, cela nous placera sur la carte mondiale.
- Un séjour très bénéfique
Présente à Nice la semaine dernière pour les Jeux de la Francophonie, une délégation du GIP base avancée a profité de l'événement pour faire la promotion du projet. De nombreuses rencontres ont été organisées avec des entraîneurs nationaux et des responsables de fédération.
La francophonie a été un argument mis en avant par le GIP, la Guyane étant la seule terre francophone en Amérique du Sud. Plusieurs délégations africaines se sont montrées intéressées, mais aussi européennes et asiatiques, ainsi que le Canada. L'objectif est à présent de concrétiser ces contacts avec la venue en Guyane de représentants de ces délégations pour des visites exploratoires.
Par ailleurs, une convention a été signée à Nice entre la GIP base avancée et la Conféjes (Conférence des ministres de la jeunesse et des sports de la Francophonie). Selon cette convention, la Conféjes s'engage entre autres à promouvoir le projet de base avancée au sein de ses pays membres.
À noter que Françis Luyce sera présent chez nous les 7 et 8 octobre. Président de la fédération française de natation, il est aussi chef de mission de la délégation française pour les JO de Rio 2016.

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2 commentaires

Vos commentaires

monchou 23.09.2013
gestion vous avez dit gestion?

c'est sûr, pour ne pas être gestionnaire, je suis d'accord avec vous: il ne l'est vraiment pas!!!! Et c'est pas moi qui le dit....Courage B.L. Le connaisseur, c'est toi!

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skol973 19.09.2013

La seule chose que je souhaite, c'est que nous unissons pour avoir une bonne image de notre beau pays. Nous avons un Pdt de Région qui n'est pas un gestionnaire comme celui qui est resté durant 18 ans à faire des économies pour l'état colonial et qui a été récompensé par le ministre des colonies.

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