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REPORTAGE (2/2)

Désormais, les soldats s'adaptent aux garimpeiros

Sébastien ROSELÉ / S. R. Lundi 22 juillet 2013
Désormais, les soldats s'adaptent aux garimpeiros
Le poste avancé des militaires basés à Eau-Claire (SR)

Le site d'orpaillage clandestin d'Eau-Claire s'est fait connaître quand les garimpeiros ont été frappés par une mystérieuse épidémie, en mars. Les militaires, présents sur place depuis le 21 juin, s'adaptent constamment aux clandestins (1) .

Longtemps les garimpeiros se sont adaptés aux militaires. Désormais, c'est l'inverse. Un exemple ? La nuit, les militaires marchaient avec des lampes frontales qui produisaient une lumière rouge. C'était censé être plus discret. Mais... « Il n'y a que les militaires qui marchent de nuit avec des lumières rouges. » Du coup, les garimpeiros savaient quand ils arrivaient. Maintenant, c'est donc terminé. Les soldats font comme les garimpeiros, ils éclairent leurs pas avec des torches électriques très puissantes (les fameuses « MagLite » ). Un officier confirme cette nouvelle façon de faire. « On s'adapte, on fait la même chose qu'eux. »
Un autre exemple ? Les patrouilles nocturnes, justement. Il était rare jusqu'ici que des missions pédestres se fassent intégralement de nuit. À part la police aux frontières, personne ne faisait ça. À Eau-Claire, désormais, c'est le cas. Les marches se font de 23 heures à 7 heures. « On a changé notre méthode d'action » , confirme un lieutenant. Et ça a été payant. « La première nuit qu'on a fait ça, on a trouvé 200 grammes d'or sur un gars. » Le général Bernard Metz est satisfait de la mission menée par les militaires à Eau-Claire depuis le 21 juin. Il laisse carte blanche au lieutenant sur place. Peu importe la façon dont le travail est fait. « Il n'y a pas d'obligation de moyens, conclut le général, mais une obligation de résultats. »
(1) Lire le premier volet du reportage paru ce week-end.
(2) Du nom de cet impôt médiéval que l'Église catholique prélevait en Europe. Il représentait 10% des revenus agricole.
- REPÈRES
- Quelques tarifs pratiqués à Eau-Claire
(en grammes d'or)
Un Coca : 0, 5 g
Une bouteille de bière : 1 g
Une paire de bottes d'occasion : 5 g
Une paire de bottes neuves : 10 g
Téléphone portable Blackberry : 60 g
Un aller-retour en quad entre le site et le dégrad le plus proche : 60 g
Valeur du gramme d'or en forêt : 17 à 22 euros contre 41 euros sur les marchés financiers
- « Les Assemblées de Dieu à la manoeuvre »
« L'Église évangéliste de l'Amapa bénéficie énormément de l'or de Guyane. » Sous couvert d'anonymat, un militaire lâche cette phrase. Une vraie bombe. Il explique ce qu'il se passe sur les sites d'orpaillage clandestin. Des pasteurs venus du Brésil célèbrent des offices. En échange, ils réclament 10% de ce que gagnent les garimpeiros. « Les Assemblées de Dieu sont à la manoeuvre et recrutent au Brésil des pasteurs pour des missions de trois semaines. » Ceux-ci partent de Vila Brasil ou d'Albina 2. L'or qu'ils réclament est considéré comme une « dîme » (2). Concrètement, c'est lors de la quête, pendant l'office, que l'impôt est ramassé. « Il s'agit d'un prélèvement substantiel. » Les pasteurs circulent de site en site avec beaucoup d'or sur eux qu'ils vont ensuite déposer dans les comptoirs d'or au Brésil. Le problème c'est qu'ils sont très prudents. « Ils prennent beaucoup de précautions et on n'arrive pas à les coincer. » Et le militaire de conclure : « Ils viennent faire de la prédation sur un système. »
- Infirmière militaire en forêt
Elle a un joli minois, des lunettes rafistolées avec de l'adhésif et les cheveux blonds comme les blés. Voici la jeune sergent Julie Pilarczyk - elle n'a que 23 ans -, une infirmière qui appartient au 54e Régiment d'artillerie basé à Hyères (dans le Var). Elle nous accueille sous le carbet qui fait office de petit poste santé. Elle est arrivée le 14 mai en Guyane et le 21 juin à Eau-Claire. « Je suis contente d'être ici, dit-elle dans un large sourire. J'étais volontaire. » Elle est la seule femme dans le poste opérationnel. Seule parmi les 22 soldats et 4 gendarmes. « Ici, mon travail est de soigner les petits bobos et de faire gaffe à l'hygiène. » Mycoses des pieds et « petites plaies qui s'infectent vite parce qu'on est dans la forêt » , tel est son quotidien. Du coup, une part très importante de sa mission ici consiste à faire de la prévention. « On fait des rappels quotidiens. »
Quand on visite le camp d'Eau-Claire, on constate que chaque soldat prend son petit cachet contre le paludisme. Pour lutter contre la maladie, l'infirmière militaire aidée de ses collègues « jette une poudre dans les gîtes larvaires » autrement dit dans les plans d'eau où pullulent les moustiques qui transmettent le virus.
Depuis le 21 juin, elle n'a constaté « aucune morsure de serpent. On ne rencontre pas beaucoup de bestioles » , assure-t-elle. Un seul militaire a dû être évacué d'urgence par hélico. « Il avait une grosse fièvre. On ne sait pas encore à quoi c'était dû. » Un autre militaire a fait un « choc anaphylactique (une réaction allergique violente) à cause de deux à trois piqûres de mouches à feu » . Finalement, les vrais problèmes en forêt, ce sont les insectes. Avec le paludisme, la leishmaniose est la principale préoccupation des militaires qui interviennent en forêt. Cette maladie, causée par la piqûre d'une toute petite mouche nocturne appelée phlébotome, se manifeste par une plaie purulente qui évolue très lentement et laisse une cicatrice disgracieuse. « On va entrer dans la période la plus propice de cette maladie » , explique Julie Pilarczyk.
Julie Pilarczyk, 23 ans, est infirmière militaire à Eau-Claire (SR)

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Vos commentaires

Guyane tous ensemble 22.07.2013
Lutte contre l'orpaillage illégal

Pour rejoindre la cause, 2 liens (à copier coller dans votre barre de navigation si ceux-ci sont inactifs)
Pétition : http://www.avaaz.org/fr/petition/La_fin_de_lorpaillage_clandestin_en_Guyane/?copy
Page Facebook :
https://www.facebook.com/pages/Pour-que-la-classe-politique-sengage-contre-lorpaillage-ill%C3%A9gal-en-Guyane/329439427189201

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