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JUSTICE

Des criminels très recherchés au Suriname vivraient ici

Sébastien ROSELÉ Vendredi 26 juillet 2013
Des criminels très recherchés au Suriname vivraient ici
(photo d'archives)

La police surinamaise, la KPS, a lancé un avis de recherche au début du mois. Sur les dix criminels les plus recherchés, plus de la moitié serait en Guyane.

On se croirait dans un western. La Korps Politie Suriname, la KPS ou police du Suriname, a lancé un avis de recherche sur son site internet. L'information a été reprise par les médias surinamais. On y voit la photo des personnes « les plus recherchées » du pays. Dix au total. Et sur les dix, plus de la moitié a été « signalée à la Charbonnière, à Saint-Laurent, en Guyane française » , explique la KPS dans son communiqué. Selon un site internet francophone qui publie les photos des bandits avec les faits qui leur sont reprochés, ce sont sept criminels qui auraient élu domicile en Guyane (1).
Une source basée au Suriname explique que « le top 10 des individus les plus recherchés ?[...] a été transmis à la gendarmerie de Guyane » . Notre interlocuteur juge l'information « fortement probable » d'autant qu'il est « très facile de traverser le Maroni » .
Le problème, c'est que de ce côté-ci du Maroni, personne n'a été officiellement averti. Le procureur général Raymond Morey déclare n'avoir reçu « aucun élément » . Même discours chez le procureur de la République, Ivan Auriel : « Je ne suis pas au courant. Je n'ai pas reçu de demande de la justice surinamaise. »
En fait, explique un enquêteur, on ne peut pas arrêter des personnes comme ça et les remettre aux autorités étrangères. « Il y a des modalités bien spécifiques. Il faut lancer un mandat d'arrêt. Ensuite il faut le diffuser via Interpol [...]. Ça n'a jamais été fait. Pour qu'on arrête un Surinamais, il faut un cadre légal. » Mais il n'y a pas que le cadre légal dans cette affaire. Car comme le rappelle un expert des questions de justice, « en France, on n'extrade pas si le suspect risque la peine de mort ou si l'infraction qui lui est reprochée dans le pays concerné n'existe pas en droit français » . Or, la peine de mort existe au Suriname, même si elle n'est plus appliquée depuis 1982. Un autre interlocuteur explique que les deux pays peuvent s'entendre pour que la peine capitale ne soit pas appliquée comme condition préalable à l'extradition.
Un dernier contact, pragmatique, confirme être au courant de cette liste de criminels. « On ne sait pas où ils sont, sinon, on les aurait interpellés. On essaie de les localiser. On ne dispose d'aucune information. » Si les deux justices, française et surinamaise, communiquent peu, les relations entre la KPS et les polices françaises, elles, sont excellentes. « Nous travaillons en étroite collaboration » , confirme un policier.
(1) http ://dev.fransinsuriname.com/actualites-de-la-guyane/criminalite-7-du-top-10-sont-en-guyane
- Un braquage imputé à un des Surinamais recherchés
Il était entre 12 h 30 et 13 h, samedi, dans le quartier de la Charbonnière à Saint-Laurent. Une pirogue, avec quatre hommes à bord, débarque du Suriname. Les individus investissent un agent de change clandestin. Les bandits sont armés. Un coup de feu est tiré en direction du sol. Une personne est blessée. Les malfrats s'emparent de la chaîne en or et du porte-feuille d'un des clients et repartent comme ils sont venus. Ils se seraient réfugiés sur un des îlets du Maroni, côté Suriname. Peut-être sur un bout de terre appelé Patabloki. Parmi les quatre voleurs, il y aurait un certain Soké. Cet homme fait partie de la liste des criminels les plus recherchés du Suriname et selon la police locale, il vivrait chez nous.
S. R.

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