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Des clips guyanais tendance!

Albert ALEXIS Samedi 24 août 2013
Des clips guyanais tendance!
Nikko lors du tournage de son clip « A Yana ka bay » (DR)

La production de clips vidéo explose dans le département. Elle illustre l'omniprésence de la société de l'image, tout autant que la démocratisation des équipements numériques qui permettent de produire moins cher.

Kensay, à 24 ans, est à la tête de Madras Production. Après avoir été séduit par une option audiovisuelle au lycée, il multiplie les vidéos d'artistes en prestation qu'il poste ensuite sur la toile. Depuis, il ne s'est plus arrêté. « La première à m'avoir demandé si je pouvais réaliser un clip, c'était Ms la déesse » , se souvient le jeune réalisateur. Les artistes ont intégré que faire une vidéo pour promouvoir une chanson est devenu essentiel. « Aujourd'hui, il faut presque un clip par single » , ironise Nikko. « La communication devient très importante, on soigne le packaging, ce n'est pas que dans la musique, c'est vrai pour d'autres industries ou encore la politique » , analyse l'artiste qui vient de sortir un clip pour son hit « A Yana ka bay » .
UN CLIP, C'EST AUSSI UNE ÉCRITURE
Patrick Lopes est en charge des DOM au sein de la télévision Trace Urban, il est bien placé pour observer l'explosion de la production avec près de 50 propositions de clips reçues par semaine. Pour les trier, plusieurs facteurs techniques sont observés. Cependant, internet compte plus que jamais. C'est « l'effet buzz, twitter et la télévision se complètent, c'est la viralité sur le Net qui fait aujourd'hui la différence » . Pour Creeks Mix, DJ et aujourd'hui à la tête de son label Block'op, « beaucoup écoutent moins la radio, ils sont branchés sur You Tube, il leur faut des images! »
On peut faire un clip à partir de 1000 euros, mais certains tentent de le faire eux-même. Si un bon appareil photo de type réflexe numérique permet aujourd'hui de filmer, ce n'est pas tout, insiste Karl Lerus, jeune réalisateur qui a pris le temps de se former au montage en école. « Il y a la caméra, mais aussi l'éclairage, le maquillage, il faut gérer une petite équipe » , explique-t-il. Pour baisser les coûts, les réalisateurs indépendants deviennent multitâches. Pour Kensay, dont le clip du tube « Bubblin » de Jahyanaï King, mis en ligne en fin d'année dernière, dépasse les 400 000 vues sur You Tube, c'est au professionnel de se distinguer. « Réaliser un clip n'est pas qu'une question technique, il faut aussi une écriture, ce n'est pas donné à tout le monde. »
UNE VIDÉO QUI BOOSTE LA CHANSON
Une vision partagée par l'artiste Maldone M'Say, qui voit le clip comme le prolongement de sa démarche artistique. « Quand je pose en pleine nature, c'est une manière de montrer qu'on n'a pas besoin de grand-chose pour s'amuser, je mets en garde contre la surconsommation » , précise-t-il pour illustrer son propos.
Une chose est sûre : si la musique reste la base d'un tube, le clip peut produire des effets inespérés pour Creeks Mix : « Il arrive qu'un clip booste vraiment une chanson et in fine la carrière d'un artiste. »
- Ceci n'est pas un clip
Pour son dernier clip, l'artiste Ruthy a fait appel au photographe Mirtho Linguet. Ce n'est pas son premier travail sur un projet filmé, mais il occupait pour la première fois la direction de l'ensemble en tant que réalisateur. Fidèle à son univers décalé, Mirtho Linguet a trouvé avec ce titre de Ruthy, « Lanmou la tchô » , un espace de liberté.
La chanson évoque une relation amoureuse ambiguë, faite de sentiments mêlés, paradoxaux, d'où l'idée pour le réalisateur de proposer une plongée dans un univers imaginaire, troublant. On passe ainsi d'une texture à une autre, un jeu de personnages et de contextes défile, de la figure du séducteur à l'amant éconduit à la face de gorille, en passant par un étrange danseur au masque de maraké. « J'ai souhaité montrer un regard. Je m'inspire notamment de la littérature sud-américaine. Alejo Carpentier a défini le réel merveilleux, je m'attache dans cette approche aux éléments qui peuvent paraître anodins et je m'efforce de les sublimer. »
Le clip de Ruthy « Lanmou La Tchô » . Dans cette scène, Mirtho Linguet s'inspire du travail de l'artiste Maurizio Catellan (ML)
Le clip dénote dans le paysage audiovisuel, assumant une approche artistique sans se limiter aux formats, c'est-à-dire à des images plus ou moins attendues. « Je ne me suis jamais posé ce genre de questions, explique Mirtho Linguet. Je veux juste faire autre chose, je m'inscris dans l'art contemporain. » Le photographe, qui admet puiser autant à l'intérieur de notre background culturel qu'au sein des courants extérieurs, cite notamment Maurizio Cattelan et ses installations loufoques. Le risque dans une telle approche artistique du clip, c'est de ne pas rencontrer le public, mais il est vrai que le titre dont il est question ne ressemble pas à un tube de vacances, plutôt le genre de morceau qui s'installe dans le paysage doucement au rythme d'une écoute prolongée.
A. A.

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