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Collège Grand Man Difou : retour en classe

Albert ALEXIS Jeudi 26 septembre 2013
Collège Grand Man Difou : retour en classe
Les parents d'élèves mobilisés ont accueilli favorablement les engagements du recteur, ouvrant à la reprise des cours (AA)

Après la réunion entre les parents et le recteur hier matin, la situation au collège Grand Man Difou se débloque. Tous les postes seront pourvus et les cours reprennent aujourd'hui.

Étrange atmosphère, celle d'un collège en plein mois de septembre qui sonne inlassablement les heures dans le vide. Une seule salle de classe est occupée, celle où se tient la réunion de sortie de crise entre le recteur, Denis Rolland, et les parents du collège Grand Man Difou à Maripasoula. Au bout de trois heures d'échanges, les deux parties sont tombées sur un accord marquant la fin d'un peu moins de trois semaines de mobilisation et une semaine de blocage de l'établissement. Les parents d'élèves, excédés, ne voulaient plus de promesses mais bien des professeurs sur place, qu'ils puissent presque les toucher pour y croire. Ils n'ont pas obtenu ce qui s'avérait de toute façon très compliqué pour les services du rectorat. Le recteur « est venu avec des professeurs dans son bagage » , ironise Assabal Peter Maïs, l'un des porte-parole.
Des professeurs, il en manquerait cependant encore quatre qui doivent arriver avant le 1er octobre, c'est l'engagement écrit qu'a pris Denis Rolland, permettant de débloquer cette situation. Le recteur a salué l'esprit constructif de la réunion et a rappelé que les tensions sur les affectations ont été plus fortes cette année, du fait notamment de la politique de titularisation qui a privé l'académie d'un coup de près de 130 contractuels. Un mal pour un bien, estime le recteur en substance.
« LA FIN DE LA BATAILLE, PAS DE LA GUERRE »
Autre engagement pris par le recteur et son équipe, le maintien des professeurs non permanents le temps nécessaire. Pour pallier l'urgence, l'administration a en effet diligenté des professeurs de la brigade de remplacement. Ils sont issus du premier degré, mais « leurs diplômes leur permettent de prendre en charge des élèves du secondaire » , affirme le principal Xavier Barbin. Prévus jusqu'au début du mois d'octobre, ces trois professeurs seront maintenus tant que les professeurs à l'année ne seront pas concrètement en poste, ce que le rectorat espère avant la Toussaint.
Il y avait de la joie sur le visage des parents, pas mécontents que leurs enfants puissent reprendre le chemin de l'établissement dès aujourd'hui. La lassitude commençait à poindre chez certains parents comme certains professeurs, pressés d'écourter ces trop longues journées d'attente sous les manguiers de la cour d'une maison située en face du collège. C'est d'ailleurs là, sous l'arbre à palabres de ce mouvement de protestation, que l'annonce de la fin du blocage a été faite aux parents. « La fin de la bataille, mais pas de la guerre » , assure l'un d'eux.
Denis Rolland devrait revenir au collège dans quelque temps, après la Toussaint, pour observer le fonctionnement de l'établissement dont plusieurs aspects ont fait l'objet de critiques de la part du corps professoral, notamment sur les conditions de travail.
Il faut réussir l'intégration des professeurs
« Nulle part ailleurs vous trouverez des gens aussi accueillants qu'à Maripasoula. » C'est Fofi qui le dit, l'un des leaders du mouvement de protestation des parents. Il fait bien de le dire, car la question du bien-être des professeurs dans la commune est arrivée au coeur des débats. Comment faire en somme pour limiter le turn-over et inciter les futurs enseignants à faire le choix de travailler dans la commune ? Le logement est un aspect important, leur prix est parfois montré du doigt et il faut souvent se débrouiller, faute d'accompagnement. L'un des nouveaux professeurs confie ainsi être arrivé sur place avec son enfant et n'avoir trouvé qu'un studio. Impossible de se projeter dans ces conditions. Elle a fini par obtenir l'aide de collègues et trouver une petite maison mais elle n'oublie pas pour autant son émotion en arrivant à l'aéroport sans le moindre accueil.
ACCOMPAGNER POUR LES INCITER À S'INSTALLER
Mieux assurer l'accompagnement des professeurs est une nécessité pour le maire Tobi Bala, qui ne veut cependant pas qu'on lui parle de logements chers dans sa commune. « Les logements existent en nombre suffisant, on trouve des logements de type T2 ou T3 à 600 euros » , développe l'élu, qui reconnaît toutefois qu'il est difficile pour les enseignants ayant une famille sur le littoral de devoir gérer la dépense pour deux logements.
Pour Oulpia, depuis maintenant six ans professeur à Maripasoula, le plus important est se préparer à vivre autrement. « Il faut aimer le calme, comprendre le mode de vie, et donc prendre le temps d'aller vers les gens, sinon on risque de s'ennuyer » , explique-t-elle.
Des primes existent mais paradoxalement elles nourrissent des frustrations. Il y en a une pour le travail en site isolé, mais elle est de moins de 100 euros par mois, « même pas de quoi couvrir un billet d'avion » , clame un enseignant qui explique que certains rentrent chaque week-end voir les familles. Que dire de la prime d'installation, équivalent à 16 mois de salaire ? Elle est réservée aux personnels arrivant d'une autre académie, la cohésion en prend un coup. Pour Emmanuelle Octavie, du syndicat SE-Unsa, « il faut faire en sorte de fidéliser les professeurs, développer l'accompagnement pour les inciter à s'installer » .
L'une des solutions à long terme tient dans la capacité à former des locaux, plaide le recteur : « Il faut recruter des professeurs guyanais, ce qui implique de développer l'université. »

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