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assises

Affaire Leboulanger : déjà des rebondissements

Mercredi 12 Juin 2019 - 03h25
Affaire Leboulanger :  déjà des rebondissements
La scène du crime, le 31 mars 2015 / photo d'archives - Bernard Dordonne

La cour d’assises examine depuis hier l’affaire du meurtre d’Anne-Marie Leboulanger, l’épouse du directeur du centre commercial Carrefour, tuée le 31 mars 2015 chez elle, aux Âmes-Claires, à Rémire-Montjoly. Il est aussi poursuivi pour une tentative de vol avec violence sur Martine Blanchet, ancienne institutrice.

Dans cette affaire, l’accusé Darwin Asprilla, originaire de Colombie, 18 ans au moment des faits, sera jugé sur trois jours pour deux chefs de mise en accusation. D’une part, pour vol avec violences ayant entraîné la mort, à Rémire-Montjoly, d’Anne-Marie Broudic, épouse Leboulanger, et d’autre part pour tentative de vol avec violence, commis le même jour, toujours à Rémire-Montjoly, sur la personne de Martine Blanchet, une institutrice, qui depuis a fait valoir ses droits à la retraite.

Hier, la première journée d’audience a débuté par l’audition du directeur d’enquête dans l’affaire de Martine Blanchet. Le major Pascal Magnier avait pour mission de faire le lien entre cette affaire et celle d’Anne-Marie Leboulanger. Le gendarme a indiqué que les faits s’étaient déroulés au domicile de la victime, rue Sylvestre-Lixef. Il a poursuivi en expliquant que la victime a entendu un bruit sur la porte d’entrée. Sur sa terrasse, elle a été surprise par un individu qui se trouvait dans son jardin. Ce dernier portait des gants de vaisselle de couleur rose. L’enquête a déterminé qu’il avait fait un trou dans la moustiquaire de la fenêtre de la cuisine et avait volé les gants.

« Ce n’est pas lui qui m’a agressée »

L’agresseur a demandé à la victime si son mari était présent. Il a ensuite ceinturé Martine Blanchet pour la mettre au sol en prenant soin de mettre son bras sur sa bouche pour l’empêcher de crier. La victime a néanmoins pu crier et son agresseur a lâché sa prise.  Elle a réussi à prendre la fuite à pied. Un automobiliste passait au même moment a permis d’alerter les secours. L’agresseur, de son côté, a fouillé son sac d’école en enlevant les gants qu’il a laissés sur une table. Les enquêteurs ont aussi trouvé, grâce à un témoin, une casquette à côté de la maison. Ces deux éléments ont été envoyés dans l’Hexagone pour des analyses scientifiques.

Les déclarations du témoin qui a trouvé la casquette mais aussi la distance qui sépare les deux maisons (6 km) ont été déterminantes pour fonder la certitude du directeur d’enquête quant au lien qu’il y avait avec le meurtre.

Mais, hier, la conviction du directeur d’enquête a volé en éclats avec le témoignage de Martine Blanchet. Elle a d’abord indiqué qu’elle ne comptait pas se porter partie civile. Elle a ensuite indiqué qu’elle n’approuvait pas tous les écrits de son audition allant même à accuser l’enquêteur d’avoir « brodé » en insistant sur le fait qu’il y a des choses qu’elle n’avait jamais dit.

Le coup de grâce a été donné lorsque Martine Blanchet a demandé à voir l’accusé. La réaction de la victime fut sans appel : « Ce n’est pas lui qui m’a agressée. L’individu qui m’a agressée était très noir et il avait un visage sévère. Celui que vous me montrer est plus beau. » Des confidences qui ont réjoui les trois avocats de la défense qui vont certainement s’engouffrer dans cette brèche pour tenter de faire disculper leur client au moins dans l’affaire de la tentative de vol avec violence.

Bernard DORDONNE

La baie vitrée qui donne sur la terrasse était ouverte…

Concernant l’assassinat d’Anne-Marie Leboulanger, l’audition du directeur d’enquête, le lieutenant Pascal Szymkoviak, a permis de se remémorer les faits qui se sont déroulés il y a cinq ans.  Un rappel qui a bouleversé les parties civiles dont François Leboulanger, l’époux, sa fille ainsi que sa sœur. Les larmes ont encore coulé.

L’enquêteur a indiqué que c’est le mari qui avait avisé de la découverte macabre. La victime était allongée sur le canapé du salon et présentait une blessure à la gorge.  Lorsque son mari l’a découverte, elle avait un coussin sur le visage.

François Leboulanger a déclaré que c’est l’école de son fils qui l’avait appelé pour lui dire que l’enfant était encore à l’école et que sa mère n’était pas venue le chercher. Il a appelé sa femme en vain. Il a donc récupéré son fils et en arrivant chez lui, chemin du Mont Saint-Martin, à Rémire-Montjoly, il a constaté que le voiture de sa femme n’était pas dans le garage mais que la baie vitrée qui donne sur la terrasse était ouverte. En entrant dans la maison, son fils est allé directement dans sa chambre déposer son sac. C’est en se dirigeant vers la cuisine qu’il a découvert sa femme allongée sur le canapé baignant dans une mare de sang. Il a aussitôt protégé son fils de cette horrible scène, en l’emmenant chez sa voisine.

Au début de l’enquête, les gendarmes n’ont écarté aucune piste et ont suspecté de nombreuses personnes dont le mari, mais aussi un technicien qui était venu, le jour-même, poser une alarme. Dans cette affaire, aucune empreinte n’a été découverte dans la maison. Ce sont des prélèvements ADN sur la casquette qui ont permis de confondre l’accusé Darwin Asprilla. Ce dernier était connu des services de police pour avoir déjà effectué deux séjours en prison.

Aujourd’hui, les jurés vont entendre le témoignage de François Leboulanger et vont interroger l’accusé sur les faits.

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Vos commentaires

joko973 12.06.2019

Mais ça n'a rien à voire avec les étrangers en situation irrégulière...

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