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Vingt ans de prison pour Bouterse

Lundi 2 Décembre 2019 - 03h20
 Vingt ans de prison pour Bouterse
Dési Bouterse, en juin 2015. - DR

Vendredi soir, le président surinamais a été jugé coupable des quinze meurtres de Décembre-1982 à Fort Zeelandia. Il a deux semaines pour faire appel.

Après douze ans de procès, marqués par de nombreuses suspensions, l’élection à la présidence de la République du principal accusé en 2010 puis en 2015, une loi d’amnistie, la saisine des plus hauts magistrats surinamais sur des points de procédure, Desi Bouterse a été condamné vendredi à vingt ans de prison pour les meurtres de Décembre-1982 à Fort Zeelandia.

Le tribunal a jugé que le président surinamais, arrivé au pouvoir par la force en 1980, avait supervisé l’exécution de 15 opposants en 1982, dont des avocats, des journalistes et des professeurs d’université, ont relaté les médias d’Outre-Maroni. Les partis de l’opposition ont réclamé la démission de Bouterse, qui effectuait une visite officielle en Chine au moment du verdict. Le tribunal militaire qui l’a reconnu coupable n’a pas encore ordonné son arrestation. Desi Bouterse, 74 ans, a deux semaines pour faire appel.

« Il aurait pu empêcher le massacre »

Le président surinamais, qui a annulé une visite à Cuba prévue dans la foulée de son voyage en Chine, a atterri dans la nuit de samedi à dimanche à Zanderij. Il a promis qu’« à un procès politique sera donnée une réponse politique cette semaine ». De nombreux membres de son parti NPD, avec qui il s’était entretenu depuis la Chine, et des centaines de supporteurs sont venus l’accueillir à l’aéroport international en scandant « Nous voulons Bouta, nous voulons Bouta », a relaté De Ware Tijd, l’un des principaux quotidiens surinamais.

Desi Bouterse a ensuite donné une conférence de presse à Colakreek, un espace de loisirs où les habitants de Paramaribo se rendent nombreux le week-end. Le président s’est dit surpris par la mobilisation de ses troupes, aisément reconnaissables à leur tenue violette, couleur du NPD.

Les trois magistrates, qui ont justifié la condamnation pendant plus de quatre heures, ont pu s’appuyer sur le témoignage d’un militant syndical, qui avait survécu au massacre et avait révélé la présence de Desi Bouterse à Fort Zeelandia, sans affirmer qu’il avait lui-même tué les opposants. Desi Bouterse aurait lui-même validé l’arrestation des seize opposants et aurait décidé aussi d’épargner le militant syndical Fred Derby.

Les trois magistrates se sont aussi appuyées sur des déclarations de Bouterse lui-même. Devant le juge d’instruction, il avait notamment déclaré que l’état-major de l’armée avait travaillé sur un « scénario » pour réprimer une tentative de coup d’état contre le régime qu’il avait instauré en 1980, a rappelé De Ware Tijd.

« L’accusé aurait pu empêcher le massacre. Il a montré son pouvoir en renvoyant Derby », a déclaré Cynthia Valstein-Montnor, la président de la cour martiale.

Pierre-Yves CARLIER

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