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Venezuela: crispation à son comble entre les deux camps

AFP Vendredi 25 janvier 2019

Montage réalisé le 24 janvier 2019 du président vénézuélien de l'Assemblée nationale Juan Guaido (G) et du président vénézuélien Nicolas Maduro

- Yuri CORTEZ, Federico PARRA (AFP)

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La crispation politique s'accroît d'heure en heure vendredi au Venezuela entre l'opposition menée par Juan Guaido, "président" autoproclamé du pays, et Nicolas Maduro, le président vénézuélien qui s'est vu suggérer une amnistie comme porte de sortie à la crise.

Après avoir reçu jeudi le soutien déterminant des chefs de l'armée, Nicolas Maduro devrait de nouveau dénoncer, vendredi devant la presse, un coup d'Etat en cours orchestré, selon lui, par les Etats-Unis. "Jamais je ne renoncerai", a-t-il répété jeudi.

Le procureur général, Tarek William Saab, doit lui se prononcer sur l'ordonnance émise par la Cour suprême du Venezuela, pro-régime selon l'opposition, afin d'ouvrir une enquête pénale sur le Parlement, contrôlé par l'opposition, pour avoir "usurpé" les fonctions de Nicolas Maduro.

Pour sa part, Juan Guaido, le jeune président du Parlement qui s'est autoproclamé mercredi chef de l'Etat par intérim, a déclaré à la chaîne Univision qu'il se préparait à annoncer de nouvelles mesures.

"Nous continuerons à aller de l'avant pour mettre un terme à l'usurpation du pouvoir (et établir) un gouvernement de transition et des élections libres", a-t-il dit depuis un endroit secret dans Caracas.

Juan Guaido, 35 ans, a appelé les Vénézuéliens à poursuivre leurs manifestations contre le régime, qui ont fait 26 morts en quatre jours, selon l'ONG Observatorio Venezolano de Conflictividad Social.

Selon la Haut-commissaire aux droits de l'homme de l'ONU, Michelle Bachelet, plus de 350 personnes ont été arrêtées cette semaine lors de ces manifestations, "dont 320 pour la seule journée du 23 janvier".

L'ancienne présidente chilienne a réclamé des "discussions immédiates pour désamorcer une atmosphère de plus en plus inflammable".

- "Corridor d'évacuation" -

Juan Guaido a laissé entrevoir une porte de sortie à Nicolas Maduro, en évoquant une éventuelle amnistie.

"Lors de périodes de transition, des choses similaires se sont produites (...), nous ne pouvons rien exclure, cependant nous devons être très fermes à l'avenir (...) avant tout pour faire face à l'urgence humanitaire", a-t-il dit, interrogé sur la possibilité d'une amnistie qui concernerait le président vénézuélien.

"Il faudrait aussi revoir cela (l'amnistie), c'est aussi un fonctionnaire, malheureusement dictateur et responsable des victimes d'hier au Venezuela", a poursuivi Juan Guaido.

Le Parlement avait promis le 15 janvier une "amnistie" aux soldats qui ne reconnaîtraient pas le gouvernement Maduro.

Le vice-président brésilien Hamilton Mourao, dont le pays a reconnu avec d'autres Juan Guaido comme président, a proposé la création d'un "corridor d'évacuation" afin d'exfiltrer Nicolas Maduro.

Mais la crispation restait à son comble vendredi. "Il est dangereux d'avoir des gouvernements parallèles", a relevé Michael Shifter, du Dialogue interaméricain.

Juan Guaido a été reconnu, très rapidement, par les Etats-Unis puis par plusieurs pays d'Amérique latine et le Canada.

Mais Nicolas Maduro a mis en avant le soutien de l'armée, réaffirmée par la voix de son ministre de la Défense, le général Vladimir Padrino. Il a remercié jeudi les militaires face à ce qu'il a appelé un "coup d'Etat en marche" dirigé par "l'empire des Etats-Unis"

"Il ne fait aucun doute que c'est Donald Trump lui-même qui veut imposer de facto un gouvernement", a lancé le dirigeant socialiste, également soutenu par Moscou et Pékin.

L'Union européenne, qui considère comme illégitime le deuxième mandat de Nicolas Maduro, a réclamé des "élections libres", sans reconnaître Juan Guaido.

Mais l'Allemagne s'est déclarée prête, "dans le cadre des consultations européennes", à reconnaître Juan Guaido comme président du Venezuela si des élections libres ne peuvent pas être organisées "d'ici peu".

Quant au ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, il a "fermement" appelé Nicolas Maduro à "s'interdire toute forme de répression de l'opposition.

Paul Hare, professeur à l'université de Boston, voit dans toutes ses réactions "la preuve qu'il y a une diplomatie de chaque pays dans un monde qui manifeste une fragmentation croissante sur beaucoup de sujets".

Jeudi, les Etats-Unis ont maintenu la pression, en demandant une réunion d'urgence samedi du Conseil de sécurité sur la situation dans le pays, malgré l'opposition déclarée de la Russie à une réunion sur un sujet "interne" au Venezuela.

- Sanctions pétrolières? -

L'aggravation de la crise intervient en pleine débâcle économique dans ce pays pétrolier, jadis prospère et désormais frappé par d'importantes pénuries de nourriture et de médicaments, et soumis à une hyperinflation qui devrait atteindre 10.000.000% en 2019.

Les États-Unis achètent au Venezuela un tiers de sa production pétrolière, qui a chuté à 1,4 million de barils/jour et représente 96% des entrées de devises. Selon Nicolas Maduro, ses ennemis souhaitent s'accaparer les réserves de brut du pays, les plus grandes au monde.

"Trump va probablement étudier la possibilité de geler des actifs (vénézuéliens). A l'avenir, pourraient s'y ajouter des sanctions pétrolières", estime le cabinet Eurasia Group.

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7 commentaires

Vos commentaires

guyanepourchrist 26.01.2019

Une fois d’en plus les grands donneurs de leçon veulent donner une leçon de bonne conduite à des pays pourtant souverains! Trump à la tête d’une cohorte d’assoifes de ressources naturelles continue à semer le trouble dans des pays qui ne demande qu’a Aspirer à leur propre développement. Le Venezuela c’est 20% des richesses pétrolières mondiales. Tout comme le Koweït, la Lybie, Afghanistan ou encore le Congo, ces gardiens du chaos soutenu par leur maître l’ONU approuve la déstabilisation de nations souveraines et continue à manipuler l’opinion publique sous couvert de démoncracie Quelle grande mascarade! # fakenews #neocolonialisme

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molpey 29.01.2019
100% d'accord, mais la géopolitique compte aussi...

Mais on peut aussi se demander si le but n'est pas aussi le pouvoir, en mettant à la place une marionnette (Juan Guaido), pour contrer Putin et XiJipin qui eux soutiennent Maduro. Car si avec un model économique différent du capitalisme froid des Occidentaux, mais au contraire basé sur la redistribution des richesses du pétrol, le Venezuela s'en sortais économiquement, cela inciterait d'autres pays d'Amérique du Sud et ou, d'Amérique Centrale à faire de même. Et ces pays passerait dans le bloc Chine-Russie-Korée du nord, ce que les USA veulent à tout prix éviter!

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xxl 25.01.2019

il faut que des que les nations unis constatent une forme de dictature dans un pays fassent intervenir une force militaire comme pour kadhafi ou sadam hussein.

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Ta race Boulba 25.01.2019
Des élections libres

Organisation d'élections vraiment libres ....sans ingérence étrangères.Maduro voudra t'il ? Il est beaucoup trop affaibli par un blocus diligenté Par les puissances capitalistes , assoiffées de faire main basse sur le pétrole vénézuélien UNIQUEMENT...
Que les donneurs de leçons balaient devant leur porte, eux qui ont largement appauvri et exploité les richesses de leurs " anciennes" colonnies avec leurs multinationales ...

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antcorp 25.01.2019

vous parlez comme la propagande de Maduro, vous appelez ingérence étrangère c'est juste une opinion d' autre pays sur la politique catastrophique il y a pas de sanction comme en Iran ou Cuba .Cette dictatures socialiste fuit leur responsabilités en accusant le grand capital d’être la cause de tout leurs maux; c'est un peu facile mais les méchants capitalistes on pas mis leur nez pour une fois; ils ce sont contenté de regarder le Venezuela aller dans le mur tout seul; quel meilleur preuve pour démontrer que ce genre de politique marche pas sur le long terme? avis au insoumis qui souhaite reprendre le modèle
PS que les donneurs de leçon passe un séjour au Venezuela avant de soutenir le régime

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Ta race Boulba 25.01.2019
Des élections libres

Organisation d'élections vraiment libres ....sans ingérence étrangères.Maduro voudra t'il ? Il est beaucoup trop affaibli par un blocus diligenté Par les puissances capitalistes , assoiffées de faire main basse sur le pétrole vénézuélien UNIQUEMENT...
Que les donneurs de leçons balaient devant leur porte, eux qui ont largement appauvri et exploité les richesses de leurs " anciennes" colonnies avec leurs multinationales ...

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josy 25.01.2019
dictateur malade

Comment déloger les sangsues? Au pétrole, justement

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