• Partager cet article sur Facebook
  • Partager cet article sur Twitter
  • Partager cet article sur LinkedIn
  • S'abonner aux flux RSS de France-Antilles.fr
Culture

Umoja ou l'unité via les racines culturelles africaines

Claude Joseph et Gérôme Guitteau Jeudi 26 Mai 2022 - 13h52
Umoja ou l'unité via les racines culturelles africaines
Anccy Clet, au centre, fait raisonner le Kasékô au Brésil lors de la journée internationale de l'Afrique, mis en place depuis 1963. - Claude Joseph

“Umoja wa mataifa”, les nations unies via leur héritage africain. Voilà l'idée derrière la journée de l'Afrique qui a été célébrée en Guyane et dans l'Amapá, mercredi 25 mai.

   Felipa Maria Aranha, Ganga Zumba, Zumbi do Palmares. On connaît les noms de l'héroïne et des deux chefs africains qui ont conquis leur liberté sur les terres brésiliennes entre le Para et Pernambuco, premiers lieux de colonisation des Portugais chez nos voisins mais nous ne savons pas grand chose voire rien sur le passé des quilombos de l'Amapá.
   La journée internationale de l'Afrique qui s'est déroulée, mercredi 25 mai comble le manque. Le collectif "Les Frères Sans Frontières " a été convié pour cette manifestation à Macapá, capitale de l'Amapá.
Il est très important que la Guyane soit représentée lors de cette manifestation, parce que la Communauté Afro-descendante de l'Amapá a toujours maintenu ses liens d'amitié avec la Guyane”, se félicite Edmard Elfort, coordonnateur de l'association.
  Du coup, l'ambassadeur de Côte d'Ivoire, Diamouténé Alassane Zié, l'invité prestigieux du jour, a été reçu par l'un des sons traditionnels du tambour guyanais.
  Les festivités se sont déroulées à Curiau, le plus important des 31 quilombos de l'Amapá. Ces lieux historiques de résistances à l'esclavage et à la colonisation persistent dans le temps. “Certains quilombos sont devenus des communautés à part entière comme celles de Maé, le premier refuge des Africains auto-libérés, ou celle de Mazago Velho, le berceau de la culture amapéenne”, certifie Christiane Almeida, députée de l'Amapá.
   Anccy Clet , un de nos fameux tambouyen était du déplacement. Il a joué devant un public conquis : “Ils ne connaissaient pas les rythmes mais ils ont été entraînés par le kasékô, une fois que nous l'avons accéléré. Le djouba djouba a été largement apprécié. J'ai découvert un rythme joué sur un tambour de la même famille que le yongwé complètement différent du nôtre.”

L'Afrique fondatrice des cultures guyanaises et brésiliennes
 
  La Guyane était aussi représenté par son ancien président, Rodople Alexandre. Invité en tant qu'historien, il a tenu une conférence sur les origines des nations africaines déportées en Guyane : Ashanti, Cromantin, Bambara, Kissis, Aradas, Fons. Il a aussi raconté la formation de la langue créole “centrée autour du lexique français, née à partir des cales des navires négriers et de l’habitation.
   Il a évoqué les créoles des “bushikonde sama, notamment les Saaamaka, les Matawaï et Alukus, fondées sur le lexical des portugais, néerlandais et anglais.
  Et enfin, Rodolphe Alexandre est revenu sur la richesse des musiques guyanaises. Celle “créole traditionnelle de l’île de Cayenne et de Saint-Georges ( gragé, lérol, kamougwé, kassekô, debôt, Bélya) et celle des peuples bushikonde, pour les cérémonies funéraires magico-religieuses ou les fêtes comme le Seké, le tjéki, le awasa des Djukas et/ou Alukus.
   De l'autre côté du fleuve Oyapock, sur les rives du Maroni, à Saint-Laurent, la journée de l'Afrique était célébrée par une conférence de l’historien panafricain Amzat Boukari-Yabara, présent pour le festival “Les révoltés du monde” qui débute ce soir à l'Eldorado, à Cayenne et qui fait la part belle, vendredi aux héros d'une certaine “Atlantique noir” cher à Paul Gilroy : Marcus Garvey, Thomas Sankara et le prix Nobel de littérature Toni Morisson.
Pour en savoir plus :

Pour transmettre un commentaire, merci de vous identifier (ou de vous inscrire en 2min)

Mot de passe oublié?
Inscription express
1 commentaire

Vos commentaires

g6d 26.05.2022

L'Afrique fondement de la culture Guyanaise ? Les amérindiens vont apprécier d'être oubliés

Répondre Signaler au modérateur
Sur le même thème
1 commentaire
A la une