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Suriname : Fin des tensions autour de l’affaire des meurtres de décembre 82

Eric GERNEZ, à Paramaribo Lundi 30 Août 2021 - 12h57
Suriname : Fin des tensions autour de l’affaire des meurtres de décembre 82
Desire Bouterse à la sortie de la cour martiale de Paramaribo le 30 juillet dernier

Le procès ‘’Bouterse’’ aura tenu en haleine le Suriname pendant les derniers mois. C’est aujourd’hui terminé, l’affaire s’inscrit dans une progression de recours juridique. L’accusé ne va pas en prison.

Les derniers jours sous forte tension
La pression était montée ces derniers jours au Suriname au sujet de l’affaire des meurtres de décembre 1982. Après que le Parlement a ratifié, vendredi, l’annulation de la loi d’amnistie proposée par le Conseil Constitutionnel, la porte était ouverte à une sentence de prison et l’application de la peine posait des questions. Une incarcération de l’ex-Président Bouterse, leader du parti NDP et figure historique suivie par de nombreux partisans, pouvait provoquer des troubles à la paix civile. L’armée et la police avaient été déclarées en état d’alerte avec une opération dénommée ‘’Vigilance’’ et décrite dans certains médias comme garante de l‘ordre démocratique. Cette mise en alerte, couplée à l’affaire de la disparition d’armes lourdes du domicile de l’ex-Président, avait attiré l’attention de tous les analystes locaux et internationaux sur l’actualité d’aujourd’hui. Beaucoup d’hypothèses étaient évoquées, aux conséquences lourdes pour le pays.

Les forces de l’ordre visibles, tous des policiers, pas de militaires, étaient nombreuses, certes, mais pas du tout de manière à provoquer un rapport de force. - EG

Calme et peu d’affluence
Les militants NDP contactés hier, à la veille du procès l'avaient laissé entendre, aucune consigne de manifestation n’avait été donnée par le parti, le calme devait régner.

Très peu de personnes ce lundi matin aux abords du tribunal. Les forces de l’ordre visibles, tous des policiers, pas de militaires, étaient nombreuses, certes, mais pas du tout de manière à provoquer un rapport de force. Les supporters, de leur côté, étaient encore moins nombreux, ne dépassant pas cinquante.

C’est deux minutes avant neuf heures, qu’un convoi de deux voitures s’est approché du tribunal pour finalement le contourner et faire entrer l’accusé par une issue discrète. Les supporters en ont été pour leur frais, ils n’ont pas pu acclamer leur leader.

Une demi-heure plus tard, des bruits, des mouvements, bientôt la foule s’animait. « On a gagné ! ». La nouvelle se répandait : Bouterse est condamné , mais la peine n’est pas exécutoire, il ne va pas en prison. La foule exulte aux cris de « We want Bota » et de « Santokhi go home ».

Les supporters, de leur côté, étaient encore moins nombreux, ne dépassant pas cinquante. - EG

Un verdict d’apaisement
Que retenir de cette issue ? L’accusé est condamné, mais il peut faire appel sous quarante jours. On repart donc dans une nouvelle ronde de procédure et finalement on se demande qui, de l’accusé, ou de la procédure, verra s’éteindre l’autre. Les familles des victimes, de leur côté, recueillent une sorte de reconnaissance avec la condamnation.

Le principal gagnant de ce procès est finalement le pays, qui peut essayer de tourner la page passionnelle et se consacrer après les tumultes du Covid et du procès ‘Bota’ et ses plus gros défis ; le redressement de l’économie et la reconquête du pouvoir d’achat.

On ne peut clore cet article sans souligner deux faits. Bouterse est, et reste, le leader du NDP, deuxième parti du pays, et il est toujours potentiellement un recours politique. Les ambitions politiques du NDP sont affichées et sa stratégie établie. D’autre part, l’affaire de la disparition des armes du domicile du personnage reste non-élucidée. La presse et le gouvernement sont très discrets sur cette affaire. Une conclusion à celle-ci terminerait d’apaiser le pays.

C’est deux minutes avant neuf heures, qu’un convoi de deux voitures s’est approché du tribunal pour finalement le contourner et faire entrer l’accusé par une issue discrète. Les supporters en ont été pour leur frais, ils n’ont pas pu acclamer leur leader. - EG


EG


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Vos commentaires

Bouyon Wara 31.08.2021
enfin!!!!!

ENFIN!

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