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Outre-mer : une décennie pour absorber les effets de la crise

Rédaction web Lundi 1 Juin 2020 - 17h05
Outre-mer : une décennie pour absorber les effets de la crise

Dans une étude publiée ce lundi, l'Association des CCI d'outre-mer (ACCIOM) met en garde sur le fait que « les entreprises ultramarines devraient être plus affectées par la crise que leurs homologues métropolitaines ». Et si ces dernières ne retrouvaient « une activité normale qu'au 1er septembre », l'impact économique, déjà très lourd, « doublera », prévient l'association.

 Les conséquences économiques du confinement en outre-mer « se feront probablement sentir pendant les dix prochaines années », alerte ce lundi l'Association des CCI d'outre-mer (ACCIOM), qui évalue à « 60 000 » le nombre d'emplois menacés dans ces territoires.

Dans une étude sur l'impact de la crise du Covid-19 sur les économies d'outre-mer, l'association souligne que si les entreprises ultramarines « ne retrouvent une activité normale qu'au 1er septembre », l'impact économique, déjà très lourd en outre-mer, « doublera ».

Selon cette étude, les Outre-mer ont connu en moyenne « une perte de chiffre d'affaires de l'ordre de 12 millions d'euros par jour de confinement ». Selon les géographies, ces pertes vont de 5 millions d'euros (Guyane) à 24 millions d'euros (La Réunion).

Cependant, le confinement devrait globalement entraîner une baisse de 5% en moyenne du PIB des économies ultramarines pour 2020, contre 6% en France hexagonale, en raison « d'une contribution des administrations publiques au PIB plus importante qu'en métropole », et d'une durée du confinement parfois « plus courte » (Calédonie et Polynésie).

Mais « une reprise rapide [d'ici à 2023] et soutenue jusqu'en 2025 [afin d'éponger les pertes] suppose une croissance extrêmement vigoureuse mais qui apparaît hors de portée de la plupart » des territoires, poursuit l'étude.

Selon l'ACCIOM, « l'ampleur de la crise pourrait être beaucoup plus importante si le redémarrage complet des activités ne s'effectuait qu'en septembre ». Cela se traduirait « par un doublement des pertes enregistrées » pendant le confinement, et un recul du PIB autour de « 10% sur l'année ».
Relance par la consommation
« Il faut tout faire pour accélérer la reprise », juge l'association, qui considère comme « un véritable coup dur », notamment pour le secteur touristique, les restrictions à la circulation maintenues pour l'instant en outre-mer, et appelle à « des actions volontaristes [et d'ampleur] en faveur de la consommation des ménages ».

Elle suggère par exemple une « baisse ciblée de l'impôt sur le revenu et/ou des cotisations sociales à la charge des salariés », « l'augmentation des transferts publics bénéficiant à certains ménages », mais aussi « l'instauration d'un taux d'intérêt négatif sur les dépôts à vue au-delà d'un certain plafond » pour inciter les ménages à consommer rapidement l'épargne accumulée, ou encore une « baisse des prix ».

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