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Guadeloupe

L’île en grève générale depuis mardi

Samedi 18 mai 2019
L’île en grève générale depuis mardi
Les gréviste devant l'entrée du rectorat qui devrait être de nouveau accessible ce matin - Jean-Luc Goubin - Jean-Luc Goubin

Une très large intersyndicale appelle à la grève, depuis mardi, tant dans les administrations que dans les entreprises privées. Elle réclame la mise en place d’un plan d’urgence sanitaire et la défense des services public. Le conseil régional a proposé une médiation entre les grévistes et les représentants de l’état. Elle pourrait démarrer la semaine prochaine. En attendant, le ton se durcit.

En Guadeloupe, après deux jours de mobilisation pour « la mise en place d’un plan d’urgence sanitaire, pour la défense des services publics en particulier dans l’éducation », l’intersyndicale passe à la vitesse supérieure au nom d’un « droit à l’existence et à la vie ». Elle estime aujourd’hui qu’elle est en état de légitime défense face l’attitude du représentant de l’État qui, selon elle, répond par le mépris et le mutisme sur des sujets qui relèvent pourtant de sa responsabilité. Elle appelle donc à une « mobilisation militante et populaire » avec des réunions d’information organisées dans les entreprises et sur la place publique avant un défilé prévu samedi 25 mai.

Des opérations « coups de poing » contre les institutions sont aussi prévues. L’intersyndicale n’hésite pas à évoquer une prochaine guérilla sociale. « Rien ne pourra dorénavant fonctionner normalement », menace le secrétaire général de l’UGTG, qui met en cause la responsabilité de « l’État, le préfet, les élus et parlementaires de Guadeloupe qui supportent l’entière responsabilité de la dégradation programmée et durable de la situation sociale en Guadeloupe ».

Médiation de la région

Élie Domota, le leader emblématique des grèves de 2009, dénonçait, mercredi, le « silence de la classe politique locale, plus prompte à réagir par voie de communiqués pour sauver le soldat Bangou », en référence au maire de Pointe-à-Pitre, menacé de révocation par le préfet en raison du déficit du chef-lieu. Le conseil régional semble vouloir lui donner tort. À la demande de l’intersyndicale, le président Ary Chalus prendra en effet l’initiative d’une rencontre prévue en début de semaine prochaine. Autour de la table, le conseil régional, le conseil départemental, l’ARS (Agence régionale de santé), le rectorat, le préfet et éventuellement des représentants des administrations déconcentrées de l’État (Dieccte). Mais malgré cette perspective, les grévistes ne comptent pas relâcher la pression. Mercredi matin, dès 6 heures, ils étaient déjà mobilisés devant les entrées bloquées de l’ARS et du rectorat. Dans l’après-midi, les barrages ont toutefois été retirés. Élie Domota considère que ce projet n’est encore qu’un vœux pieux de la collectivité régionale et qu’il est déjà compromis . « Nous savons que le préfet a déjà dit qu’il refuse le principe de nous rencontrer. »

Dans le privé, quelques entreprises sont sous tension. C’est le cas chez Grands Réseaux Caraïbes. L’amélioration de la situation des salariés (augmentation des salaires, congés payés) résultent, selon Didier Dyvrandre, responsable du secteur BTP à la centrale syndicale UGTG, d’une mobilisation des salariés. Depuis jeudi 9 mai, ils sont mobilisés pour demander entre autres la communication par l’employeur des documents nécessaires au déclenchement des négociations annuelles obligatoires (NAO). Dans cette entreprise du BTP, spécialisée dans la mise en place de réseau, 95 % des salariés seraient en grève précise Didier Dyvrandre. La direction a proposé une réunion lundi à 16h30.

Les écoles ouvertes hier

Les écoles ont accueilli les élèves hier matin. Du moins pour celles qui ont de l’eau ! Mais, cette évolution sur le terrain n’est pas la preuve d’un relâchement de la mobilisation. Au contraire. Dans un tract diffusé hier, l’intersyndicale précise que le préfet qui aurait « refusé tout dialogue, toute rencontre avec les organisations ayant appelé à la grève, prend donc la responsabilité de l’intensification à venir du mouvement qui a été amorcé ». D’autres actions sont envisagées dans les prochains jours, avec une évolution crescendo de la mobilisation, assure-t-on du côté des syndicats.

GABY CLAVIER, secrétaire de section UTS/UGTG - FAG
« Nous construisons la contestation »

Que reprochez-vous à la classe politique locale ?

Les problèmes que nous évoquons ne concernent pas que les salariés, mais touchent aussi l’ensemble de la population. Comment se fait-il qu’il n’y ait aucune réaction de la représentation politique alors que la population n’a pas accès à un droit fondamental qui est celui de la santé ? Malheureusement, c’est une posture classique. Ils sont très prolixes sur les grands débats en France mais ne s’intéressent pas à ce qui se passe dans leur quartier, sur le territoire de gens qui ont pourtant voté pour eux. La parole d’un élu ne fait pas le poids face à celle de la direction d’un service administratif — la directrice de l’ARS —, encore moins face à celle du préfet. La période électorale est propice à des promesses. Ce sont plus que des déclarations d’intention qu’il nous faudrait !

Cette grève générale est-elle l’amorce d’un nouveau LKP ?

Il n’y a pas de nouveau mouvement LKP. Le LKP a toujours été là. Nous nous inscrivons dans la continuité. C’est un mouvement en conscience, On lyannaj a expérians, on lyannaj a nonm é fanm Gwadloup.

La mobilisation est pour l’instant timide...

Avec le LKP, nous avions neuf personnes devant la mairie du Moule en décembre 2018. Le 16 janvier, nous étions 10 000, deux jours plus tard 11 000 et le 20 janvier 30 000 ! C’est avant tout un processus. La population est consciente et voit ce qui se passe, mais ne souhaite pas toujours passer à l’action. Nous construisons la contestation. Nous démontrons encore une fois que le peuple Guadeloupe, malgré ce qu’on a essayé de faire pour l’anéantir, est debout.

GABY CLAVIER, secrétaire de section UTS/UGTG - FAG
Les revendications de l’intersyndicale

La reconnaissance de la Guadeloupe en situation de crise sanitaire exceptionnelle et la mise en place des mesures qui s’imposent pour une véritable politique de santé et d’offre de soins de qualité pour la population.

L’arrêt du démantèlement des services publics, la sauvegarde des statuts de la fonction publique, l’arrêt des suppressions de postes dans le public et des licenciements dans le privé.

L’accès permanent de tous les Guadeloupéens à une eau potable, buvable, sans pesticide, sans chlordécone, à un prix bas et unique, dans le cadre d’un véritable service public.

L’ouverture de négociations collectives dans toutes les branches professionnelles sur les salaires, l’emploi, la formation, la durée du travail, la priorité d’emploi des jeunes de Guadeloupe, etc.

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