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Colombie: les femmes renvoyées aux fourneaux par la pandémie de covid-19

AFP Mercredi 23 décembre 2020

La Colombienne Elizabeth Mosquera, qui a perdu son emploi, prépar le dîner dans sa cuisine, le 7 décembre 2020 à Medellin, en Colombie

- Joaquin SARMIENTO (AFP)

Les femmes paient le prix fort pour la pandémie en Colombie. Après un long confinement et ses conséquences économiques, elles sont deux fois plus nombreuses que les hommes à avoir perdu leur emploi, beaucoup se retrouvant reléguées au foyer.

 Le chômage a battu cette année un record historique à près de 25% dans ce pays de 50 millions d'habitants, où déjà 47% de la population active n'est pas déclarée.

Le nouveau coronavirus a privé 2,5 millions de femmes de leur emploi formel. "Les femmes qui travaillent sont passées de 9,2 millions au deuxième trimestre 2019 à 6,7 sur la même période de 2020", selon le département administratif national des statistiques (Dane).

Elizabeth, Maria Edilma et Jackeline incarnent ce drame de celles qui ont été écartées du marché du travail et cochent la case "sans activité", tout en assurant les soins du foyer et des enfants.

Le Dane a souligné la tendance des familles colombiennes à remplacer des "activités de soin rémunérées par des activités non rémunérées".

- Sacrifice -

Il y a vingt ans, la violence a déplacé Elizabeth Mosquera du Choco, département le plus pauvre de Colombie à la frontière du Panama (nord-ouest). Elle s'est retrouvée domestique à Medellin, deuxième ville du pays.

Quand la pandémie s'est déclarée, sa patronne, craignant la contagion, l'a contrainte à choisir entre rester vivre sur place ou perdre son emploi. Pour continuer à les nourrir, elle a laissé seuls ses six enfants, âgés de 12 à 21 ans.

Mais le 26 juillet, elle a démissionné. "Je savais que si je ne travaillais plus (...) nous allions avoir faim, mais je me suis dit que mes enfants passaient d'abord", explique cette femme âgée de 40 ans.

Avec le confinement qui a affecté les entreprises, le père a perdu son emploi et cessé de lui envoyer de l'argent.

Aujourd'hui, elle croise les doigts pour que l'eau et l'électricité ne soient pas coupées.

Depuis la fin du confinement, imposé de fin mars à fin août avec des exceptions pour certains secteurs, l'économie a commencé à récupérer. Mais le chômage, qui en octobre était de 14,7%, touche davantage les femmes que les hommes à 20,1% contre 10,7%.

"C'est dur car parfois, nous nous couchons sans manger", déplore Elizabeth, qui survit en faisant des ménages de ci, de là.

- Privations -

Quand l'institut de beauté où elle travaillait comme manucure a fermé, Maria Edilma Aguilar a dû quitter l'appartement qu'elle louait dans le sud de Bogota, et où elle vivait avec ses enfants de 17 et 20 ans.

Elle étudiait pour devenir esthéticienne et s'installer à son compte.

Aujourd'hui, Maria Edilma, ses enfants et leurs deux chats vivent dans une seule pièce d'une maison partagée avec 17 autres personnes.

Cette mère célibataire de 35 ans s'échine pour assurer de quoi manger. Après s'être occupée du ménage et des enfants le matin, elle va frapper aux portes pour offrir ses services de "nettoyage, manucure, vaisselle (...) ce qui se présente". Parfois, elle gagne à peine pour un repas.

"Beaucoup de femmes cherchent du travail", confirme Maria Edilma, qui a dû en outre renoncer à ses études.

Les brèches entre genres sont en 2020 les plus marquées "des vingt dernières années", souligne Luis Fernando Mejia, directeur de la Fondation pour l'enseignement supérieur et le développement.

- Incertitude -

En pleine pandémie, Jackeline Ardave, 36 ans, designer de mode indépendante, a perdu son unique source de revenus. La fabrique textile pour laquelle elle travaillait à Cali (sud-ouest), troisième ville de Colombie, n'a gardé que des salariés permanents.

Elle s'est donc chargée des "tâches du foyer" et de son fils de sept ans, privé d'école et dont sa belle-mère s'occupait jusque là.

Puis les dettes ont commencé à s'accumuler. "Je ne disais rien, mais parfois je me levais le matin en pleurant, préoccupée", explique la jeune femme, qui sent que sa santé aussi se détériore.

En dépit de l'incertitude, Jackeline et son mari ont emprunté de quoi monter un atelier de fabrication de vêtements de sport, de gaines et de corsets pour femmes opérées d'un cancer du sein.

Les secteurs qui ont perdu le plus d'emplois sont ceux comptant une main d'oeuvre majoritairement féminine, comme les services domestiques, l'aide sociale, l'enseignement primaire, etc.

Si l'Etat ne prend pas de mesures, ce recul "très grave" pourrait empirer, avertit Stefano Farné, directeur de l'Observatoire du marché du travail de l'université Externado.

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6 commentaires

Vos commentaires

MetisseDesIles 24.12.2020
Courage

Foss à vous Mesdames depuis la Guyane

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seu otário 23.12.2020

elles n'ont pas d'emplois fictifs à la mairie ni à la CTG

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seu otário 23.12.2020

Sans la France, la Guyane serait au niveau d'Haïti et la nation la plus pauvre de l'Amérique du Sud. Donc inutile de mépriser vos voisins latinos qui ne reçoivent aucune subvention massive des pays dits riches

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Skytanker 24.12.2020
seu otario

Et vous ...vous habite ou..es-ce que vous contribue quelque chose a la Guyane ou vous êtes comme la plupart des tes compatriotes qui vie de l'aide sociale...des CAFards quoi!

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seu otário 28.12.2020

Moi pas savoir écrire correctement mais moi employée à la CTG

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seu otário 28.12.2020

à lire vos quelques phrases avec autant de fautes, c'est soit la CAF ou la CTG votre employeur.

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