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Kemi Seba, étoile noire

Samedi 22 juin 2019

Vendredi 14 juin, 18 heures, j’assiste à la conférence du panafricaniste Kemi Seba. Après un prélude sur les héros de la Résistance en Guyane, éloge légitime et documenté sur les ancêtres ayant combattu pour leur liberté, « IL » apparaît, accueilli par une « standing ovation ». Le ton est donné « Mes frères et sœurs de couleur, de douleur »… La salle est bondée, pleine à craquer : petits, grands, jeunes et moins jeunes : hommes, femmes, papas et mamans, papys et mamys. Tous ont répondu présent et accueillent Kemi Seba, comme il se doit. Le personnage en impose, accompagné de ses frères et sœurs arborant le symbôle d’Urgence Panafricaniste. Le décor est planté : pour ceux qui ne le sauraient pas, Kemi Seba est journaliste politique panafricaniste, persona non grata dans plusieurs pays, souvent controversé par des prises de position houleuses, tel le charismatique Louis Farrakhan. On lui reproche son afrocentrisme et son radicalisme... On lui reproche d’être, tout simplement. Une chose est certaine : sa verve aiguisée dérange.

Il remercie son auditoire pour cet accueil chaleureux : les mots sont puissants, forts et ciblés. L’homme manie le verbe avec passion, expertise et magnétisme. Ses propos sulfureux balaient chaque argument impérialiste : il ne craint rien, il veut inverser la donne, « changer la méthodologie de prédation socio-économique et culturel ».

Kemi Seba connaît la force de l’Homme noir, mais également sa fragilité et ses failles : le manque d’estime de soi exacerbé par l’Occident et accentué par la fracture générationnelle, mais également ce manque de cohésion et d’unité du peuple noir. Sans langue de bois, il dénonce cette aliénation mentale ancrée depuis 400 ans à travers un discours structuré de conscientisation. C’est un orateur de qualité sachant manier humour, gravité et théâtralité. Son auditoire est conquis, quasi hypnotisé par ses propos : chaque intervention résonne tel un tsunami cérébral, provoquant un éveil impressionnant des consciences.

Autodétermination, confrontation et union : sa capacité d’adaptation est indéniable, il connaît son sujet. Quel pouvoir de conviction, voire de séduction : « Les femmes sont le rempart pour la reconstruction de nos populations ». Il n’omet personne dans son discours, l’unité est le fer de lance de toute rébellion. Ses références historiques résonnent dans les esprits, il connaît la corde sensible de chacun et l’effleure avec précision. Marcus Garvey l’accompagnera dans cette extase finale : « Un peuple qui ne connaît pas son passé, ses origines et sa culture ressemble à un arbre sans racines ». Sa présence en Guyane a, semble-t-il, éveillé les consciences : Kemi Seba a semé les graines qui porteront leurs fruits... Rendez-vous dans quelques années pour apprécier la récolte !

Luz Mwinda

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