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OPINION

[DÉBATS] "Tout est question de choix"

Rudy Stephenson Mercredi 22 Juillet 2020 - 09h20
[DÉBATS] "Tout est question de choix"
Rudy Stephenson

Un journal, c’est aussi un espace de liberté et d’expression libre. Nous vous proposons, ici, de renouer avec nos « pages Débats », en nous envoyant vos tribunes, vos prises de position, vos avis à l’adresse mail france.guyane@agmedias.fr Retrouvez ici, la tribune de Rudy Stephenson.

Je pense aux familles qui ont perdu leurs proches du Covid mais pas seulement.

Je pense à la douleur et au vide laissé.

Je pense aujourd’hui d’abord à elles et à ceux qui sont touchés, hospitalisés ou pas, mais en lutte dans la douleur de symptômes anxiogènes.

Je ne peux pas me résoudre, en pensant à eux, à céder à la complainte et à l’éparpillement des pensées qui ne ?permettent pas d’agir.
Certains fustigent, d’autres se résignent, mais d’autres encore meurent.

Beaucoup expriment colère et déception.

Mais, n’est-on déçu que face à quelque chose et en colère que contre quelque autre chose?

Si je dois être en colère alors autant savoir pourquoi et surtout pourquoi faire?

Si je dois être déçu ce serait par rapport à quoi et pourquoi au final?

Je crois que nous pouvons tous agir en toute liberté et penser autrement.

En regardant notre histoire récente comme plus ancienne, en nous regardant nous mêmes, nous pouvons sans passion nous demander quand et jusqu’où avons nous chacun accepter de faire avec les conditions qui nous révoltent aujourd’hui.

Quand les opportunités politiques étaient là qu’avons-nous choisi? Quand les opportunités économiques étaient là qu’avons-nous choisi? Quand les opportunités de rassembler le socle identitaire, culturel et social qu’avons-nous choisi de faire?

Face à une crise qui succède à d’autres types de crise et annoncent certainement d’autres nouvelles crises, ne devons-nous pas nous souvenir de nos choix individuels et collectifs.

Il n’y a pas si longtemps encore, à propos de l’autonomie politique certains ont toujours défendu l’idée que la Guyane n’est pas prête. S’agissant du développement économique d’autres ont defendu et défendent férocement l’idée en Guyane du tout écologique d’abord et le reste après!

Bref! Nous ne serons pas tous d’accord et c’est une bonne nouvelle.

Mais, face à l’urgence de réconcilier la Guyane toute entière beaucoup gardent la posture de penser que l’histoire est différente selon les communautés qui vivent en Guyane.

Je ne cherche pas ou plus à comprendre, ni les divisions, ni les positions à géométrie variable.

Ce que je comprends c’est que face à la souffrance nous sommes tous égaux, face à la mort nous sommes tous égaux et face à la vie nous sommes tous égaux.

Ces valeurs méritent de se battre tous les jours pour garantir qu’elles prédominent en tout, mais, mais...

Soyons clairs. Pas pour l’autre mais pour nous mêmes.

Le changement subit l’influence de nos choix. Alors, pour que les choses changent il faut donc faire les choix qui s’imposent.

Et qui imposent une trajectoire différente.

Choisir de vivre en dehors d’un système n’est guère évident, mais pire, ce n’est pas du tout compatible avec la chimère de vivre dedans en même temps.

Soit on vit dans le système soit on vit en dehors.

Tout est question de choix.

Le reste n’est que complainte, colère, rancoeur ou puérilité chronique.

En attendant aujourd’hui, je suis de la génération de ceux qui entendent depuis longtemps ceux-là qui se plaignent en valsant entre autonomie idéale et dépendance réelle.

Alors, j’essaie de mieux écouter ceux qui souffrent, de la tragédie de la vie, de la mort et de la maladie.

Car ils sont morts et ils sont malades des choix ou des non choix de chacun d’entre nous et de nous tous ensembles.

Rudy Stephenson

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2 commentaires

Vos commentaires

Vendeta973 22.07.2020
Il faut raison garder

La mort est toujours une épreuve terrible pour ceux qui restent, pour ceux qui sont partis nuls ne le sait ; certains diront que c’est une liberation, d’autres une reincarnation, d’autres encore la continuité du vivant, en definitive, on ne sait qu’une chose, le défunt n’est plus présent physiquement mais sa pensée, ses actions peuvent perdurer,
Comme perdure cette crise qui tend les rapports humains des Guyanais et du reste du monde, je crois, ou chacun face à la mort à une approche toute personnelle et bien souvent irrationnelle car factuellement, en Guyane avec notre ratio de mort par habitant, nous sommes l’un des endroits au monde les moins touchés et les moins susceptibles d’être touchés....si l’on respecte les gestes barrières
Prenez soin de vous

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mikeromeo 22.07.2020

Après les carburants et l'insécurité les fonctionnaires indépendantistes qui voyagent en business avec Air France surfent sur la douleur des gens. On est à moins de 150 morts en Guyane par million d'habitants. Je ne laisse comparer qu'avec la métropole ou la Belgique.

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