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L’interview Dèyè Mask : J-C Darcheville, quel carnavalier êtes-vous ?

Christelle Auguste / photos : Kathryn Vulpillat (TV MAG N°1078) Mercredi 18 Janvier 2012 - 12h17

Jean-Claude Darcheville, Ti Jean pour la famille, Darch comme l’appellent les amis, a pris sa retraite du club grec AO Kavala depuis le mois d’août. Au péyi où il s’est enfin posé après seize ans, il a notamment pris la tête d’une boîte de nuit qui sera aux temps forts de l’actualité carnavalesque puisqu’elle accueille de façon inédite cette année les groupes Les Mécènes accompagnés de Victor Clet et Karnivor.

  • "Pendant le carnaval, toupatou ka fè cho !" © Kathryn Vulpillat/Studio D’Klik

  • "Il y a des choses auxquelles on ne peut pas toucher en Guyane, le carnaval en fait partie". © Kathryn Vulpillat/Studio D’Klik

  • © Kathryn Vulpillat/Studio D’Klik

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Si l'on prête au footballeur une réputation de fêtard bien méritée, le garçon de Sinnamary vit son carnaval plutôt en marge des bals parés-masqués et des cavalcades. Il est le premier de la saison à se prêter au jeu de l’interview Dèyè mask, dans une franche bonne humeur.
TV Magazine : Que représente pour le garçon de Sinnamary ce temps fort à l’actualité guyanaise ?
Jean-Claude Darcheville : La joie de vivre. Comme on dit chez nous : « Toupatou ka fè cho ! » (Il rit aux éclats)
Vous qui avez la réputation d’être un bon vivant, comment vivez-vous votre carnaval ?
Ça fait seize ans que je n’ai pas vraiment vécu le carnaval, en raison de mes obligations professionnelles. Mais je m’y intéresse.
Mais on a pu vous croiser sur un parking de dancing…
La dernière fois que je suis rentré en période de carnaval, j'y étais, c'est vrai. Je suis plus de ces ambiances que de celles des dancings, effectivement. Je respecte la tradition, même si je ne suis pas carnaval à fond. J'ai aussi dansé une ou deux fois. Vous savez, quand on a été élevé dans le carnaval, mes sœurs et moi, ma mère avant nous… . Peut-être que je serai à fond à la fin de la saison, qui sait ? J’ai beaucoup de potes qui eux le sont.
Les carnavaleux vous rencontreront donc sur les parkings le samedi mais aussi en boîte de nuit pendant ce carnaval ?
Les boîtes de nuit, ce sera le cas, cette année, le jeudi et le vendredi où je serai avec les amis puisque nous avons deux groupes carnavalesques en prestation chez nous (ndlr : Le Wax dont il est copropriétaire).
Comment est née cette initiative inédite du carnaval 2012 ?
Ce que nous voulions, avec les amis, faire quelque chose pour le péyi, se mettre à la page pour le carnaval, on se demandait quoi. Avec mon associé, Momin Jelloun, nous avons contacté les différents groupes et prîmes la température auprès des clients de la boîte de nuit. Les noms qui ressortaient le plus souvent c’était ceux-là : Quéquette, Karnivor, Les Mécènes. On a essayé de réunir ces artistes pour faire plaisir au plus grand nombre.
Doit-on y voir le message que la solidarité guyanaise, particulièrement dans le milieu culturel et artistique, existe vraiment ?
Le manque de solidarité, c’est un vieux reproche que l’on fait à la Guyane. Je ne suis pas du milieu musical, je ne peux pas me prononcer mais ce que je peux dire c’est qu’en métropole, dans mon milieu professionnel, j’ai pu ressentir une véritable rivalité. En tout cas, je trouve dommage que dans notre péyi, on ne se rende pas compte de la qualité que l’on a dans différents domaines et que l’on n’arrive pas à s’allier pour le faire avancer. À travers le carnaval, on peut dire ce que l’on veut, c’est le péyi que l’on met en avant parce que dans le monde, je pense sans me tromper, que notre carnaval est reconnu. On pourrait se rapprocher du niveau atteint par le carnaval au Brésil.
Vous évoquez le Brésil, avez-vous déjà assisté au carnaval là-bas ?
Par rapport à mon métier, je ne pouvais pas mais maintenant que je suis à l’arrêt, je vais m’organiser pour aller voir comment ça se passe là-bas.
Vous verra-t-on aussi à l’intérieur d’un dancing, cette année ?
(D’un oui langoureux) Il faut que j’y goûte, après si c’est bon… J’y reviendrai sûrement.
Vous êtes plutôt Tololo ou Touloulou ?
Tololo, je n’ai jamais fait. Des potes m’ont raconté qu’il faisait super-chaud sous les vêtements. Comme il ne faut pas mourir bête, je vais tester même une ou deux heures, un jour.
Avez-vous fréquenté les soirées parées-masquées de la région parisienne ?
Deux à trois fois, chez Sabrina. C’était entre 2007 et 2009.
Qu’est-ce qui vous plaît tant dans ces ambiances parkings ?
C’est de me retrouver avec les amis, blaguer… Siroter un peu aussi. (Il en rit et reprend) Je veux dire qu’on boit du jus, de l’eau Perrier…De voir passer les Touloulou, vous toucher la tête, ce petit jeu de vouloir savoir qui c’est, je trouve cela sympa.
C'est une évolution du carnaval nocturne qui a pu être décriée. Diriez-vous que le carnaval « C’était mieux avant » ou qu’« Il faut vivre avec son temps » ?
Je dirais que l’évolution, c’est mieux, tant qu'elle n'empêche pas la tradition d'exister. Aujourd’hui, il y a les soirées Tololo, les ambiances parking…et même les midis-minuits du dimanche, alors qu’avant, les gens allaient en ville voir les défilés, uniquement.
Vous êtes un adepte des midis-minuits ?
Oui, j’aime bien.
Il y a quelques années, le rendez-vous du dimanche, c’était Lasco. Vous avez connu ?
Non, je n’ai jamais eu le temps d’y aller mais de souvenirs de potes, c’était chaud !
Portez-vous le même regard sur les carnavals hors saison qui tendent à fleurir ?
Non, je ne suis pas trop d'accord avec ce concept hors saison qui a émergé. C'est devenu un business. Je pense qu'il faut qu'on garde les bases de la tradition.
Assisterez-vous aux défilés de rue ?
Maintenant que je suis au péyi, bien sûr.
Quel souvenir gardez-vous de votre dernier défilé de rues ?
C’était avec mes potes, à Sinnamary, on faisait la fête.
Les mariages burlesques du lundi, vous les avez pratiqués ?
Quand j’étais petit, à Sinnamary.
Sinon, vous êtes plutôt soupe ou galette ?
(Sans hésiter) Soupe, la «pieds de bœuf» de maman.
Quel était votre titre au carnaval 2011 ?
Kidnapping, j’ai souvent écouté.
Pouvez-vous fredonner une vieille chanson de rue à votre goût ?
Misié Vitalo…
Quel est votre meilleur souvenir d’enfance carnaval ?
Jwé Farin et Zombibaréyo qui nous courraient après.
Que regrettez-vous tout de même du carnaval d’autan ?
Les vidés du dimanche, ça manque.
C’est gênant de défiler dans les rues, quand on a une image publique ?
Ça dépend de l’état d’esprit de celui qui défile. Personnellement, je sais faire la différence entre le travail et la fête. Cela ne m’aurait pas du tout dérangé.
Une caricature de vous dans les rues cette année, cela vous dérangerait ?
Pas du tout, c’est le jeu du carnaval.
Que répondez-vous à ceux qui s’offusquent que cette incroyable énergie déployée ne soit pas contagieuse à d’autres domaines ?
Je ne veux pas rentrer dans ce débat. Une chose est sûre, c’est que ça a toujours été comme cela, on pourra dire ce qu’on veut, cela n’y changera rien. Il suffit de regarder les mobilisations populaires, celle pour l’essence par exemple et à celle que la Guyane a connue pour la fermeture de Nana… Disons qu’il y a des choses auxquelles on ne peut pas toucher en Guyane. C’est comme ça.
Comment vous l’expliquez-vous ?
Je ne me l’explique pas, depuis tout petit, c’est carnaval, carnaval, carnaval. Mais je suis quand même surpris d’apprendre que les banques offrent des prêts carnaval. Que tu t’organises et que tu économises pour ton carnaval, il n’y a pas de souci mais de là à faire un prêt…

La rédaction de TV Magazine remercie Karen Chou-Tiam pour la réalisation du maquillage et Guy Benth, plasticien, pour celle de la fresque murale de saison, en décor de notre rubrique.

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