• Partager cet article sur Facebook
  • Partager cet article sur Twitter
  • Partager cet article sur LinkedIn
  • S'abonner aux flux RSS de France-Antilles.fr
FRANCE TÉLÉVISION

Un documentaire sur le collège d'Apatou attendu à la rentrée

Propos recueillis par M.L Samedi 11 Juillet 2020 - 07h40
Un documentaire sur le collège d'Apatou attendu à la rentrée

Guillaume Lévis, 59 ans, réalisateur de documentaires depuis une trentaine d’années a passé 9 semaines en Guyane. Durant ses trois séjours (septembre, décembre et juin), il a promené sa caméra au collège Ma Aiye d’Apatou. Son film sera diffusé à la rentrée sur France 3 : un documentaire sur cette année scolaire si particulière au bord du Maroni.

Votre film s’appelle « Apatou, les enfants du fleuve », comment est née l’idée de réaliser un documentaire sur la scolarisation des enfants de cette commune guyanaise ? Quel était votre volonté initiale ? 
La première fois que j’ai découvert ce collège, j’ai été frappé par la qualité de cet établissement et de son enseignement. Le mérite des élèves et leur assiduité à venir, pour beaucoup, en pirogue m’ont paru remarquables. Généralement l’image de la Guyane dans les documentaires se concentre sur ses fléaux, le trafic de drogue, l’orpaillage. Des sujets chocs et négatifs. L’idée de faire un film différent, de sortir de ces sentiers rebattus, de rendre compte d’une autre réalité, plus positive, a séduit France Télévisions.

En faisant ce film, je voulais montrer ce que les jeunes scolarisés dans une commune isolée du fleuve vivent chaque jour, les efforts qu’ils fournissent pour réussir à l’école. Et je voulais montrer l’engagement des enseignants qui exercent leur métier ici, les difficultés qu’ils connaissent et l’énergie qu’ils déploient chaque jour. Ce film n’est ni un roman ni une fiction, c’est un documentaire qui capte la réalité de la vie d’un collège sur le Maroni.
En effet, vous êtes venu sur le terrain à Apatou, au total vous avez passé 9 semaines dans cette commune. Comment les choses se sont-elles passées sur le terrain ? Le contact avec les élèves et leur famille a-t-il été fructueux ? 
Je dois dire que l’accueil a été formidable. Tant auprès du Rectorat comme au collège Ma Aiye où Monsieur Abidos, le chef d’établissement, m’a accordé sa confiance et donné toute liberté. Les élèves, à part quelques regards vers la caméra, ce qui est normal, ont été parfaits ! Finalement ils ne se sont pas laissés impressionner. Le plus émouvant, ça a été l’accueil dans les familles qui m’ont accepté chez elles de façon très naturelle. Découvrir leurs façons de vivre et leurs traditions a été une chance pour moi et pour le film. Par exemple, j’ai accompagné les élèves dans la pirogue scolaire le soir pour rentrer à la maison puis j’ai embarqué avec eux le lendemain matin à 5h30 pour me rendre au collège. A cette heure, il fait encore nuit sur le Maroni, le film montre toute cette réalité.
Et en suivant les élèves d’Apatou, votre film nous emmène jusqu’au Japon. Pouvez-vous nous en dire plus ? 
Voilà une autre réalité exceptionnelle ! Huit filles en classe de 4e et 3e se sont mis dans la tête d’aller supporter l’équipe de France de handball aux championnats du monde à Kumamoto. Avec l’aide de Madame Aymon, l’assistante sociale, elles ont réussi à faire ce pari fou. Evidemment le film les a accompagnées dans ce voyage incroyable. Je ne vais pas vous en dire trop, mais filmer ces jeunes filles qui quittaient la Guyane pour la première fois, les suivre à Tokyo, dans le métro, les voir découvrir une culture tellement différente, une autre cuisine, une autre écriture, c’était vraiment inattendu.
Y a-t-il eu d’autres événements marquants durant cette année de tournage ? 
Oui et un de taille ! Le Coronavirus a bouleversé mes plans. La fermeture du collège a perturbé notre projet initial et bien des séquences envisagées ont dû être oubliées. Il a fallu adapter mon projet mais toujours en collant à la réalité. J’ai voulu raconter comment les professeurs tentaient de maintenir un lien pédagogique, comment ils s’adaptaient dans un territoire où beaucoup d’élèves n’ont pas de connexion internet à la maison. Et puis je suis allé filmer les élèves dans leur quotidien. Il n’y a pas que les devoirs, il y a aussi leur vie durant cette période, les travaux à la maison et des aspects de la vie plus traditionnelle. C’est étrange à dire, mais cette catastrophe a fait évoluer le film vers une découverte de la vie en Guyane encore plus passionnante. Le film s’est enrichi d’une autre façon et c’est tant mieux !
Votre film sera diffusé à la rentrée sur France Télévisions. Une avant-première est-elle prévue en Guyane ? 
J’espère bien que cela va être le cas. Avec la production, nous essayons d’organiser un évènement en ce sens à Saint-Laurent et à Apatou. Il nous parait normal que les personnes qui se sont impliquées dans ce film en soit ainsi remerciées. Je me mets à imaginer une projection libre en plein air sur la place d‘Apatou ! Pourvu que nous soyons écoutés et entendus. Affaire à suivre !


Pour transmettre un commentaire, merci de vous identifier (ou de vous inscrire en 2min)

Mot de passe oublié?
Inscription express
Aucun commentaire