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France Ô, écran noir

FXG Lundi 17 Août 2020 - 11h31
France Ô, écran noir

Les opposants à la fermeture de la chaîne craignent une invisibilisation des Outre-mer. Quant à la plateforme numérique outre-mer de France TV, personne n’a encore vanté ses audiences.

Le 23 août est la Journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition. C'est cette date, ce jour, que le ministère de la Culture a choisi pour fermer France Ô. Et c’est ce même jour que ses défenseurs organisent un baroud d’honneur, une ultime manifestation de protestation. La dernière en date, le 2 août dernier n’avait guère mobilisé de foule, ce qui n’a bien sûr pas servi la cause. La pétition lancée par le collectif « Sauvons France Ô » a rassemblé environ 100 000 signatures. La députée LREM Aurore Berger qui visait un secrétariat d’État à l’audiovisuel au sein du ministère de la Culture a bien tenté de la défendre en interrogeant la ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, sur la fermeture de France Ô et France 4. La ministre ne lui a pas répondu sur France Ô et c’est le 4 août qu’elle a, via un communiqué de presse, « confirmé, au terme du plein déploiement du pacte de visibilité pour les Outre-Mer, l’arrêt de la chaîne France Ô à compter du 23 août ».

Il faut dire que Babette de Rozières, qui jusqu’alors était montée au créneau pour défendre la chaîne des Outre-mer, a publié sur son compte Facebook une tribune où elle moque France Ô : « enjeu de petits pouvoirs et de règlements de compte médiocres », « la rédaction des copains », mais également le fait qu’elle et son émission culinaire en aient été exclus.
Blanquer a sauvé France 4, Girardin n’a pas sauvé France Ô…
 Pourtant avant le changement de gouvernement, la délégation interministérielle à l’égalité des chances des Français d’Outre-mer a défendu à Matignon sa vision pour une chaîne des Outre-mer : une chaine d’information qui répondrait aux demandes sociales de la communauté ultramarine de l’Hexagone qui n’a pas de flux ni accès aux chaînes La 1ère, et non une chaîne de divertissement et concurrente des autres.

Mais également une chaîne qui puisse favoriser la visibilité des territoires, qui soit un levier pour les productions locales notamment pour les projets cinématographiques, audiovisuels et publicitaires. Edouard Philippe s’y était montré sensible, mais le remaniement est arrivé. Le nouveau ministre des Outre-mer a laissé la responsabilité du destin de France Ô à Roselyne Bachelot. « Notre objectif, a-t-il tweeté, est de décloisonner les Outre-mer et leur donner plus de visibilité sur l'ensemble de l'audiovisuel public. Je serai vigilant quant à l’application du pacte de visibilité et aux moyens de le renforcer. »



Ce pacte de visibilité, signé l’été 2019 par France TV et les ministères de la Culture et des Outre-mer, présente cette étrangeté que l’on a demandé à la principale intéressée, France TV, d’en être juge… Un pacte qui n’est d’ailleurs pas finalisé et qui se résume à une offre de programmes documentaires et d’informations sur France 3 et France 5, et quelques sujets d’informations dans les JT de France 2.

La prochaine réunion du comité de suivi de ce pacte est attendue en septembre. Selon le nouveau locataire de la rue Oudinot, « ce pacte a permis de tripler l’audience des programmes ultramarins par rapport à la couverture offerte par France Ô ». Maël Disa, le délégué interministériel que le président de la République a chargé de la visibilité des outre-mer, a aussi plaidé pour un pacte de visibilité non seulement renforcé au sein de France TV, mais étendu à tout l’audiovisuel public et privé.

Les opposants à la fermeture de la chaîne craignent une invisibilisation des Outre-mer. Quant à la plateforme numérique outre-mer de France TV, personne n’a encore vanté ses audiences.
 
 
Le canal de France Ô convoité

Sur la TNT, le canal 19 — celui de France Ô — suscite des convoitises.

 Sa position, proche des chaînes d’info continue, était avidement reluquée par la chaîne publique d’information France TV Info, mais pas seulement… Des députés, pour l’essentiel du groupe LR, mais également la Martiniquaise Manuela Kéclard-Mondésir, ont déposé le 17 février 2020 une proposition de résolution visant à mettre en œuvre une nouvelle « chaîne des territoires » rassemblant les 50 chaînes de télévisions locales et les presses quotidiennes régionales, et diffusée sur un canal TNT.

Par ailleurs, dans une tribune récente intitulée « Nous pouvons éradiquer le racisme en France », le Martiniquais Olivier Laouchez, président de Trace, plaide pour que dans la future loi sur l’audiovisuel, il y ait une « vraie obligation d’intégrer dans les programmes la diversité française ». Il propose d’ailleurs, « plutôt que de fermer France Ô, de la transformer en France D, la chaîne de la diversité, de l’inclusion et du vivre ensemble ».

Une telle chaîne a presque existé par le passé avec la chaîne numéro 23 attribuée en 2012 à la société Diversité TV France. Mais la chaîne ne respecte pas ses engagements. « La diversité n’a été qu’un prétexte pour obtenir la fréquence, dénonce l’ex-membre du CSA, Rachid Arhab en avril 2015. L’unique objectif des porteurs de ce projet était de planifier une belle opération financière. »

La fréquence est revendue au groupe NextRadio TV (BFM et RMC) pour un peu moins de 90 millions d’euros et devient RMC Story. La chaîne de la diversité n’a pas fait long feu…
 
 




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