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MUSIQUE

[VIDEO] Avec Tsunami, Jahyanai vise le sommet

Pierre ROSSOVICH / Photos : Kathryn VULPILLAT / Vidéo : WeyNovPix Lundi 29 Mars 2021 - 15h15
[VIDEO] Avec Tsunami, Jahyanai vise le sommet

Après plus de dix ans de tubes, Jahyanai sort un projet national confirmant son statut dans le dancehall francophone. Il répond à nos questions.


En combien de temps a été réalisé Tsunami ?
 
J’avais déjà le projet avant de signer chez Universal, sauf que je ne prenais pas vraiment le temps. Tsunami veut dire ça aussi : le retour de la vague après un reflux. Je me suis retiré pour me former, me documenter, me professionnaliser. J’ai pris mon temps et là c’était l’heure ! La création des titres est allée très vite. Les artistes ont tous joué le jeu. Ce qui a pris le plus de temps c’est la stratégie.
Quelle est l’ambition du projet ?
 
Mon rôle est de péter des portes et de mettre la Guyane sur la carte. J’ai déjà fait un petit peu de chemin, mais ce n’est pas encore fini. Je veux que le monde entier parle de la Guyane. Je ne m’arrêterai pas. Je ne ferai pas un son par an, ce n’est pas l’idée, mais je prendrai le temps de faire des projets de qualité.
Pourquoi une mixtape et pas un album ?
 
Je sais que l’album est attendu. Disons que ce sont les prémices. Je ne veux pas que les gens mélangent les choses. Une mixtape c’est du love pour les auditeurs. En vrai, il y a quatre mixtapes déjà prêtes. Je suis très productif. Mais j’étudie le marché. Je teste des choses. On prépare la guerre car c’est un combat. C’est même le combat de toute une nation. Je prépare demain. Comme ça, quand je partirai à l’international – c’est tout le mal que je me souhaite – j’aurai toute ma communauté avec moi.

Photos : Kathryn Vulpillat
À quand le premier album du coup ?
 
J’attends que ça reparte, parce que faire un album et devoir échanger avec des gens à travers un écran… C’est cool mais moi je suis au contact du peuple, j’aime la chaleur humaine. Ça n’a pas de prix. C’est de l’énergie.
Est-ce que tu écoutes la nouvelle génération guyanaise ? Est-ce qu’elle t’inspire ?
 
J’aime beaucoup ce qui se fait en ce moment : Vaga, artiste très prometteur ; Mystick, Ken Vybz, Léackim, Stone Vybz… Il y en plein. Ça reste une grande famille. Je suis très à l’affut de ce qui se fait chez moi.
Il y aussi Zepek, présent sur Tsunami ?
 
Zepek est un artiste super talentueux que j’ai découvert sur Youtube. Il a une très belle plume. Il est originaire de Saint-Laurent. Pour moi c’est le Rema de Guyane (chanteur nigérien, auteur du tube « Dumebi », ndlr). Allez suivre Zepek !

Photos : Kathryn Vulpillat
Penses-tu avoir influencé la nouvelle génération ?
 
Dire non serait mentir, donc oui, mais je trouve que chacun à son identité. Ils n’ont pas juste copié du Jahyanai. Ils ont leur patte. Ça s’appelle l’authenticité. Tout le monde propose un truc différent. À chaque coin de rue, il y a une nouvelle vibe. J’encourage toute cette nouvelle génération !
On est étonné de ne pas voir Bamby sur le projet ?
 
On a déjà pas mal de titres ensemble et il y en a encore plein à venir. L’idée c’est de se séparer pour mieux se retrouver. Elle a autre chose à proposer musicalement. Moi pareil. Ne vous inquiétez même pas, la machine est chargée. (rires)
Tu as signé Alicia Aylies sur ton label. En quoi va consister cette collaboration ?
 
Je reste volontairement très flou sur ce projet. On prend le temps de faire les choses. Elle charbonne ! On ne va pas vous pondre des trucs bizarres (rires).

Photos : Kathryn Vulpillat
Le grand public t’a découvert à travers des gros hits. Est-ce que tu appliques toujours la même recette ou est-ce que tu as envie de prendre plus de risques ?
 
La vérité c’est que j’ai toujours pris des risques. J’ai commencé avec du reggae, puis de la dance-hall et en même temps du R&B avec un titre comme « Je sais que tu en as envie », pour ensuite faire « Bubblin’ » sur d’autres sonorités… Sur Tsunami, je n’ai pas fait que « du Jahyanai », j’ai testé de nouvelles choses comme d’habitude.
Est-ce que tu sens que tu as passé un nouveau statut dans l’hexagone ?
 
Oui. Au début, il y a eu un problème d’identification. Ils connaissaient la musique, mais ils ne m’identifiaient pas clairement. Pour eux Jahyanai c’était un chanteur qui venait de Jamaïque ou je ne sais d’où. Aujourd’hui, on a fait un gros travail et les gens me reconnaissent. On a réussi à se faire une vraie place dans le dancehall francophone.
Est-ce que tu as envie d’aller au-delà du dancehall ou du rap ?
 
J’ai surtout envie de rester moi-même. Si demain il y a une prod reggaeton qui dégage quelque chose chez moi je vais poser dessus. Je ne calcule pas. Je suis connecté à la musique et la musique est connectée à moi. C’est un partage, un échange.

Photos : Kathryn Vulpillat
Comment vois-tu ton avenir dans la musique ?
 
Je veux d’abord mener une carrière internationale. Et peut-être plus tard devenir directeur artistique dans une maison de disque, faire monter mon label, détecter de nouveaux talents, faire ce que l’on a fait pour moi. Continuer le taff même en coulisses.
Ton featuring de rêve ?
 
(Il réfléchit) Je dirais Rihanna. Elle est Caribéenne. Je pense qu’elle mange le même poulet grillé ou le même poisson grillé que moi, le même pikliz (rires). Ils appellent ça différemment mais on reste afro-descendant. Elle est très connectée au dancehall.
Maintenant que tu es papa, qu’est-ce qui a changé ?
 
Je ne suis plus tout seul et donc moins insouciant. C’est une responsabilité. J’étais déjà très bosseur alors maintenant… Je ne peux pas perdre. Cela fait plus de dix ans que je me bats pour ça. Aujourd’hui ma famille compte sur moi. C’est une motivation et une pression. Et comme j’aime bien bosser sous pression, ça me fait me surpasser.
Tu penses revenir en Guyane un jour ?
 
C’est le rêve. Je ne compte pas faire mes vieux jours ailleurs. J’ai dit « la Guyane en grand », c’est pour partir prendre tout ce qu’il y a à prendre ailleurs et le ramener chez moi.
Un message à ton public ?
 
Soutenez vos artistes. Partagez-les, streamez, soyez patriotes, représentez, soyez debout derrière vos artistes. C’est important. Si ça ne vient pas de vous, ça viendra de nulle part !

Photos : Kathryn Vulpillat
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Vos commentaires

dny973 30.03.2021

Beau message !!!

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