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MUSIQUE

Tchôsin’ s’écoute « avec les oreilles et les yeux »

Propos recueillis par Pierre ROSSOVICH Vendredi 21 Juin 2019 - 03h25
Tchôsin’ s’écoute « avec les oreilles et les yeux »
Tchosin - DR

Déjà remarqué par le DJ international Cut Killer lors de sa venue en avril, découvert par les organisateurs du festival international Mizik Kreyol de Montréal, le chanteur se produit au Canada en juillet. Mieux, il a été choisi pour en être le parrain. Demain soir, il se produit au Wood, à Cayenne.

On vous découvre aujourd’hui. Pourtant vous ne débutez pas dans la musique...

Non, cela fait un bon moment que je chante dans l’underground. J’ai débuté avec la Kensy Family vers 2002. C’était l’époque des premiers sites de téléchargement. En 2011, j’ai participé au Kayen Jazz Festival. En 2012, j’ai monté une formation reggae live, appelée Rakaba Roots Spirit. Le groupe s’est arrêté en 2014. Depuis, tout doucement, je prépare mon retour en solo et l’album Réseaux fantômes.

Pourquoi cette envie de se lancer en solo ?

Pour faire ce que je veux, tout simplement. Quand tu es dans un collectif, tu es obligé de t’harmoniser avec les autres membres du groupe. Or, Réseaux fantômes est un projet qu’il aurait été difficile de faire en groupe, car très personnel. Il m’a fallu ce temps pour pouvoir mûrir un album urbain guyano-carribéen, conscient, avec un message.

Que veut dire Tchôsin’ ?

Tchò en créole (cœur, ndlr) et sin’ comme sing, comme chanter en anglais. Je chante avec le cœur, c’est pour cela que ça peut être tranchant.

Le clip de Mo Lyrics est sorti en décembre, mais le titre original date de vos débuts ?

Oui, de 2002 ! Lorsque je suis parti en solo, sentimentalement parlant, il fallait qu’il y ait une touche de mon passé pour faire la transition. Symboliquement, ça montre aussi à quel point les choses n’ont pas évolué. Ce que je disais en 2002 est toujours d’actualité. Le mouvement de mars-avril 2017, les gilets jaunes... On est exactement dedans.

Ce titre est-il votre carte de visite ?

Il me présente bien, en ce sens que c’est un texte qui tranche. Il est à l’image de l’album.

Parlez-nous de ce premier album Réseaux fantômes saison 1 qui sortira en octobre...

C’est un album urbain de huit titres, accompagné d’un volet cinématographique. Chaque titre sera clippé. L’ensemble racontera une histoire, à la façon d’une série. Mo Lyrics et Family, les deux premiers épisodes, sont déjà disponibles sur YouTube. C’est un thriller sociétal, sur fond de malversation, corruption... Les clips, réalisés par Shaquille Design, sortiront jusqu’en décembre pour que démarre la saison 2 dans la foulée. C’est un album qui s’écoute avec les oreilles et les yeux.

Pourquoi Réseaux fantômes ?

Les réseaux fantômes sont tous ces réseaux de pouvoir et de contre-pouvoir. Les réseaux financiers, politiques... Des gens sont identifiés mais derrière, d’autres, que l’on ne voit pas, tirent les ficelles. La mini-série montre à quel point des gens peuvent être interconnectés et participer sans le savoir à une même tragédie.

Vous dénoncez beaucoup dans cet album...

Non ! Je constate. Je pose un regard critique mais surtout auto-critique sur la société. Je me sens principalement concerné. Je critique les politiques mais j’ai bien conscience qu’ils ne sont pas arrivés de manière imposée. On a forcément voté pour eux.

Quel est votre ambition avec Réseaux fantômes ?

Selon moi, c’est un album à portée mondiale. Ce que je dis est valable pour la Guyane mais pour le monde entier. Les réseaux fantômes ne sont pas inhérents à la Guyane. Tout le monde est concerné.

Vous vous produisez demain à Cayenne...

Je serai en live au Wood, avec les musiciens Farid Slimani, Mick Buchert, Élodie Vinhas, Kiris Parailloux, et Lena en guest. Je vais tenter de répondre à la question : qui est Tchòsin’ ?

En juillet, vous serez également parrain du festival international Mizik Kreyol de Montréal...

C’est un festival qui est friand de nouveautés. Depuis six ans, son objectif premier est de faire émerger des artistes créoles et de créer un pont entre le local et l’international. L’avantage du web aujourd’hui est que la musique n’a pas de frontière. Quand je diffuse ma musique, je ne me dis pas qu’elle va atterrir au Canada ! Ils attendent 20 000 festivaliers. Ce n’est pas rien !

Cela vous met-il la pression ?

Non, je suis impatient d’y aller. La pression a été de démarrer. Le premier pas, celui de partir en solo et de présenter un projet, a été le plus dur. Aller au festival, c’est la concrétisation d’un engagement.

Dans quelle catégorie classe-t-on votre musique ?

Certains vont la classer en musiques du monde.

C’est un peu un fourre-tout...

Ça pourrait l’être. Mais en même temps, être classé en reggae ou en rap ne serait pas exact non plus. Il faudrait créer une catégorie musiques urbaine du monde !

Demain, Livity Productions et Le Wood (ZAC Hibiscus à Cayenne) présentent TCHÔSIN’en live à 20h30. Entrée gratuite.

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