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Musique : Saïna Manotte retrouve la scène

FXG Lundi 21 Septembre 2020 - 11h27
Musique : Saïna Manotte retrouve la scène

La chanteuse guyanaise sera sur la scène du New Morning à Paris, le 2 octobre prochain. 

« Ki moun mo sa ? demande Saïna Manote. Je suis une Guyanaise, fière de l’être, une Créole qui veut représenter partout la couleur créole ! »

Hormis cette réponse, « Ki Moun Mo Sa », c’est le titre phare du premier album que Saïna a sorti alors que la France entière était confinée en avril dernier.

« Comme pour tout le monde, ça a été difficile parce qu’on était coupés de ceux qu’on aime, et quand on est artiste, on aime aller à la rencontre du public, donc on est coupés de cette partie-là de notre métier… Mais en effet, j’ai voulu sortir cet album et préparer mon concert de rentrée, le 2 octobre au New Morning parce que j’ai estimé que même si les temps étaient difficiles, même si on était dans une situation inhabituelle, je me devais de continuer de créer, de rêver et d’offrir ce que je propose à tous ceux qui me suivent depuis quatre ans maintenant. »

Cet album comme ce titre ont démarré par une discussion avec sa grand-mère. Saïna lui a demandé qui elle était pour en savoir plus sur elle-même. Car la jeune femme a entrepris un travail généalogique pour exprimer toute la richesse qu’elle a en elle, toute cette culture créole qui en est née. « Il y a des branches qui étaient moins accessibles que d’autres, surtout du côté de mon père, mais je suis remontée quand même assez loin… »

Il faut dire que le destin lui a donné un coup de pouce : Saïna avait déjà entamé ce travail de recherche lorsqu’elle a été invitée par le Comité de la marche du 23 mai 1998 (CM98) à venir chanter le 23 mai dernier sur le plateau de Limyè ba yo. Le CM98 lui a alors offert son arbre généalogique ! « Ils sont remontés encore plus loin que moi ! »

Ne cherchez pas un titre spécifique qui retracerait cette généalogie, Saïna l’exprime dans tout l’album avec des petites phrases disséminées ça et là. Ainsi, dans le titre « Désolée », elle nomme sa grand-mère, Léhacaut, et cite aussi un petit lieu-dit en Guyane, JoJo : « C’est le nom du grand-père de ma grand-mère qui à la libération des esclaves a cherché un petit bout de terrain qu’il a trouvé là, à Jojo auquel il a laissé son nom. »

Depuis sa sortie, Ki Moun Mo Sa a trouvé un très bel accueil du public en Guyane comme aux Antilles. « J’étais récemment en Guyane, raconte Saïna, et j’ai pu faire deux petits show-case dans un restaurant et je me suis rendu compte que les gens connaissaient la chanson par cœur ! Je pense que les gens se sont reconnus dans cette démarche de vouloir affirmer son identité et la fierté de qui on est ! En tout cas, je défends l’idée qu’on n’ait pas à se travestir, mais juste rester qui on est, valoriser notre culture ! »

Car Saïna a des références et des modèles en terre guyanaise, à commencer par Joseph Mondésir dit Tonton Jo, chanteur et compositeur disparu en 2015. « J’ai été bercée, influencée par sa musique. J’avais chanté sur les réseaux sociaux certaines de ses chansons comme Domino… »

Et puis, elle ne peut s’empêcher de citer Edith Lefel dont elle chante dès qu’elle est sur scène son merveilleux titre La Sirène. Car Saïna a quelque chose en elle de zouk. « Bien sûr qu’on peut le dire même si ma musique n’est pas zouk car j’ai de réelles influences zouk et plus globalement des influences de la musique caribéenne dans laquelle le zouk a une grosse part ! »

Les amateurs sauront retrouver dans sa musique les croches pointées ! « Je prends au zouk ce que je trouve de plus beau et j’essaie de le mettre dans ma musique ! » Car avant tout, c’est la musique traditionnelle de Guyane et des Antilles qui motive Saïna. Avec elle, les tambours sont toujours présents qu’il s’agisse du Kasé kò de Guyane, du kaladja des Antilles et plus généralement des rythmes traditionnels des Caraïbes. « Dans Ki Moun Mo Sa, raconte-t-elle, on va retrouver de manière assez subtile, le nyahbinghi de la Jamaïque. »

Sur scène, même si Saïna se fait accompagner d’un batteur, il y a toujours un percussionniste, qui peut être guadeloupéen, réunionnais… « Je leur demande d’amener les percussions de chez eux pour que scène, ils puissent aussi exprimer leur patte, leur île, leur culture ! »

Le 2 octobre, sur la scène du New Morning à Paris, ils seront six musiciens autour de Saïna



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