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MUSIQUE

L’aventure kolekt’or : les pépites fondatrices de la musique guyanaise

Propos recueillis par Véronique NORCA Mardi 21 Juillet 2020 - 14h53
L’aventure kolekt’or : les pépites fondatrices de la musique guyanaise
DENIS DUVIGNEAU PRODUCTEUR DES CDS À SUCCÈS KOLEKT'OR (PHOTO : HENRI GRIFFIT)

Dany Play ou Tonton Jo, artistes guyanais associés au « rétro » sont toujours plébiscités aujourd’hui par le grand public à travers les compilations de l’association Patawa. Hexagone, Etats-Unis, Canada, Guadeloupe, Martinique, Réunion, ces CD's diffusent la musique traditionnelle et de variété guyanaise au-delà du territoire. Denis Duvigneau, ancien animateur radio pour RFO Guyane, est bien connu du monde artistique antillo-guyanais. En 2013, il crée le concept Kolekt’or avec l’association patawa, dont il est le président.

D’où vous est venue l’idée de remettre au gout du jour ces chansons oubliées ?
« Réaliser un « collector », c’est réunir ce qu’il y a de meilleur, ce qu’il y a de plus précieux. En Guyane, c’est l’or. Moi, j’ai choisi de collecter l’or musical. A partir d’un sondage, j’ai cherché à savoir quels artistes les guyanais avaient envie de retrouver chez leur disquaire. Il s’agissait de sons anciens, que je ne retrouvais nulle part. J’ai donc été à la rencontre des éditeurs et des producteurs. »
Ça a été difficile d’obtenir les autorisations de réédition ?
« Je n’ai eu aucun mal à obtenir les droits de réédition, parce que grâce à mon activité de programmateur radio, j’avais conservé de bonnes relations. Et puis les gens n’y croyaient pas. Ils étaient même surpris de ma demande. Ils me disaient « qui cela intéresse encore ? on va sortir les toiles d’araignées. Les années 60, 70 et 80 ce n’est pas à la mode. ». Mais j’ai été au bout de mon idée, j’ai même fait transférer des sons du vinyle au numérique, non sans quelques soucis techniques »
Qui sont vos clients ?
« Au début, c’était des « vieux », qui étaient nostalgiques de certaines formes musicales. Puis au fur et à mesure, l’audience s’est rajeunie. Ce que je voudrais, c’est faire vivre la musique guyanaise au-delà du temps et des générations. Et je suis fière quand on peut co-produire des albums comme celui de Maxxy Dready, qui a obtenu le Lindor de la meilleure production musique urbaine en 2019. Ou encore lorsque Rhamsin rend hommage à Edgar Nibul avec un son de qualité. Nous avons de belles ressources et la preuve est faite qu’on peut en faire une musique actuelle. »
Avez-vous un réseau de distribution ?
« Nous avons un revendeur dans l’Ouest qui nous indique les tendances des ventes. Mais la majorité de notre distribution se fait par correspondance. Nous sommes présents sur les médias sociaux : Youtube, Facebook, Instagram. Les gens qui sont intéressés nous contactent par mail et reçoivent leur cd par courrier après un paiement dématérialisé ou parfois en personne pour les Guyanais »
Avec le confinement rendant plus difficile les déplacements et l’envoi postal, avez-vous envisagé de diffuser à travers des plateformes en ligne ?
« Non, nous ne faisons que du physique. Je crois à cette musique physique et palpable. C’est différent du vinyle, même s’il revient en force, mais ça reste un rituel. On reçoit son cd, on le glisse dans son lecteur, on l’ajoute à sa collection etc. Lorsqu’un artiste met sa musique sur les plateformes, il doit vendre des milliers d’extraits pour un gain très faible. Il faut savoir que lors d’un concert, si ce même artiste vend ses cd à la sortie, ce sont 1 à 2/3 des spectateurs qui achètent et ça c’est réel. »
Que pensez-vous de la fermeture de Debs musique à Paris ?
« C’est une grande perte pour la profession. Henri Debs était un pionnier pour la production des artistes antillais. C’est lui qui a donné de la visibilité au zouk dans les années 80 et à la musique antillaise en général depuis les années 50. C’était à la fois une vitrine et un relais pour nos musiques dans l’hexagone et fournisseur de la Fnac. A la suite de cette annonce, on nous a proposé de rapatrier nos cd ici ou ils seraient détruits, car il n’y a pas d’autre prestataire. »
Quelle est votre actualité ?
« Nous avons profité du confinement pour avancer sur la préparation de la prochaine compile et travailler sur des projets qui nous tiennent à cœur, faire revenir des anciens sur le devant de la scène. Nous avons notamment un projet d’envergure nationale, mais je ne peux en dire plus pour le moment. En parallèle, nous continuons à promouvoir nos artistes locaux. L’album de Nadine Léo est notre meilleure vente du moment. »
Avez-vous un message pour nos lecteurs ?
« Bien sûr, je souhaite à tous du courage face à cette épidémie. Mais j’ai une pensée toute particulière pour les artistes et les acteurs de l’industrie musicale, dont c’est le métier, c’est-à-dire, qui ne vivent que de ça. Nous traversons une période difficile et je sais qu’ils sont en grande souffrance. Vous avez tout mon soutien. »

LES CDS KOLEKT'OR PRÉSENTS DANS DE NOMBREUX SALONS GUYANAIS (PHOTO : HENRI GRIFFIT) -


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