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Emmelyne Octavie : « L'écriture est une mise à nue »

Propos recueillis par Angélique Gros Lundi 18 Juin 2018 - 15h48
Emmelyne Octavie : « L'écriture est une mise à nue »

Emmelyne Octavie signe un quatrième ouvrage avec son nouveau recueil de textes Comme un clou dans le cœur. Artiste aux multiples facettes, l’auteure quand elle n’est pas derrière son stylo se retrouve sur scène pour y exercer le métier de comédienne mais aussi pour déclamer.

Le nom de votre nouveau recueil de textes interpelle. Pourquoi avoir choisi ce nom ?
Je crois que c'est la première fois que je réfléchi autant pour un titre. Au départ j'étais partie sur Comme une plume dans le cœur, mais je trouvais ça trop conventionnel. L'idée du clou et sa symbolique m'ont beaucoup plus car un clou peut blesser et dans un autre sens être un matériau de construction...
On a l'impression que la Guyane est le fil conducteur de votre nouveau recueil. C'est le cas ?
Il y a beaucoup plus de place qui est faite à la Guyane dans ce recueil car j'y vis depuis quelques temps même si je fais beaucoup d'allers-retours par rapport à mes prestations. J'avais 19 ans à l'époque de mes premiers écrits et je faisais mes études à Paris. C'était des recueils de nouvelles et de poésies souvent centrés sur la jeunesse avec une pointe d'auto-dérision et pas mal de sarcasmes sur des situations qui m'interpellaient. Dans ce recueil, la Guyane est plus présente mais n'est pas figée sur les pages, ces textes s'adaptent. L'un des poèmes, Zombi bare?yo, se déroule pendant le carnaval donc oui c'est chez nous, mais celui qui s'appelle Les pêcheurs pourrait se dérouler ailleurs.
Vos textes sont très engagés notamment quand on pense à Des mots qui cognent, mais ceux-ci semblent plus personnels...
L'écriture est une mise à nue pour moi, mais écrire pour soi et de soi ça ne sert pas à grand chose. Je marie toujours quelques éléments autobiographiques à mes écrits. En fait je joue de ça, par exemple pour Bonne fête papa, comme dans le poème, j'ai quatre frères, on est cinq, mais d'autres familles pourraient en fait se retrouver dans ce texte.
Qu'est-ce qui vous a inspiré pour écrire, Pays à deux routes, le premier texte du recueil ?
C'est un texte que j'ai commencé à écrire en décembre l'année dernière, au retour d'une formation théâtrale. Petite, je ne connaissais que la route pour aller vers Saint-Laurent car mon père est de Mana et c'est une route qu'on empruntait souvent. La deuxième route on peut se dire que c'est celle pour aller vers l'est, vers Saint-Georges. Mais on peut aussi le voir comme une route pour venir en Guyane et l'autre pour en partir...
Finalement la route n’est que le point de départ d’un constat que vous tirez avec ce poème...
Les routes ont toujours été un problème en Guyane. Je me souviens encore de la période où le pont du Larivot avait été fermé car il commençait à s'affaisser. On a du s'adapter et tous le monde s'en est accomodé comme toujours. J'ai eu l'occasion de voyager et je trouve qu'on est bien ici mais lorsqu'on aime un pays je pense que la moindre des choses c'est de pouvoir le regarder en face et se dire : « Là, ça ne va pas ! ».
Pourquoi avez-vous choisi de transformer ce texte-là en single ?
Ce n'était pas anticipé. Il avait déjà un côté musical avant même que je décide d’en faire un single.
Vos trois précédents recueils ont été publié en autoédition comme celui-ci. Pourquoi ?
Je n'ai pas envie d'avoir les mains liées et de me dire qu'il faut produire. L'autoédition, c'est difficile mais je ne me suis jamais dit : « je vais écrire pour en vivre ». Au départ, c'est parce que je voulais publier. Mon défi c'était ça !
Vous déclamez en duo avec le guitariste Thierry Salomon. Comment avez-vous été amenés à collaborer ?
C'est un musicien qui évoluait dans le répertoire des Bal vakans et je lui ai demandé s'il pouvait m'accompagner pour ma première déclamation en 2010, aux Amandiers, à Cayenne. Il n'était pas très emballé (rires) mais j'ai réussi à le persuader. Et en fait grâce à la musique on a réussi à mieux capter l'attention du public, puis on nous a passé commande pour de nouvelles prestations et depuis on a jamais arrêté.
Pensez-vous que la musique peut réconcilier les jeunes avec la poésie?
Oui, je le pense. Lorsque j'ai fais mon premier mémoire universitaire de lettres modernes j'ai choisi le slam comme désacralisation de la poésie. J'ai pu travailler dessus et voir ce qu'on pouvait faire à travers ce genre qui émergeait au début des années 1990 en France. L'idée c'était de voir comment à partir d'exercices d'écriture et de déclamation on pouvait amener des élèves vers du Rimbaud ou des auteurs pointus. J'ai beaucoup apprécié, et maintenant je l'expérimente pour moi avec mon spectacle Battements de mots avec lequel on a pas mal tourné. On a donné une réprésentation à Saint-Lucie pour la journée de la francophonie, et dans des établissements scolaires à Saint-Laurent et Cayenne. On a aussi reçu une invitation de l'institut français d’Erbil, au Kurdistan mais on attends des réponses pour une aide à la mobilité.
Où en est votre projet de roman ?
Je l'ai fini et il s'apelle T. Ça parle d'une écrivaine qui donne naissance alors même qu'elle ne se savait pas enceinte et qui ne sait pas vraiment comment gérer ça. C'est une sorte de métaphore de la création d'un manuscrit en fait. Le publier en autoédition aurait été une trop grosse charge de travail donc j'ai préféré envoyer le manuscrit à plusieurs maisons d'éditions. J’ai eu des non, mais il y a eu un non encourageant puisque Flamarion m’a écrit que son comité de lecture avait apprécié mon livre mais qu’il ne colle pas avec ce qu’ils proposent !
Vous avez reçu le Lindor de l'auteur de l'année et celui de la création artistique originale. Qu'avez-vous ressenti ?
Que du bonheur ! Vu que je suis une auteure ça m'a fait un peu bizarre que ce soit le monde de la musique qui me remette cette consécration mais je me suis dit qu'après tout, les mots c'est de la musique.
L'année dernière on a pu vous voir dans la pièce Vivre vite que vous avez notamment joué à Avignon. Avez-vous d'autres projets en tant que comédienne ?
J'ai des propositions pour 2019-2020 avec la compagnie les Bruits de la rue mais rien n'est encore acté...
Quels sont vos projets ?
Continuer à travailler avec les établissements scolaires autour de mes textes. Et continuer ce que je fais, car pour moi l'écriture et la scène c'est un ensemble.
Avez-vous prévu de faire la promotion de votre livre en Guyane ?
Oui, j'organise le 22 juin à Mana et le 29 juin à Cayenne une présentation de Comme un clou dans le cœur. Nous allons interpréter le single Pays à 2 routes avec Thierry Salomon et l’artiste Abel Adonaï va se joindre à nous pour une performance de peinture.
 
Rendez-vous avec Comme un clou dans le cœur
- Vendredi 22 juin à 20 heures à la bibliothèque
Man Vévé à Mana.
- Vendredi 29 juin à 20 heures dans les salons
de l’Hôtel de ville de Cayenne.
- Samedi 30 juin à la Librairie Guyanaise
de 9 heures à midi.
 
 


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