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Gilles Vernet, président de Mo’Jazz

« Comme un festival, sur une journée »

Propos recueillis par Serge RAVIN Jeudi 7 Novembre 2019 - 03h00
« Comme un festival, sur une journée »
Gilles Vernet, président de l’association Mo’Jazz « On a choisi Lisa Simone parce qu’on a remarqué que les gens aiment quand ça chante dans le jazz. Il y a des gens qui ne sont pas forcément branchés sur la musique de jazz. On l’a remarqué depuis que nous organisons des spectacles. Les gens apprécient chaque fois qu’il y a une chanteuse, rappelons-nous de China Moses, il y avait trois mille personnes au jardin botanique. Ils aiment le chant dans le jazz. Lisa sur sa voix et ce qu’elle propose dans son nouvel album atteint la fibre musicale de tous les publics. Même si on n’aime pas le jazz on se déplace pour venir écouter une grande chanteuse comme Lisa Simone. Les gens savent faire la différence entre un jazz plus élitiste et un jazz plus accessible. Ce que propose Lisa Simone est très ouvert. Ce qu’elle fait dans son nouvel album est comparable à ce que faisait Red Charles, Tina Turner ou encore James Brown. Il faut prendre le temps d’écouter The Reckoning où elle raconte le poids de la notoriété de sa maman sur sa carrière à elle, et aussi le premier extrait de Right Now. Ces deux interprétations donnent la couleur de la musique de Lisa Simone et ça il faut le vivre en live bien sûr ». - Serge Ravin

Gilles Vernet revient sur l’histoire de l’association Mo’Jazz, qui fête ses 20 ans samedi avec les concerts de Tom Ibarra et Lisa Simone, la fille de Nina. Il présente les deux artistes.

Qu’est-ce que Mo’Jazz ?

Mo’Jazz est né en 1999. L’idée était de promouvoir le jazz en Guyane, pas seulement faire des concerts de jazz. Seuls les fans seraient venus. On a eu l’idée de faire des gardens, ce qui nous a permis d’avoir une petite ouverture car les gens venaient pour l’ambiance cordiale. À travers cette ambiance, ils découvraient nos artistes de jazz guyanais. C’était aussi faire vivre les jazzmen guyanais et en même temps ouvrir et élargir la clientèle de jazz. On l’a appelé Mo’Jazz Festival parce qu’il y avait aussi en finalité l’intention de faire un festival.

Comment êtes-vous venu au jazz ?

Je découvre le jazz avec des amis, à 14 ans. Ils me font écouter les premiers albums de jazz fusion, parce que je suis jeune, et de jazz rock. J’écoute Pat Metheny, Yellowjackets, Spyro Gyra, ce genre de groupes. À force de fréquenter ces amis-là, qui étaient des adultes, j’écoutais cette musique chez eux. C’est comme ça que j’ai acheté mes premiers vinyles. J’avais 15 ans. Le premier guitariste que j’ai aimé était Pat Metheny. On est dans les années 1980. C’est comme ça que j’ai commencé à apprécier le jazz rock, le jazz fusion pour ensuite aller vers les standards, découvrir Miles Davis, Coltrane, McCoy Tyner, Wayne Shorter, Herbie Hancock, Keith Jarrett et tous les autres. Ça m’a permis d’avoir une palette assez large. Pour mieux les suivre, je me suis abonné à Jazz Magazine. Je dévorais toutes les pages ce qui m’a permis, quand j’ai commencé à faire de la radio tout en allant à l’école, de commencer à faire les premières émissions de jazz dans les radios libres. Depuis, je n’ai jamais cessé. Partout où j’étais, même à Paris quand j’ai travaillé, j’avais une émission de jazz et jusqu’à présent avec l’émission radiophonique quotidienne que j’anime.

 Quels événements ont marqué Mo’Jazz  ?

Il y a eu les garden-jazz pendant dix ans, puis les Kayen’Jazz Festival avec la mairie. Trois éditions en 2009, en 2011 et en 2013 qui ont permis d’avoir des stars comme Christian McBride. On a fait des festivals où il y avait la nouvelle génération avec Christian Scott. Il y a eu nos propres concerts avec le trio Aaron Diehl, Sarah McKenzie. Il y a eu, avec la Collectivité rerritoriale, les Journées internationales du Jazz avec Alune Wade et dernièrement le trompettiste Nicolas Folmer qui rendait hommage à Miles Davis. Ça nous a permis de faire découvrir à la population guyanaise le premier album de Gilbert Charron. Puis le premier festival de Mo’Jazz l’année dernière avec le fameux Mo’Jazz Festival. Pour nos vingt ans, nous recevons Lisa Simone et Tom Ibarra (lire notre précédente édition).

Comment l’avez-vous repéré ? 

Il a 20 ans comme Mo’Jazz, tout un symbole. Des membres de Mo’Jazz vont écouter de nombreux concerts et festivals. On se rassemble et chacun rapporte ce qu’il a entendu. On écoute ensemble et on fait des choix. Tom Ibarra, c’est la proposition de Franck Cébret qui est très branché sur la guitare et qui nous a fait découvrir ce guitariste. Nous avons énormément de concerts dans l’année . Il faut faire des choix. On a choisi Tom Ibarra qui pratique un jazz rock, un jazz fusion d’aujourd’hui. Il a 20 ans, il est né quand Mo’Jazz est né. Il sort son premier album à 15 ans. Il fait partie de cette nouvelle génération qui s’affirme à travers du jazz fusion. C’est un petit génie de la guitare.

Il a joué avec Jean-Luc Ponty, Didier Lockwood...

Oui, il a joué avec Marcus Miller, Jean-Luc Ponty, Didier Lockwood et d’autres grandes pointures. On a voulu avoir ce petit génie. C’est un jeune qui n’a peur de rien. Monter sur scène à 16 ans pour jouer avec Marcus Miller sur le fameux Tutu de Miles Davis, il faut oser . Quand on écoute le solo de guitare qu’il fait dessus, on ne peut que constater qu’il est bourré de talent. C’était juste il y a quatre ans. Entre-temps, il a sorti son dernier album en 2018. Il joue habituellement avec un groupe qui sera renforcé par un trompettiste. C’est un groupe lourd avec 6 musiciens sur la scène : sax, trompette, guitare, basse, batterie et piano. C’est leur musique qu’ils viennent nous proposer, un jazz fusion 2019.        

Présentez-nous Lisa Simone...

Elle a sorti son 3e album la semaine dernière. Ce n’est pas n’importe quel album. Dans les deux premiers, elle rend hommage à sa maman Nina. Il y a toujours des titres de sa maman sur ses albums mais cette fois elle s’engage sur une voie qui lui est propre. C’est magnifique ! Il y a du rhythm and blues, un peu de gospel. C’est de la pop jazz soul, un mélange très intéressant. Elle est appuyée par un superbe trio composé d’Hervé Samb qui est un guitariste prodigieux, Sonny Troupé à la batterie et Reggie Washington à la basse qui sera remplacé pour ce concert. C’est un trio magique avec lequel elle tourne depuis de nombreuses années. Sur ce nouvel album, elle veut juste se révéler car il y a toujours l’ombre de sa mère, Nina Simone, dont elle veut se défaire, sans reniement aucun pour autant. Elle veut juste s’affirmer. L’idée c’est qu’aujourd’hui on vienne voir Lisa Simone, certes la fille de Nina, mais Lisa Simone pour le talent qu’elle a, pour la carrière qu’elle fait. Cette année, elle a fait tous les plus grands festivals. Ce n’est pas un hasard. Il y a plein de musiciens qui n’ont pas encore fait Marciac, Vienne, Juan-les-Pins, Montréal, Montreux, New York. Lisa a tout fait. C’est comme ça que nous faisons pour choisir un musicien. On regarde son actualité sur les deux dernières années et quels sont les festivals auxquels il a participé. C’est le cas de Tom et c’est le cas de Lisa. Elle a fait deux fois Marciac qui est un des plus grands festivals de jazz. C’est la preuve que Lisa est acceptée non pas parce que c’est la fille de Nina Simone mais parce qu’elle est bourrée de talents.

Renouvelez-vous le village du jazz ? 

Ce ne sera pas un festival. Ce sont les 20 ans de Mo’Jazz qui vont se dérouler sur une journée. On tenait quand même à créer un mini-village à l’entrée du Zéphir. Les gens pourront se restaurer, se rencontrer. Les deux artistes donneront des autographes chez nos deux partenaires. Mo’Jazz aura aussi son chapiteau, les gens pourront prendre des photos avec les artistes. Il y aura un entracte d’environ une heure. Ce sera le même principe que le festival, excepté que ce sera sur une seule journée.

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Robert Charron a présenté son album à l’ENCRE à Cayenne lors de la Journée Internationale du Jazz le mardi 30 avril 2019. - Serge Ravin

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