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Tanya Saint-Val et Saïna Manotte

« C’est cette femme créole multiple qu’on a voulu mettre en avant »

Propos recueillis par FXG, à Paris Mercredi 03 avril 2019
« C’est cette femme créole multiple qu’on a voulu mettre en avant »
Tanya Saint-Val et Saïna Manotte / photo FXG - FXG

La Guadeloupéenne et la Guyanaise ont sorti un titre en duo, Fanm a liberté, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes à l’issue d’une résidence de création à Mana.

Qu’alliez-vous faire dans cette résidence ?

Tanya Saint-Val. Il faut savoir qu’entre la Guyane et moi, il y a un aspect affectif particulier puisque c’est là que j’ai créé An Love Boogie Zouk avec Pascal Adams, comme une bonne partie de l’album Mi. J’ai travaillé une bonne partie des chansons en studio là-bas ; j’y allais souvent... Du coup, quand on m’a appelée pour faire cette résidence féminine avec des femmes du Suriname, de la Guyane dont Saïna, c’est avec plaisir que j’y suis allée !

Saïna Manotte. Rémy Aubert, le président de l’association Zig Zag Prod, m’a contactée en Métropole où je réside pour me proposer cette résidence exclusivement féminine. Je ne savais pas encore qui il y aurait mais je suis venue. C’était en octobre 2017...

Est-ce qu’on vous a donné un cahier des charges ? Une consigne ?

Saïna Manotte. On avait un timing serré. C’était un peu un challenge parce qu’on devait chacune apporter une idée, un thème et à partir de là créer cinq chansons en quatre jours avec une restitution le quatrième jour !

Que s’est-il passé entre vous deux ?

Tanya Saint-Val. Je ne connaissais que Saïna que j’avais croisée sur les réseaux sociaux avec son piano et je trouvais qu’elle avait énormément de charme... Et puis moi, c’est vrai que j’aime bien pousser les jeunes femmes à vraiment embrasser ce métier et à s’accompagner... J’ai composé ma chanson et je ne savais pas encore avec qui j’allais la partager...

Saïna Manotte. Moi, évidemment, je connaissais Tanya Saint-Val que j’écoutais et admirais depuis que j’étais gamine, avec tout ce qui va avec : la petite fille qui s’associe, qui s’inspire, qui s’identifie à ces femmes créoles qui chantent... C’est ce que je voulais être. La rencontrer a été un honneur. Quand on a chacune dû apporter un thème, j’ai proposé de chanter la femme. Comme on était entre femmes, avec que des modèles féminins autour de soi, la voix de Tanya s’est imposée pour cette chanson...

Qui a fait quoi dans ce titre ?

Tanya Saint-Val. Saïna est arrivée avec son morceau construit, avec ses accord, comme moi avec le mien. J’avais déjà la mélodie... La composition existait et on avait chacune des parties bien respectives à faire. Un thème avait été donné et les paroles arrivaient comme ça... On a d’ailleurs presque tout gardé !

Saïna Manotte. Jusqu’au refrain qui n’est pas de ma création, mais par une autre auteur qui a participé à la résidence, Patricia Lévy... On a gardé son refrain, le couplet de Tanya et le mien !

Vous honorez la femme, « Fanm a liberté, fanm a promès »...Quelle est cette promesse ?

Saïna Manotte. La femme, c’est une certitude ! J’ai grandi avec beaucoup de modèles féminins autour de moi : ma mère, mes tantes... J’allais chez ma grand-mère tous les week-ends et je savais que quand ces femmes me disaient quelque chose, ça allait se faire et ça allait le faire ! C’est toujours cette promesse de choses bien faites que j’ai vues dans ma famille à travers les femmes.

Tanya Saint-Val. Je trouve que pour Saïna, ça a été un beau modèle, assez exceptionnel parce que ce n’est pas souvent comme ça. Moi, j’avais un manque de confiance parce que ma mère était très sévère. On marchait droit ! C’était des mamans d’avant, des femmes potomitan qui, parfois, ont élevé leurs enfants seules... C’est vraiment cette image que j’avais comme ma grand-mère qui coupait la canne et séchait son poisson, qui faisait tout, le travail de deux, trois, quatre mecs... Donc, on ne va pas raconter ça !

C’est une femme moderne que vous magnifiez dans ce titre...

Tanya Saint-Val. La femme créole a tellement de facettes ! Elle réalise parfois des travaux plutôt masculins, mais elle a aussi la tendresse, la douceur, le siwo myel... Elle sait prendre des décisions, gérer un foyer... C’est cette femme créole multiple qu’on voulu mettre en avant, celle qui va au travail en costume, celle qui porte une robe et des talons, celle qui est en baskets, celle qui danse, qui chante, qui écrit... Le piano de Saïna est très présent, mais il n’y a pas que ça. Il y a aussi le son des tambours du Suriname...

Saïna Manotte. Ça, c’est la richesse de cette résidence ! On venait toutes d’endroits différents : la Guadeloupe avec Tanys, la Guyane avec moi et le Suriname avec Georgine. Elle avait avec elle ses musiciens, les Kawinas, que des percussionnistes ! Quand le morceau est né, ils étaient là. Alors on est allé du projet tel qu’il s’est présenté et on les a enregistrées un soir après la résidence, chaque percussion l’une après l’autre et on les a intégrées au morceau.

À quel moment avez-vous décidé d’éditer le titre ?

Tanya Sant-Val. C’est vraiment une idée de Saïna. C’est son produit, son projet et j’ai vraiment collé au projet parce que je la regardais avec beaucoup d’admiration... On a quand même quelque vingt ans d’écart et mon truc, ce n’était pas de tendre la main mais de travailler avec une autre génération et de trouver une cause commune à chanter ! J’ai approuvé. C’est un challenge pour moi parce qu’on n’a pas le même style musical, voire pas du tout, mais on a quelque chose, on sait chanter, on a des valeurs communes et on a eu envie de s’associer, une femme jeune, une autre d’un certain âge avec une maturité et une expérience...

Saïna Manotte. Je n’avais pas du tout l’idée de cette sortie avant la rencontre. Je ne me rendais pas trop compte pendant la résidence. J’étais dans le travail avec un seul objectif : le concert de sortie de résidence.. Puis peu à peu, comme je suis quelqu’un de... réservé...

Tanya Saint-Val. Pas réservée, mais prudente...

Saïna Manotte. Voilà ! J’observais et Maxime, mon producteur, m’a dit qu’il voyait Tanya me donner des conseils, qu’elle avait une tendresse pour moi... Mais moi, je n’osais pas me dire qu’elle aimait peut-être bien ce que je suis... À force de temps et de souvenirs, on s’est dit qu’il faudrait en faire quelque chose de cette chanson ! Presque deux ans après, on arrive à ce projet-là !

À quand un concert avec toutes les deux ?

Tanya Saint-Val. J’espère ! On ne commence que maintenant la promotion du titre. C’est une chanson qui a un message tellement fort que toutes les fois où il n’y aura pas du voyé monté, on la mettra en avant parce qu’elle a le mérite d’encourager les femmes. On fera !

Saïna Manotte. Il n’y a pas de date aujourd’hui, mais ça viendra !

https://itunes.apple.com/fr/album/fanm-a-libert%C3%A9-single/145522807.


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