Hexagone l'actualité des Antillais et Guyanais de l'Hexagone
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Misère antillaise à Paris

Alfred Jocksan (agence de presse GHM) Jeudi 06 décembre 2012
Misère antillaise à Paris

Mercredi après midi, plus de quatre-vingts personnes, en majorité des femmes et quelques hommes, quasiment tous d’origine antillaise, ont trainé leur caddies et porté leur sacs à provision, sous la pluie et dans le froid, pour recevoir une ration de nourriture au local de la Case sociale antillaise, à Paris.

La communauté antillaise, d’habitude réservée, sort de sa discrétion et montre sa misère. C’est du jamais vu ! « Depuis l’arrivée du froid, le nombre de personnes a considérablement augmenté », constate Jacqueline qui vient chaque mercredi prêter main forte à la dizaine de volontaires en charge de la distribution des repas. « Il y a beaucoup plus de gens de la communauté, ajoute le président de l’association, Gaston Calife. C’est quelque chose qu’on ne voyait pas avant. Maintenant, ils mettent leur fierté dans leur poche parce que leur ventre est vide. »
Pour ces nouveaux pauvres, plus l’hiver approche plus les besoins en nourriture se font ressentir. Marie-France, une jeune femme d’une cinquantaine d’année, est arrivée dans l’Hexagone en 1976 par le biais du BUMIDOM. Elle témoigne : « Je résiste pour ne pas me retrouver dans la rue. L’hiver comme l’été, je me débrouille. Ma famille m’aide un peu, mais c’est dur. » A la vue de l’appareil photo, peu de gens veulent parler ; ils baissent la tête. Béra, venu de la Martinique, a dans son sac de quoi tenir quelques jours. Il accepte de parler : « Après cinq ans d’activité, on n’a pas renouvelé mon contrat, depuis plus de boulot ! Et voila le résultat… Pourtant ma femme travaille. Je tire mon chapeau pour ce que fait la Case sociale. Il y a beaucoup des gens dans les rues… »
Dans la salle, c’est assez électrique mais les gens, à l’appel de leur nom, avancent avec leur caddies devant chaque distributeur de produits frais ou en conserves. Un jeune homme d’une trentaine d’années maugrée dans son coin : « Il faut bien réfléchir avant de venir. Ici, il n’y a pas d’aide pour les Antillais… » Mais il refuse d’en dire plus. Maryse avance avec le sourire. Elle a connu beaucoup de problèmes de santé et aujourd’hui, elle tente de garder la tête hors de l’eau. Elle encourage les siens à sortir du silence : « Quand on a des problèmes, il faut venir. Ici, c’est la communauté ! Parmi nous, il y a beaucoup de gens qui ont honte, qui se cachent, qui ne se veulent pas parler… La situation n’est pas facile à vivre. » Maria est originaire de la Réunion : « C’est grâce à monsieur Calife que j’ai pu me sortir de mes problèmes et avoir à manger. Suite à un arrêt de maladie, j’ai perdu mon travail et tout a basculé. Je me suis retrouvée à zéro. »
La case sociale distribue chaque semaine 700 kilos de denrées alimentaires pour les familles en grande difficulté. Chaque jour, ce sont une douzaine de repas, en moyenne, qui sont servis aux plus défavorisés, pour une valeur de 7 €. Souvent, leur unique repas. Ils arrivent très tôt pour ne pas trop attendre et avoir un petit café.


 

Le prix de la solidarité
La Case sociale paie une cotisation annuelle de 70 € à la banque alimentaire d’Arcueil et 3000 € pour être fournie en nourriture. Malgré cela, à l’approche de l’hiver, ce n’est plus suffisant pour faire face à la demande et avoir une distribution correcte pour chaque personne. « Nous sommes obligés de faire un complément de 150 à 200 € de courses en plus chaque semaine à la supérette du coin pour satisfaire tout ce monde », avance le président de la Case sociale, bien agacé. « Nous n’avons pas de subventions de la mairie de Paris pour aider les gens les plus démunis », regrette-t-il.
La Case sociale antillaise - 62 rue de la Chapelle 75018 Paris - Tel : 0899964073 / Fax : 0142050353

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6 commentaires

Vos commentaires

mml 25.01.2013
La Misère

Elle devient de plus en plus grande en France. Il y a tant d'étrangers chez nous,à qui on donne tout et très facilement, qu'il ne reste plus rien pour aider les français. Toi, français, tu demandes une aide, vois la liste de photocopies qu'on te demande sur le papier, photocopies qu'il faut en plus payer !

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Vencenmilane 01.02.2013
RE: La Misère

Au lieu de tout rejeter sur l'étranger à qui on donne soit disant tout (sic) , regardez plutôt les nantis de la France qui vous prennent tout et qui bénéficient des largesses de l'Etat.
La misère vient de la fracture sociale. Les étrangers (pour la plupart ) fuient la misère dans leur pays qui bien souvent a comme origine les magouilles des pays occidentaux, la France compris. Alors réfléchissez un peu avant d'accuser plus miséreux que vous!!
Cela dit en ce qui concerne les antillais en France, il n'y a pas si longtemps on nous considérait comme étranger en métropole.
Je suis sûre que si nous avions les moyens de rester travailler chez nous le ferions. Exactement comme pour les étrangers.

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Lohengrin973 12.06.2013
RE: La Misère, le mensonge

Il est temps que les gens soient conscients d'une chose : ce n'est pas parce que la France accorde 10 000 asiles par an que ça leur donne droit de toucher des aides sociales comme le revenu d'insertion (exclusif au citoyen européen et ne peut être acquis qu'après avoir travaillé, or une belle partie des asiles ne sont pas qualifiés).

Par contre, en parlant de la misère : vous savez pourquoi les immigrés ne sont que rarement chômeurs ? Car ils n'ont pas justement cette fierté de baisser la tête face à la misère. Cette misère européenne d'humilitation, de ne pas aller manger chez Fouquet's, de ne pas pouvoir donner de la "dignité" à la femme et aux enfants, ils ne connaissent pas. Ils comptent la journée pour survivre, et quand ils n'ont pas de papier, ils comptent les heures pour eviter les contrôles de la PAF.

Un immigré n'est pas chomeur car il n'a pas honte de travailler dans les excrements, dans une mine d'or exposé aux maladies, travailler dans un marché à 15 euros la journée (sans aucun contrat ou cotisation sociale).

Avant de repeter ce que dit de façon mensongère les partis de droite, renseignez-vouz. Ce que vous faites c'est un appel à la haine. C'est d'affirmations comme la votre qui motivent les gens à aller tuer ou mourir. C'est inadmissible.

Si en Guyane il y a un seul batiment debout c'est parce qu'on a bien profité des haitiens et brésiliens avec leur travail de qualité et pas cher voire gratuit (suivi d'arrestation et expulsion systematique) !

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skol973 07.12.2012

On est bien chez soi et pas dans le pays de l'autre. Quand je dis qu'on est pas français, je pense qu'en lisant ce reportage, les gens qui souhaitent partir vont réfléchir. De toutes les façons que ce soit les antillais ou réunionnais, il n' y plus de place pour eux dans leur pays.

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Lohengrin973 12.06.2013
Pays ?

C'est fou comme on s'attache à ces histoires identitaires de "pays" et "origine". Notre pays c'est le monde (qui est une boule) et notre origine est humaine (pas antillaise ou germanique) - il faut arreter avec ça, c'est du conformisme. La vie dans le monde globalisé est pleine de portes et de possibilités, mais il faut savoir aller chercher ailleurs. Si la vie n'est pas bonne (ou pas celle qu'on veut) dans un pays, il faut aller ailleurs !

Est-ce qu'on se rend compte qu'on est 1) dans l'union européenne et que 2) le citoyen européen peut travailler librement dans tous les pays (et plus) de lUE ? L'est de l'Allemagne est vide de gens, les pays du nord en ont besoin pas mal aussi, des certaines regions moins peuplées et aussi belles de France également... Le truc c'est que les gens veulent Paris, Cannes, Nice, Berlin... C'est pas que le pays soit saturé, mais il y a des villes qui n'ont vraiment plus de place !

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Lohengrin973 12.06.2013
Pays ?

C'est fou comme on s'attache à ces histoires identitaires de "pays" et "origine". Notre pays c'est le monde (qui est une boule) et notre origine est humaine (pas antillaise ou germanique) - il faut arreter avec ça, c'est du conformisme. La vie dans le monde globalisé est pleine de portes et de possibilités, mais il faut savoir aller chercher ailleurs. Si la vie n'est pas bonne (ou pas celle qu'on veut) dans un pays, il faut aller ailleurs !

Est-ce qu'on se rend compte qu'on est 1) dans l'union européenne et que 2) le citoyen européen peut travailler librement dans tous les pays (et plus) de lUE ? L'est de l'Allemagne est vide de gens, les pays du nord en ont besoin pas mal aussi, des certaines regions moins peuplées et aussi belles de France également... Le truc c'est que les gens veulent Paris, Cannes, Nice, Berlin... C'est pas que le pays soit saturé, mais il y a des villes qui n'ont vraiment plus de place !

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