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Mort de Déwé Gorodey, figure de la littérature et de l'indépendantisme de Nouvelle-Calédonie

Lundi 15 Août 2022 - 10h29
Mort de Déwé Gorodey, figure de la littérature et de l'indépendantisme de Nouvelle-Calédonie
Déwé Gorodey, ici sur le plateau du JT de Nouvelle-Calédonie la 1ère, le 25 septembre 2016. - Imafe Nouvelle Calédonie La 1ère

Déwé Gorodey, première romancière kanak et pionnière de la lutte pour l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie, est décédée dimanche à l'âge de 73 ans, a annoncé le gouvernement, suscitant un hommage unanime du monde culturel et politique de l'archipel.

Souffrant depuis de nombreuses années d'un cancer, Déwé Gorodey est décédée à l'hôpital de Poindimié, sur la côte est, a précisé le gouvernement. Le gouvernement collégial calédonien a rendu hommage à une "femme politique indépendantiste et écrivain kanak de renom international, qui a marqué la vie" de l'exécutif local, dont elle a été membre pendant 20 ans de 1999 à 2019, en charge notamment de la culture, de la condition féminine et de la citoyenneté.

Le FLNKS, coalition historique de la lutte kanak, a salué "une grande dame de coeur et d'esprit", qui "a lutté de tout temps pour la liberté de son peuple et la pleine souveraineté de son pays", tandis que le député Philippe Dunoyer (Renaissance) a regretté le décès "d'une femme d'esprit, une femme forte à l'engagement infatigable".

"L'action est vaste, multiple, mais retenons ce qui était sa bataille de coeur, la défense de la culture et de l'identité kanak", a pour sa part réagi dans un communiqué la ministre française de la Culture, Rima Abdul Malak.

La ministre a salué la mémoire d'une "femme fière et généreuse à qui rendre hommage aujourd'hui est un devoir et un honneur".

Née en 1949 à Ponérihouen, dans le nord-est de la Nouvelle-Calédonie, Déwé Gorodey poursuit des études de lettres entre 1969 et 1973 à Montpellier où elle s'ouvre à la fois à l'écriture et à la politique, s'imprégnant des idées contestataires et de libération de mai 1968. Dès son retour son île natale, elle s'engage dans les premiers mouvements indépendantistes kanak et participe à des actions militantes, qui lui vaudront plusieurs séjours en prison. Elle était membre du Palika (parti de libération kanak), l'une des deux principales composantes du FLNKS.

C'est derrière les barreaux qu'elle compose son premier recueil de poésie intitulé "Sous les cendres des conques", oeuvre militante et hymne à sa culture océanienne. Déwé Gorodey est aussi l'autrice de plusieurs recueils de nouvelles, d'aphorismes et d'une pièce de théâtre. En 2005, cette militante féministe publie "L'Epave", premier roman kanak jamais publié, qui brise le tabou des abus sexuels et des violences faites aux femmes.

"Déwé Gorodey nous laisse une remarquable oeuvre littéraire. En 2008, Jean-Marie Gustave Le Clézio, recevant le prix Nobel de littérature, l'associait à d'illustres auteurs français, ultramarins ou internationaux qui l'ont accompagné dans son chemin d'écriture", a rappelé Gilbert Bladinières, son éditeur en Nouvelle-Calédonie.

Le monde culturel calédonien a salué l'héritage de son action au sein du gouvernement citant notamment la création de la Maison du livre, l'Académie des langues kanak, le Salon international du livre océanien (Silo), ou encore le Pôle export de la musique et de la danse (Poemar).

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