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MARTINIQUE

Graves manquements sanitaires pour une société de pompes funèbres

Mardi 21 mai 2019
Graves manquements sanitaires pour une société de pompes funèbres
Le retrait d'agrément d'une société de pompes funèbres, assez rare mais pas exceptionnel, est la sanction la plus lourde / photo d'archives FA Martinique - FA Martinique

Saisis par des familles de défunts, les services de l’État ont retiré l’agrément d’une entreprise funéraire du nord de l’île. La sanction la plus lourde. De sérieux manquements aux règles sanitaires ont été constatés, ainsi que des anomalies administratives.

Bien souvent, les familles, tout à leur peine, ne parlent pas, observe un professionnel du secteur alerté plusieurs fois par les agissements de son confrère. Cette fois-ci, plusieurs d’entre elles auraient alerté les services de l’État en Martinique. L’enquête réalisée par l’Agence régionale de Santé (ARS) pour le volet sanitaire mais également par la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (Direccte) pour la partie administrative, a abouti au retrait de l’agrément d’une société de pompes funèbres créée le 29 juin 2016 et installée dans le nord Caraïbe. La sanction la plus lourde. Sans être exceptionnelle, la suppression de l’agrément reste relativement rare.

Les faits qui lui sont reprochés sont relativement graves. Officiellement, l’entreprise n’a plus l’autorisation d’exercer pour des « manquements graves aux règles sanitaires ». Mais des irrégularités administratives ont également été constatées. Une première plainte et un premier signalement avaient été adressés aux services de l’État en juillet, suite aux obsèques d’une Carbétienne décédée le 1er juin.

Alors qu’elle avait pris en charge la défunte, la société revenait vers la famille dès le lendemain matin. « On a dit à ma nièce que le corps de ma sœur s’était décomposé et qu’il était couvert de mousse. Le responsable de cette entreprise voulait qu’on ferme le corps au plus vite et qu’on enterre ma sœur sans veillée », décrit une proche, vivant dans l’Hexagone. Pour elle, comme pour ses trois frères et sœur installés outre-Atlantique, pas question de procéder aux obsèques avant leur arrivée. « J’avais déjà perdu une sœur quelques jours plus tôt sans pouvoir assister à son enterrement. Suite au premier appel, l’entreprise de pompes funèbres n’a pas arrêté de nous appeler pour changer la date. Il voulait enterrer ma sœur comme une poubelle ! »

Après enquête, il s’est avéré que la société ne disposait pas de chambre froide, comme le prévoient les textes. Le corps avait été conservé dans le véhicule réfrigérant, à l’extérieur du domicile. Mais, à cause d’un problème électrique, il s’est retrouvé exposé à une température de 37 à 40 degrés au lieu des 7 à 10 degrés légaux. « Comme le corps avait gonflé, le responsable nous a expliqué que nous allions devoir payer plus cher parce qu’il allait devoir changer de cercueil ! » La famille s’y oppose avec véhémence.

Un autre professionnel, sollicité par les proches de la défunte, leur

conseille de ne rien payer d’autant que la facture est entachée d’irrégularités du fait de l’absence de TVA. Son confrère n’avait d’ailleurs fourni aucun devis ni bon de commande.

L’enterrement vire au cauchemar

L’enterrement de la défunte, finalement organisé quelques jours plus tard en présence de tous les proches au Carbet, vire au cauchemar. « Le trou creusé était trop petit, le cercueil ne rentrait pas. Il a été glissé avec trois cordes mais la tête du cercueil est tombée subitement au fond. Il restait entre 50 et 60 centimètres d’espace. Les pompes funèbres ont essayé de chercher des pierres pour le caler. Le cercueil s’est retrouvé débout, on a entendu deux grands Boum. Les gens craignaient qu’il ne s’ouvre, je n’avais jamais vu ça ! », raconte une membre de la famille, qui s’est mise à crier pour tout faire cesser.

À sa demande, le maire de la commune, officier de police judiciaire, et les gendarmes se sont déplacés pour faire interrompre la cérémonie et reporter l’enterrement. Suite à cela, les proches ont déposé plainte et alerté également le procureur de la République par courrier. Par la suite, plusieurs familles auraient également déposé plainte, alimentant l’enquête des services de l’État. « Je ne demande ni réparation, ni indemnisation. Tout ce que je voulais, c’est que cette entreprise ne puisse plus sévir et que d’autres familles n’en pâtissent comme nous », indique la sœur de la défunte enterrée au Carbet.

par Rodolphe LAMY

r.lamy@agmedias.fr

Le retrait d’agrément d’une société de pompes funèbres, rare mais pas exceptionnelle, est la sanction la plus lourde / photo FA Martinique

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